Virginie Descamps (2015)
Virginie Descamps à une démarche instinctive, un rapport physique et primaire aux matériaux choisis. Elle observe des éléments aléatoires inspirants : l’artiste s’en amuse et se joue de leurs aspects, comme dans la série d’aquarelles Les encombrants.
Virginie produit des pièces qui sont le fruit d’(in)digestions visuelles, qu’elle cuisine ensuite dans ses fourneaux avec un amour inconditionnel pour le décalage. Ses sculptures prennent forme à travers une succession de collages tridimensionnels, où elle s’active à saisir les états de la matière et à jouer de leur instantanéité. S’installe alors le principe du « je t’aime. moi non plus ». Une tension et un équilibre précaire se construisent par l’élaboration du face à face séduisant-repoussant, attirant-dérangeant. Ce n’est pas une opposition frontale mais une ambivalence.
La série Spit sont des sculptures aux apparences mobiles, modulables et mouvantes, composées de textiles rembourrés tendus contre de fragiles parois. L’artiste parvient à donner une autonomie à ses formes molles qui prennent alors le statut de Structures. Le plaisir de l’artiste réside dans l’idée d’élever au rang de sculptures des matériaux pauvres, voire triviaux.
On ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec Coline Cuni et c’est bien normal. Les deux jeunes femmes ont étudié ensemble aux Beaux Arts de Nantes et ont co-réalisé plusieurs pièces. On retiendra particulièrement la Potence et le Trébuchet qui rassemblent avec brio les atouts majeurs de ces deux artistes.
Aujourd’hui, le travail de Virginie se complexifie à travers la pratique de la céramique qui s’intensifie ces derniers mois. Dans cette dynamique, elle réalisera un Post-diplôme céramique de la Haute Ecole d’Art et de Design à Genève à partir de septembre 2015. Ces premiers travaux révèlent une maitrise de la forme et de la matière, où la mollesse et le ridicule restent présents malgré l’usage d’une matière noble et exigeante. Présentée pour « i r r e d u x », cette énorme boule d’ennui de l’écolier collant son Chewing-gum sous la table, illustre avec vigueur son esprit de dérision.
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