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You like to bully kids? ASS PEN
Fantastic Beasts
Tina did THIS.
“Stand by me...”
Ben E. King - Stand By Me
THE LOBSTER – L’illusion de la liberté n’a d’égal que l’illusion de l’amour, telle pourrait être la morale de ce film très original et décapant. Le prix du Jury du Festival de Cannes 2015, est une fable fantastique, étrange, très pertinente et souvent glauque sur la difficulté qu’ont les humains à vivre en couple, ET sur toutes les difficultés qu’ils ont aussi à supporter leur célibat…
Dirions-nous alors que le film traite des avantages et des inconvénients de l’une ou l’autre de ceux deux postures ? Oui, mais ce ne serait pas suffisant. Cette allégorie vise surtout à montrer comment la pression sociale construit ce qui devient insupportable et forcé dans l’idéal de la famille, et pourquoi elle condamne le célibat, au point qu’il en devienne invivable pour tous.
Synopsis : Dans un futur proche… Toute personne célibataire est arrêtée, transférée à l’Hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme sœur. Passé ce délai, elle sera transformée en l'animal de son choix. Pour échapper à ce destin, un homme s'enfuit et rejoint dans les bois un groupe de résistants ; les Solitaires.
Celui qui ne se marie pas est un chien, un cochon ou un dromadaire… Tout est dit. Notre héros, lui, a décidé que s’il échouait, il souhaiterait se transformer en Homard : The Lobster. Parce que les homards vivent longtemps, et qu’ils sont fertiles jusqu’à leur dernier jour…. Tout est encore dit aussi.
Mais il est possible de résister à cette condamnation qui se profile inéluctablement. Chaque célibataire fantasme la possibilité de dépasser cet idéal que la société impose comme un aboutissement et la finalité de l’existence. C’est ce que figurent les résistants, ceux sur qui la chasse est régulièrement ouverte, bien évidemment.
Personne n’obligera les solitaires à s’assembler par défauts mutuels, à faire des enfants pour supporter les difficultés de leur couple, et à rechercher la sécurité et le plaisir. Mais tout les empêche alors de rencontrer l’amour. Ce sont des banalités que ce récit redit pourtant avec une férocité sans égale, et un ton monstrueux. On frissonne.
Le film fourmille de très belles idées sur la tyrannie que ceux qui tiennent à la liberté de leur célibat s’imposent et imposent aux autres, idéal non moins contraignant que la vie de couple en définitive. «Je découvris alors qu’il était plus facile de refréner des sentiments réels, même très puissants, que de faire semblant d’en éprouver lorsqu’ils n’existent pas»…
Malgré l’excellence du propos sur la pression sociale et le génie de sa mise en scène à le dire de façon si cruelle, le conte fantastique et les chasses aux célibataires récalcitrants dans les forêts finissent par lasser. Le scénario est redondant, cyclique et très répétitif. Si certaines anecdotes géniales rehaussent le ton et le niveau de la narration ; d’autres n’ont aucun intérêt, et sont très mal intégrées à l’ensemble. Un trop grand nombre de séquences alourdissent très désavantageusement le rythme du récit.
Il manque d’une intrigue pour unifier l’ensemble de cette construction qui tombe dans l’anecdotique. Il manque surtout d’un souffle qui aurait donné de l’ampleur et de la portée à une fable potentiellement exceptionnelle. L’originalité de ce film décapant en fait néanmoins un objet cinématographique très intéressant ; loin d’être un chef d’œuvre, il donne fort à penser et à voir malgré tout.
NOTE 17/20 – Pour toutes les idées géniales dont le film fourmille, pour toutes les trouvailles et les découvertes qu’il met en scène avec brio, cruauté et humour. Un film étonnant, mais lourd et très lent, qui manque de cohérence et surtout de dynamisme.
Une dystopie cruelle et même parfois émouvante. Un espace-temps d’étrangeté qui fascine et inquiète, même s’il nous met trop souvent à distance de ce qu’il implique.