C’était la première fois que je voyais un spectacle, c’était à côté de l’aéroport de Bron. On allait là bas, dans un hangar et Chéreau avait mis en scène COMBAT DE NÈGRE ET DE CHIENS. C’était dément parce qu’il avait construit un décor de bretelle d’autoroute, un truc de fou, une caravane plantée au milieu et Piccoli, Léotard sublimes là dedans avec Myriam Boyer qui avait également une belle partition à défendre aux côtés des deux monstres. Tout était à la fois sombre, d’une intensité profonde mais lumineuse. Je suis restée scotchée, je n’avais jamais vu un truc pareil. J’ai trouvé cela éblouissant et je me suis dit : mais comment des gens peuvent proposer ça ? Ça a tellement marqué mon esprit que oui pour moi le spectacle vivant est devenu indispensable et je crois naïvement que la culture permet de lutter contre la bêtise et contre toutes les formes de terrorisme. Je ne peux pas vivre sans émotions, sans le bonheur du théâtre. Nathalie






