L’avenir du commerce en centre-ville
1er septembre : Etant élu d’astreinte pour les mariage, je n’ai pas pu assister à l’inauguration de la place Grenette rénovée. Pas de regrets, car célébrer une dizaine de mariages le temps d’un après-midi est toujours un temps festif avec de rencontres intéressantes.
Le commerce du centre-ville est en mutation rapide, les grandes enseignes le savent et s’adaptent. Ils attendent des actions très spécifiques de la part des collectivités, décrites par le directeur national des ventes d’une “locomotive” de l’hyper centre lors d’une rencontre il y a quelques semaines en mairie.
Tout d’abord, les “millennials”, les jeunes de 20 à 35 ans, ne font plus leurs courses le samedi matin en hypermarché, et en centre-ville pour le commerce spécialisé. Ils préfèrent les Drive ou se font livrer, et n’hésitent pas à acheter beaucoup sur Internet. Les générations plus âgés (qui ont davantage de pouvoir d’achat), suivent plus ou moins vite. Les centre-villes serait condamnés à perdre leur fonction commerciale ? Le danger est réel dans des villes moyennes, mais les centres des grandes agglomérations ont toutes les cartes en mains pour réussir une transformation.
Tout d’abord, ils doivent rester attractifs pour les personnes, en général plus âgées que la moyenne, qui ont toujours fréquenté le centre-ville : pour cela, une offre de stationnement attractive en fin de journée et le samedi est primordiale. Il ne s’agit pas de traverser le centre-ville en 5 minutes, mais de facilement pouvoir garer sa voiture en surface ou dans un parking, à un prix attractif voire gratuitement. La reprise en régie directe des parkings du centre-ville facilitera cette tâche à partir de mi-2019.
Le client du centre-ville ne vient pas seulement pour un achat spécifique. C’est plus facile sur Internet ou dans une zone commerciale en périphérie. Il veut comparer, être conseillé, faire des découvertes, peut-être boire un bière ou aller au restaurant. D’où le besoin d’une offre large, d’une animation commerciale permanente, de la présence de locomotives et de zones piétonnes avec des cafés et restaurants. L’offre de centre-ville doit aussi comporter des produits ou services indisponibles sur Internet : soins et beauté, alimentation locale, culture, réparation et recyclage etc. Mais force est de constater que les locomotives restent le premier facteur d’attractivité, mais que les enseignes nationales diminuent le nombre de leurs magasins, à chiffre d’affaires constant. Le programme Coeur de Ville-Coeur de Métropole est indispensable pour maintenir l’attractivité du centre-ville pour les enseignes nationales.
Dommage qu’à Saint-Martin d’Hères, une ville en périphérie tente de bâtir son nouveau centre avec un nouveau centre commercial. Le nouveau centre d’Echirolles montre bien que les ingrédients nécessaires sont plus riches et variés que 24000m2 de surfaces commerciales. Les recours contre Neyrpic feront perdre des années au projet, mais tant qu’il n’est pas définitivement enterré, il fera de l’ombre au développement du coeur de la Métropole.
Bâtir une métropole polycentrique ne veut pas dire que toutes les communes se font une concurrence sauvage, mais que les “centralités” sont définies en bonne intelligence et d’une manière collégiale. Le contraire de ce qui s’est produit avec Neyrpic. Espérons que le gagnant ne s’appelle pas Amazon.








