JOHNNY ENGLISH STRIKES AGAIN (2018)
Le visage de Mr. Bean, a.k.a. Rowan Atkinson, tentait en 2003 de se démarquer de son affiliation directe avec l’humoriste british en question, après deux efforts cinématographiques consacrés à son célèbre personnage: la saga JOHNNY ENGLISH (2003-2015) fête donc ses quinze ans, avec une troisième film craint, car les précédents, bien que sympathiques, n’étaient que de simples pastiches de JAMES BOND (1962-20??) construits sur les restes de Mr.Bean. C’est un plaisir d’écrire sur STRIKES AGAIN, qui s’annonçait dans la lignée de la licence: on craignait un Rowan Atkinson trop vieux pour ces conneries? Faux. La persistance d’un manque d’originalité tourné en pardodie? Non plus. En effet, STRIKES AGAIN fait preuve d’une subtilité rare, hissant l’agent du MI7 reconverti en enseignant incapable de ne pas former ses élèves au métier d’espion en véritable icône du Cinéma, et ce même si cette comédie en est une: réalisation léchée et gags judicieux, on rit beaucoup pendant le visionnage, mais Rowan Atkinson crève l’écran, dépassant le propre mythe qu’il a créé pour devenir un Johnny English à part entière. Absurde et génial, STRIKES AGAIN met en scène le retour du super-espion retraité brillamment, ce dernier n’ayant jamais été autant empathique: English est d’un drôle décapant, doublé d’un looser professionnel extrêmement chanceux. S’auto-proclamant old-school pour répondre à la mission lancée par les services secrets britanniques pour stopper un bad-guy playboy multimilliardaire dominant la sacor-sainte data, STRIKES AGAIN est délicieux, son protagoniste principal préférant l’Aston Martin culte et polluante à l’hybride high-tech, s’entraînant en VR comme personne -une séquence déjà inoubliable-, jetant son smartphone à la poubelle pour communiquer par télégramme... Un vrai retour de vétéran, cachet qui ajoute une valeur presque nostalgique, intensifiant le charisme d’un agent pourtant prêté au genre parodique: et oui, STRIKES AGAIN parvient à effacer les “restes” de Mr. Bean, achevant une trilogie au départ bancale en très beau final. Mieux rythmée qu’avant, cette aventure revient en France, où l’on pourra assister à des lancers de missiles sur des cyclistes estivaux, puis passe par l’Ecosse, où English et Bough -l’excellent Ben Miller, remarquable ici aussi- son buddy de toujours supervisent de sauver le monde, à bord d’un sous-marin stationné dans un Loch. C’est vraiment ouf, parfois...enfin, souvent. Et malgré que le cliché puisse être vu -l’agente russe sexy, le vilain-, STRIKES AGAIN surprend, le réalisateur David Kerr démontrant avec justesse et ingéniosité ses placements de gags, tous réussis: clairement une des comédies de l’année, plus subtile que la majeurs partie des succès au box-office 2018: on donne volontiers sa couronne à Atkinson, qui l’a durement -mais sûrement gagnée- avec cet épisode d’accomplissement total, qui efface délicatement une quasi-vie rattachée à Mr. Bean. Qu’est-ce qu’on rit, putain! On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Allez, on arrête ici de spoiler, matez STRIKES AGAIN, ça rafraîchit l’âme et fait du bien! FIN. CONSECRATION /20










