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l'Union européenne a réussi à vider ses pays adhérents de leur substance pour en faire de parfaits clones.
Chansons
Devant le poste, glisse une brise éperdue
Tout à coup la joie ne chante plus
Et ce vent règne sur toutes les fleurs
Et mon salon
J’ai perdu ma maison
La mer transpire des catacombes dans la rue
Un enfant traîne
Sa gamelle vide... Il a plu.
Peut-être un peu trop, au vue
Des gens qui s’en vont
J’ai perdu ma maison
Seules les vaches, en guides prévenues,
Ont pu s’enfuir et ont survécu
Des avions nous apportent
Du pain et des chansons
J’ai perdu ma maison
Plus grand chose à croire
Quand la Terre a grondé
Oh l’infirmière donne à boire, à côté,
Mais l’effroi qui nous gagne
A tari le pavé
C’est l’hiver qui égorge l’été
Audenge, début de soirée de novembre sur le marais par brigitte lagravaire Via Flickr : (2007 11 10 Bassin d'Arcachon(30)
Bonjour à tous
J'arrête de publier mes photos ,elles montrent trop un désastre et vous les verrez certainement aux infos
Merci à tous pour vous gentils mots et votre soutien moral , que de gentilles pensées qui font vraiment du bien !
Les habitants sont à l'abri ....
moi aussi chez des amis je suis reçue comme une princesse
Ouf on se change les idées
on garde espoir même si la partie n'est pas gagnée
Les secours font un boulot incroyable ! C'est de la folie
Nous ne pouvons que les remercier , notre cœur est tourné vers eux
Dans deux ou trois jours sûrement nous pourrons retrouver nos foyers, mais dans quel état ... il faut le moral avec nous, on croise les doigts
La bise mes amies amis Tumblr 🙋🏼♀️😘
« J’ai vécu pour rien » - Marina A. et Jean-Marie Audrain
« J’ai vécu pour rien » – Marina A. et Jean-Marie Audrain
Marina avait lu le témoignage d’un couple ukrainien qui avait perdu à la guerre la maison pour laquelle ils avaient vécu. Ils avaient tristement constaté « Nous avons vécu pour rien ». Ces mots l’ont fait frissonner : jamais je ne voudrais devoir les dire ! Comment y arriver ? C’est ainsi qu’est né ce poème, cette prière. Cette chanson. Perdrais-je ma maison, mon confort, mes repères… Tout à…
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« La désolation est à sa cadence maxima, le bannissement de Mnemosyne (…) d’où sourd la poésie. La poésie, ce sont donc les eaux qui parfois courent à rebours vers la source, vers la pensée comme pensée fidèle. » Pour Hannah Arendt également, la poésie est de tous les objets de pensée le plus proche de la pensée, le poème relevant plus de l’œuvre d’art que de l’objet, même s’il doit subir le processus de réification, devenir une chose tangible pour soutenir la mémoire. La poésie, la « vraie langue », qu’évoquent Scholem et Benjamin, l’art pour nous sauver du désert. C’est bien ce que semblent confirmer les notes manuscrites d’Arendt : « les seuls à croire au monde sont les artistes. La résistance de l’œuvre d’art reflète le caractère persistant du monde… »
Sylvie Courtine-Denamy, Préface au livre d’Hannah Arendt Qu’est-ce que la politique ?, Éditions du Seuil, 1995
Dans la solitude, l’homme est en compagnie de lui-même sans perdre pour autant le contact avec les autres hommes : il n’en a pris que provisoirement congé, tel le philosophe ou l’artiste qui a besoin de moments de solitude, de se retirer du monde, pour pouvoir œuvrer, penser, pour se livrer à la seule activité de la pensée qui « ne requiert et n’implique pas nécessairement d’auditeurs », le dialogue silencieux du moi avec moi. Cette solitude comporte néanmoins ses dangers, qu’Arendt ne manque pas de souligner, lorsque le philosophe oublie de redescendre de sa tour d’ivoire, lorsqu’il omet de penser l’événement. La solitude n’est pas non plus l’isolement (isolation), lequel, à en croire "Le Système totalitaire", semble être une des priorités des régimes tyranniques qui ont compris que l’on ne peut agir que « de concert », la caractéristique de l’isolement consistant donc dans l’impuissance. Toutefois, dans l’isolement, seules sont brisées les relations politiques entre les hommes : les contacts qui ressortent de la vie privée demeurent intacts. L’isolement est-il également la priorité des régimes totalitaires ? Il est en tout cas « prétotalitaire ». En outre, le totalitarisme étendant son emprise jusque sur la sphère privée, l’isolement se transforme en désolation (loneliness) : « ce que nous nommons isolement dans la sphère politique se nomme désolation dans la sphère des relations humaines ». L’isolement peut en outre conduire à la désolation dès lors que l’homme est réduit au statut d’animal laborans, dès lors qu’il ne travaille plus que pour assurer sa subsistance et que sa créativité, que son pouvoir d’homo faber n’est plus reconnu. La solitude elle aussi, dans la mesure où elle consiste dans l’absence de relation avec autrui, comporte le risque de virer à la désolation : tout de même qu’une pluralité de peuples est nécessaire à assurer la réalité du monde, de même le Moi a besoin de la présence des autres pour lui confirmer son identité, faute de quoi il risque de perdre simultanément, non seulement la confiance en lui, mais également la confiance dans le monde, la faculté de penser et d’éprouver. La désolation consiste dans le sentiment d’inutilité, de non-appartenance au monde, dans l’abandon par autrui, dans le déracinement, dans le sentiment de se faire défaut à soi-même. En tant que telle, elle est la condition préliminaire de la superfluité, le fondement de la domination totalitaire, comme l’avaient bien compris les nazis. Dans la désolation, l’homme est privé non seulement de la compagnie des autres, mais de sa propre compagnie potentielle : « Ce n’est que dans la désolation que me manque la compagnie d’êtres humains, et seule la conscience aiguë d’une telle privation fait réellement exister l’homme au singulier ; de la même façon peut-être, rien en dehors des rêves et de la folie ne fait pleinement comprendre "l’horreur indicible" et insoutenable de cet état. »
Sylvie Courtine-Denamy, Préface au livre d’Hannah Arendt - Qu’est-ce que la politique ? -, Éditions du Seuil, 1995