Il faut alors comprendre que les « affinités électives » nous portent inéluctablement, entre monstra et astra, vers ce que j’ai nommé un gai savoir inquiet : savoir de l’hétérogène en tant qu’il «élit» domicile dans son affinité à l’autre, objet ou sujet. Savoir de l’hétérogène en tant qu’il nous fait «élire» le dissemblable comme objet de connaissance (…) ou comme objet d’amour. L’affinité élective, ce serait donc, avant toute chose, aimer son dissemblable et vouloir le connaître par «constellations», montages ou atlas interposés (ainsi que Warburg n’aura cessé, lui aussi, de le faire toute sa vie durant, du paganisme renaissant aux Indiens Hopi).
Georges Didi-Huberman, Atlas ou le gai savoir inquiet, Minuit, 2011