Démantèlement de la Jungle de Calais
Lundi dernier, le démantèlement de la partie Sud de la Jungle a débuté, privant 3000 personnes de leurs abris en plein hiver, dont plus de 400 enfants non accompagnés.
D’abord, c’est quoi la Jungle ?
La Jungle de Calais est le nom d’un campement de fortune regroupant 6000 personnes qui ont quitté leur pays et traversé plusieurs continents, et ce pour des raisons diverses. Beaucoup de langues y sont parlées et de nombreuses cultures s’y mêlent
Le rapport de l’université de Birmingham publié en octobre 2015 a pointé des conditions de vie alarmantes d’un niveau très faible.
Leigh Daynes, directeur de Doctors of the World, a estimé que cette situation constitue une urgence humanitaire de premier plan dans l’un des pays les plus riches du monde. Ce qui se passe montre que nous ne pouvons plus ignorer le terrible désastre humanitaire qui se joue juste devant nous.
Qu’est-ce qu’il s’y passe en ce moment ?
Lundi dernier, les bulldozers sont venus détruire les habitations, escortés par la police. Le gouvernement clame que le démantèlement est motivé par des raisons humanitaires. Il estime que 800 personnes seront déplacées, mais selon les ONG sur place, plus de 3000 personnes vivent dans le camp qui va être rasé.
Il n’y a pas suffisamment d’hébergements pour accueillir l’ensemble des déplacés. Plus de 2000 personnes n’ont absolument pas de solutions pour se loger. Parmi les personnes expulsées, on compte plus de 400 enfants non accompagnés qui espèrent retrouver leurs familles au Royaume-Uni. Cette procédure ayant eu lieu en plein hivers, le démantèlement de la jungle met ses habitants en danger.
En conférence de presse, le préfet avait assuré que le démantèlement de la partie sud de la Jungle se ferait de façon progressive, humaine, dans le respect de la dignité des personnes habitant le camp, et pour leur sécurité. Les scènes de panique auxquelles nous avons assisté cette semaine sont très éloignées de ces intentions. La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour faire partir les habitants de la zone à raser, et mettre fin aux protestations. De nombreux réfugiés venus en France pour échapper à de véritables zones de guerre ont à nouveau perdu leur toit et leurs biens.