Daaaaaalí! Quentin Dupieux. 2023
Painting La Almolda 50178 Zaragoza, Spain See in map
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Daaaaaalí! Quentin Dupieux. 2023
Painting La Almolda 50178 Zaragoza, Spain See in map
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DAAAAAALI !
On n’arrête plus Quentin Dupieux ces derniers temps, à raison d’un film tous les 6 mois, il truste les cinés français et sa dernière trouvaille confirme qu’il s’en passe des choses dans son esprit dérangé. Le voilà donc à nous présenter sa version de l’inénarrable Salvador Dalí le temps d’une interview rocambolesque.
Six acteurs différents pour incarner Dalí (Baer, Cohen, Marmaï, Lellouche, Flamand, Gillot), un bon sens de l’absurde, du comique de répétition, une abolition des frontières en termes d’espace-temps et entre rêve et réalité, des mises en abyme à foison...
Ce film, qui n’est pas un biopic mais un puzzle de variations autour de la personnalité et de l’art du peintre espagnol (avec en plus quelques touches piquantes sur les mondes du journalisme et du cinéma), brille par son originalité et une belle inventivité.
Une inventivité en accord malin, ludique et réjouissant avec son sujet surréaliste. Une inventivité moins sur le fond que sur la forme. On s’amuse beaucoup du dispositif narratif (scénario et montage), sophistiqué et parfois surprenant. Probablement un peu trop répétitif sur la fin, mais admirable dans son ensemble.
Pour le reste, c’est du Quentin Dupieux pur jus, avec quelques séquences géniales (l’arrivée de Dalí à l’hôtel, le rêve « discontinu » du prêtre) et d’autres plus maladroites ou moins abouties (les séquences avec Romain Duris, par exemple). Même constat inégal en matière d’interprétation, Édouard Baer et Jonathan Cohen convainquant davantage que leurs quatre autres « collègues » en incarnations de l’artiste. Mais peu importe. Ce côté bricolo-artisanal, avec ses grandes inspirations et ses imperfections, est aussi le sel de ce cinéma d'auteur, courageux et insolent.
NOTE 14/20 - Loin des conventions de la biographie, Daaaaaali ! cherche à capturer la personnalité de son sujet et le fait sans compromis, quitte à, par moments, perdre le spectateur dans son foisonnement d'idées et d'intentions.
Ainsi en est-il de ce Dupieux comme tant d'autres de ses films : quelques expériences surréalistes réussies, quelques autres sans intérêt, pour une cuvée annuelle somme toute récréative et plutôt stimulante au milieu de films trop raisonnables.