Des micro-mouvements révèlent les signaux émotionnels cachés dans l'autisme
Résumé : Une nouvelle recherche révèle que les individus porteurs d'autisme expriment leurs émotions en utilisant les mêmes muscles faciaux que les individus neurotypiques, mais à des intensités trop subtiles pour être détectés à l’œil nu. Via l'utilisation d'une nouvelle méthode appelée pointes de micro-mouvements, des chercheurs ont capturé ces faibles expressions faciales sur des vidéos de 5 secondes, mettant au jour des émotions là où d'autres ne voient rien.
Cette subtilité peut mener à des incompréhensions, contribuant aux déconnections sociales et aux perceptions erronées en lien avec la communication des adultes autistes. Ces résultats peuvent mener à de meilleurs outils diagnostique et à améliorer la communication par le biais d'applications générées par IA.
Informations clés :
Expression cachées : Les individus autistes expriment leurs émotions de manière subtile, avec des intensités qui sortent de l'éventail que les neurotypiques perçoivent facilement.
Traçage des micro-mouvements : Une nouvelle méthode capture les expressions faciales via de brèves vidéos prises sur smartphone et une analyse avancée des données.
Compréhension sociale : La recherche cherche à réduire le fossé communicationnel entre les individus autistes et non-autistes.
Source : Rutgers
Une étude menée par des chercheurs de l'université de Rutgers-New Brunswick suggère que les petits mouvement faciaux (trop légers pour être remarqués à l’œil nu) pourrait aider les scientifiques à mieux comprendre les communication sociale chez les personnes autistes.
Publiée dans Frontiers in Psychiatry, l'étude a trouvé que tandis que les individus porteurs d'autisme expriment leurs émotions comme tout le monde, leurs expressions faciles peuvent être trop subtiles pour être détectées à l’œil nu.
"Les individus autistes utilisent les mêmes mouvements faciaux élémentaires pour exprimer leurs émotions, mais leur intensité s'inscrit en dehors de l'éventail culturellement familier que la plupart des gens reconnaissent" a dit Elizabeth Torres, professeure de psychologie à la Rutger School of Arts and Science.
"Cette déconnexion peut mener à passer à côté d'indices sociaux, menant les autres à ignorer ou mal interpréter leurs émotions."
Les chercheurs disent que que les individus sur les spectre de l'autisme (en particulier ceux qui ne peuvent pas parler ou qui ont besoin d'accompagnement spécifique pour se mouvoir) peuvent également avoir plus d'expressions faciales imprévisibles et variées, ce qui rend encore plus difficile la reconnaissance des signaux émotionnels pour les médecins et les aidants.
Par voie de conséquence, certains peuvent penser à tort que ces individus n'essaient pas du tout de communiquer.
"Mais ce n'est pas le cas", dit Torres, une neuroscientifique qui a plus de 17 ans d'expérience de travail avec des individus autistes.
"Leurs émotions et indices sociaux sont là, nous n'avons seulement pas été capables de les voir correctement. Cette recherche pourrait aider à réduire le fossé entre les individus autistes et non-autistes."
Cette déconnexion non-intentionnelle peut contribuer à l'isolation sociale et aux malentendus au sujet des comportements autistiques, ajoute-t-elle.
L'étude, dirigée par Torres et son équipe du laboratoire d'intégration motrice sensorielle de Rutgers, utilise un nouveau type de données qu'elle a développé nommée pics de micro-mouvements.
Cette méthode capture des mouvements faciaux microscopiques en utilisant des techniques statistiques développées par Torres et les méthodes de dynamique non-linéaire développées par Theodoros Bermperidis, un associé post-doctorant.
En enregistrant des vidéos courtes, de 5 à 6 secondes, sur des téléphones ou des tablettes, les chercheurs ont tracé les mirco-mouvements faciaux qui passent généralement inaperçus.
"Nous cherchions à savoir si des mirco-expressions brèves apparaissaient pendant les expressions d'émotions communes, comme sourire ou prendre un air surpris. Les données collectées dans différents cadres, comme l'école, les cours de sport thérapeutiques ou les évènements sociaux, avec certains participants qui envoyaient les vidéos de chez eux.
Cette étude a analysé les données de 126 participant·es, parmi lesquel·les 55 individus non-oralisants qui communiquent par clavier interposé. Les chercheurs ont trouvé qu'alors qu'il y avait des différences dans les micro-mouvements faciaux entre les individus autistes et non-autistes (variant en fonction du sexe et de l'age), les muscles faciaux responsables des expressions émotionnelles étaient actifs dans les deux groupes.
Torres fait remarquer que les différence-clé réside dans l'intensité de ces expression.
"Le défi n'est pas un manque d'expression, mais que leur intensité sort de ce que les individus neurotypiques sont habitués à percevoir, dit-elle.
Cela signifie que nous manquons littéralement mutuellement les indices sociaux de l'autre."
Les implications de cette recherche sont considérables, selon Torres, qui a également créé une application pour smartphone pour passer au crible, diagnostiquer et suivre les troubles du système nerveux. En tant que directrice scientifiques de NeuroInversa LLC, une société dérivée de Rutgers qu'elle a co-fondée avec Chris Dudick, elle travaille à l'utilisation de la technologie pour surveiller l’efficacité des traitements dans le temps.
Elle dit que cette étude remet en cause les idées fausses au sujet de l'autisme et fait connaître une méthode évolutive pour comprendre les interactions sociales chez les individus autistes.
"Cette recherche nous donne un outil puissant pour développer les études sur l'autisme au-delà de la simple détection de différences, dit Torres.
Maintenant, nous pouvons travailler à réduire le fossé, en aidant les individus neurotypiques à reconnaitre différentes expressions des émotions et en encourageant une meilleure compréhension sociale."
Les chercheurs disent que leurs résultats pourraient mener à l'amélioration des méthodes de diagnostique et à de nouveaux moyens d'accompagner la communication entre les individus autistes et non-autistes.
En utilisant des outils accessibles tels que les appareil photos des smartphones augmentés de l'intelligence artificielle, cette étude pave la voie vers des recherches sur l'autisme plus inclusives et reliées au monde réel, ajoute Torres.
Les co-auteurs de l'étude incluent Bermperidis, les ancien et actuel doctorants Richa Rai et Joe Vero, et Neel Drain, un étudiant à l'école de médecine Robert Wood Johnson.
Financement : Cette recherche est financée par la fondation Nancy Lurie Marks Family.
New research reveals that individuals with autism express emotions using the same facial muscles as neurotypical individuals, but at intensi












