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Confinée : Garde robe n°30©FrançoiseLarouge
Corridor Elephant - Charles Klein
Hep, je suis heureux de vous signaler une publication d’une sélection des mes photographies après, (enfin !), un travail de sélection sous la forme d’une série qui doit permettre de donner un peu plus de profondeur à mon travail . A cette occasion, je vous invite à visiter le site Corridor Éléphant et à apprécier leur super travail de promotion de la photographie contemporaine.
Le lien de mon expo en ligne : https://www.corridorelephant.com/charles-klein
Comme il est écrit, pour les amis francophones, je vous propose un petit texte d’accompagnement.
Quoi de plus émouvant qu’une photographie qui exprime le temps passé ? Quoi de plus muet qu’une pierre ? Pourtant quoi de plus troublant qu’une ancestrale bâtisse aux volets clos ? C’est une expérience presque chamanique entre moi, mon appareil et ces murs restés debout. A la vue d'une façade présentant tous les stigmates du temps, dans une totale inertie, dans un silence total, une magie opère et mon imagination se met à galoper pour tenter de savoir ce qu’ont pu abriter ces anciennes demeures. Elles finissent par me raconter des histoires, elles finissent par être très bavardes ces vieilles pierres et ces vieux bois crevassés. Quelles histoires de vie derrière ces portes closes ? Je photographierais avec des décennies de retard, les joies, les peines, l’ordinaire ou le malheur des vies passées ? Mais où sont passés les habitants ? Je crois entendre le rire des enfants, le crépitement d’un feu de cheminée, le moulin à blé ; pourtant, non, rien, le mutisme envahissant des lieux me fait douter … Je photographie peut-être des fantômes. C’est un calme secret qui s’accompagne d’odeur de salpêtre, de toiles d’araignées et de lierre conquérant, cette végétation qui finit toujours par reprendre ses droits, patiente, apparemment immobile et muette. Et si je rentrais à l’intérieur ? Non, ça serait comme un sacrilège. Entrer dans le passé des absents sans y être invité, profaner des lieux fermés par le temps. Je vais continuer de me tenir à distance et de témoigner que certains silences sont souvent le résultat d’exodes, de guerres, de faillites, d’épuisements et que dans un grand tintamarre, la jeunesse et ses aventures, ses amours et son énergie s’en est allée ailleurs. Mais que le silence des vieilles pierres nous aide à ne pas tout oublier, elles ont tant à nous murmurer. Et il me plait d’être le chamane permettant aux tonitruants vivants de se souvenir.
Charles Klein
CORRIDOR ELEPHANT est un magazine en ligne et une maison d'édition dédiés à la photographie. Il édite la revue papier en édition limitée NIEPCEBOOK
Mince, ma photographie est-elle contemporaine ? Produite aujourd’hui, certes, mais d’un grand classicisme. Ou ne serait-ce pas plus simplement de la simple photographie ? Nous sommes submergés de nos jours par les images fixes ou animées et pour sortir du lot, Il faut forcer le style, souvent en couleur, revanche en quelque sorte du pictorialisme avec aujourd’hui le néo-pictorialisme et la photographie plasticienne. Mais est-ce toujours de la photographie est tant que telle ? Un débat récurrent. Je ne souhaite pas exprimer mon opposition car j’aime beaucoup la photographie moderne enrichie de façon plasticienne ou numériquement. Je m’y adonne même de temps en temps. Pas de querelle de styles, non, juste une réflexion sur ce que l’on voit beaucoup aujourd’hui dans les publications. Ou si je pose la question autrement, parle-t-on d’images ou de photographies ? Et bientôt peut-être, un retour à des formes plus épurées sera à nouveau apprécié après les excès de (dé)saturation, de décadrage, de flou, de surimpression …. Pour introduire ma série, une référence peut-être ? Walker Evans, la photographie documentaire, le vernaculaire sont pour moi des références importantes quand on pratique “les séries”. Mais je ne renonce pas non plus pour autant à de forte envie d’esthétique (et je n’ai pas dit que les photos de W. Evans n’étaient pas esthétiques !). Je fais tout mon possible pour que mes photographies soient un champ à deux dimensions où peuvent s’épanouir émotions, narrations et pourquoi pas réflexions. J’espère y parvenir en présentant des images esthétiques. Des photographies nettes, détaillées, riches de tons, bien cadrées font partie de mes ambitions techniques.
Le rythme des marées
http://bit.ly/2Mhm9dE
Le rythme des marées
"Le rythme des marées" : 10 photographies extraites du livre sont en ligne sur Corridor Éléphant Gallery. http://bit.ly/2Mhm9dE