Lassé défait
J’ai la jambe frêle en cette matinée de mai, le vertige présent dans les membres inférieurs, équilibre précaire. Si ma tête peine encore à se remettre en place, c’est à force de corps que tout trépasse. La maladresse m’est quotidienne, mais celle d’aujourd’hui me semble nouvelle: un nouveau conduit auditif, élargissement du champs de vision.
Voir, sentir mieux, appréhender l’émotion avant même qu’elle vienne habiter l’être. C’est un cycle connu: tout est mort il y a quelque mois, tout revient à nouveau, je me balade dans une continuité prévue.
“Vous avez les lacets ouverts mademoiselle.”
Bienveillante petite vieille dame dans le métro bondé le matin.
“Vous allez tomber.”
Je ne sais comment expliquer le fait que je tombe bien plus souvent quand mes lacets sont fermés. Je ne refait donc pas les ficelles de mes souliers, ça a eu pour effet de vexer la petite vielle dame dans le métro bondé le matin.
Tant pis pour elle, tant mieux pour moi, si je ne tombe pas encore une fois en bondissant de la rame pleine, pourtant à peine partie la rue trempée pleure sur mes Derby trop grandes.
Sans lacets faits, j’ai la semelle mouillée refroidissant mes jambes frêles sous couvert d’une tête encore fraichement désordonnée.
Belle journée













