Retour à Hpa An
31 mars. 2h de bus local et nous sommes de retour à Hpa An. À notre arrivée, il nous faut faire avec un petit désagrément : un conducteur est entré en collision avec le générateur d'électricité de la ville, qui sera du fait privée d'électricité pendant 18h, et donc de climatisation (pas qu'on en soit fans mais quand il fait 40 degrés à l'ombre la journée, on a tendance à l'apprécier). Commerces et restos sont donc éclairés à la bougie, quoi de plus romantique…
Ces derniers jours nous sommes un peu au ralenti. À peine est-on remis sur pieds d'une indigestion qu'on attrape un rhume ou que de nouveau nos estomacs se révoltent. Il faut dire que la nourriture birmane n'est pas évidente au premier abord et qu'elle nous est difficile d'accès tant il faut contrôler la qualité de l'eau utilisée pour laver les crudités, juger de la fraîcheur des aliments… On fait tout de même quelques découvertes : salade d'aubergine, plat de pois chiches et chapati (nam bia bae biote) servi au petit-déjeuner… et d'autres plats plus surprenants comme la salade de feuilles de thé fermentées (pa thote), en-cas populaire servi dans les maisons de thé. On trouve ces lieux de rencontre et de socialisation à tous les coins de rue, c'est un peu équivalent de nos bistrots, mais ici on ne sert pas d'alcool (importante communauté musulmane). Les locaux s'y retrouvent autour d'une tasse de thé sucré au lait concentré (traditionnellement dilué au lait de vache ou de chèvre mais les goûts changent) et de quelques petites choses à grignoter. Les curry sont au rendez-vous à chaque repas ou presque, traditionnellement assortis d'un impressionnant nombre d'accompagnements étonnants et non-identifiés (lentilles au goût de fromage, pâte au goût de tapenade, dips épicés…) et bien sûr servis avec du riz, base incontournable. L'influence de l'Inde et de la Chine sont très perceptibles, dans la cuisine (plats de nouilles d'influence chinoise, dahl (soupe de lentilles) ou samosa d'inspiration indienne…) mais aussi dans les arts et la musique.
À moto on continue d'explorer les alentours. On est encore surpris par l'accueil généreux qui nous est souvent réservé. En se rendant à une grotte par exemple on passe devant une petite fête de village à laquelle on est immédiatement conviés et dont il nous est impossible de repartir sans avoir fait honneur au repas.
A côté de ces rencontres et de ces manifestations de bienveillance, on retrouve les joies du voyage et des transports en particulier, telles qu'on avait pu les connaître au Laos et au Cambodge - en pire peut-être : voyager en barque à moteur alors que notre estomac nous préconiserait plutôt une bonne journée de repos, se retrouver dans un bus blindé par 40 degrés pendant 6h, faire preuve de patience quand les trajets et les attentes durent deux à trois fois le temps estimé… On croit enfin avoir échappé au pire en montant dans le bus public pour Rangoon, bien aéré et plutôt à l'heure mais c'est sans compter que le chauffeur (pressé ? amateur d'adrénaline ? suicidaire ?) fait du 150 km/h pour mieux slalomer entre les camions, les motos à contre-sens, les vaches perdues sur la route et juge inutile de freiner dans les virages… Bref on est heureux d'arriver et de reprendre nos 5 litres de sueur perdus. Le voyage est parfois éprouvant, c'est vrai…




