Transphère #1 : l’artiste et le numérique
Il y a maintenant un an, j'ai eu la chance de faire une exposition proposée par la maison de la culture du Japon qui s'intitule « transphère » avec Daito Manabe et Motoi Ishibashi. Le premier volet était consacré aux arts numériques. Cet article est à mettre en lien avec mes deux articles précédent, à savoir la dépendance des sujets aux technologies dans le monde d'aujourd'hui.
Face à un monde régi par la technologie qui permet une expansion du réel dans une bulle virtuelle, il est intéressant de se demander quel est le statut de l'artiste aujourd'hui. En effet, depuis le 19e siècle, l'artiste a déjà connu un grand changement de statut. Mais qu'en est il aujourd'hui ?
Outre l'utilisation de la technologie par les politiques, les réseaux sociaux, les algorithmes...c'est aussi un moyen d'expression. Et l'art de l'artiste reflète son temps. Il ne s'agit pas simplement d'une utilisation de l'informatique comme outil de son œuvre, l'artiste doit saisir pleinement celui-ci, prendre conscience de l'ensemble de la culture que celui ci génère de notre temps.
Pour survivre, l'artiste doit s'adapter à son temps. Il doit donc non seulement se faire remarquer (outre les salons d'exposition sous l'empire puis les galeries), donc manier la technologie pour se faire voir sur le Web également. A ce stade, l'artiste n'est plus un simple copieur de son maître, ou encore membre d'une corporation, ni client d'un mécène ou d'une élite. L'artiste n'a pas non plus besoin de formation artistique aujourd'hui.
En l’occurrence je vous invite à lire le parcours des deux artistes en question : Daito Manabe est un artiste, programmeur et DJ. Il fonde en 2006 Rhizomatiks, société spécialisée dans la conception de sites internet, design interactif, design graphique, architecture. Depuis 2015, il travaille avec Ishibashi sur Rhizomatiks Research, menant des projets en recherche et développement. En collaboration avec des artistes de diverses disciplines, il s'occupe aussi de projets faisant la part belle au design interactif. En 2008, il présente Electric stimulus to face-test dans plus de 30 villes du monde entier. En 2011, Particles, qu'il réalise avec Ishibashi, remporte un prix de distinction dans la catégorie art interactif du Prix Ars Electronica. A ce même festival, il reçoit une mention honorifique pour Perfume Global Site en 2013, et pour Sound of Honda / Ayrton Senna 1989 en 2014. Il a été récompensé quatre fois au Japan Media Arts Festival. Depuis 2011, il collabore avec la compagnie de danse ELEVENPLAY pour laquelle il conçoit des œuvres à partir de diverses technologies – vision par ordinateur, drones, bras robotisés –, donnant naissance à de nouvelles expressions corporelles.
Motoi Ishibashi a étudié l'ingénierie des systèmes de contrôle à l'Institut de Technologie de Tokyo, puis l'ingénierie mécanique et l'ingénierie du traitement d'image à l'Institute of Advanced Media Arts and Sciences (IAMAS) de Gifu, participant ainsi aux débuts de la production de médias numériques. C'est à la Tokyo University of the Arts où il enseigne qu'il rencontre Manabe, qui lui succède. Il développe actuellement de nouvelles méthodes artistiques qui embrassent à la fois l'environnement visuel et l'élaboration de solutions d'ingénierie pour la production artistique et d'espaces publics interactifs. En 2011, il remporte avec Manabe un prix de distinction dans la catégorie art interactif du Prix Ars Electronica. La même année, il remporte le Prix d'excellence de la 15e édition du Japan Media Arts Festival. Depuis 2015, il dirige avec Manabe Rhizomatiks Research, une section se consacrant à la recherche et au développement dans les domaines des arts, technologies et divertissement.
Leur travail relève donc plus de l’expérimentation avant tout. Il tente de saisir les impacts des technologie sur nous (comme sur une vidéo où l’artiste Daito Manabe s’envoie des signaux électriques sur son visage afin de contracter ses muscles ou encore une installation d’objets éclairés sous lumière mais qui révèlent des couleurs invisibles à l’œil nu quand on les observe derrière un écran de smartphone ). Mêlant art et technologie, les artistes partagent leurs expériences sur une chaîne YouTube sur laquelle ils interagissent avec les internautes. Dans une certaine mesure, l'artiste est en partie dépendant de cette technologie, car elle constitue la clé de l’énigme de son temps qu'il cherche à saisir. Plus notre monde est tenue par les technologies, plus il devient difficile de le saisir ou encore de différencier le réel du virtuel. Nous avons des informations qui nous échappent, nous sommes dans un 'mal' et l'artiste va plonger dans ce mal pour le saisir. Internet ainsi que les réseaux constituent non seulement un outil de travail mais aussi un réseaux de pub qui l'aide à faire connaître son nom et son travail pour trouver des clients. SOURCES: Chaîne Youtube de Daito Manabe : https://www.youtube.com/channel/UCg_m3Y7A_K12cvIDNxzhH4A ; consulté le 03/05/17 Site internet de Daito Manabe : http://daito.ws/#2 ; consulté le 03/05/17 Site Internet de Motoi Ishibashi : http://motoi.ws/ ; consulté le 03/05/17 Vidéo : Performance technologique tenue à Yaskawa Electric Robot Village avec la collaboration de Rhizomatiks and ELEVENPLAY. Une collaboration entre l’homme et l’humain, au point où les mouvements du robot sont d’une souplesse identique à celui du corps humain. PRIME E.













