"President Doumer" ship on a vintage postcard
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"President Doumer" ship on a vintage postcard
Par contre, la démagogie, qui allie à un autoritarisme sectaire la licence dans la rue, l'anarchie dans les services publics et dans les mœurs même, qui livre la souveraineté, non au peuple, mais à la foule, est bien le plus abject et le plus répugnant des gouvernements.
Paul Doumer, in “Livre de mes fils”, chap. XVI “La République”, p.195
N'écoute pas les sophistes qui professent un cosmopolitisme dissolvant, qui nient la Patrie et qui répudient le devoir. Ce sont des ennemis publics ; s'ils étaient suivis, ils précipiteraient la France vers la décadence et la mort, comme leurs aînés ont fait de la Grèce et de Rome.
Paul Doumer, in “Livre de mes fils”, chap. XXIV “Les sophistes”. p.339
Et c'est bien à cela que tend l'antipatriotisme, à la négation du devoir national, à la négation de tout devoir. À quoi, en effet, peut obliger l'amour du genre humain ? Il nous demande une sentimentalité générale que nous avons tous. Mais comme l'humanité ne constitue pas un être organisé, une personne envers qui on puisse avoir des devoirs précis à remplir, qui impose des sacrifices, le citoyen du monde ne doit rien, son égoïsme peut s'épanouir à l'aise. Il est le digne enfant de la lâcheté. Qu'on le veuille ou non, et quels que soient les hommes qui la professent, la théorie de l'antipatriotisme est bien la théorie de la lâcheté humaine. Les hommes sans devoir ne constitueraient plus des peuples, ils formeraient un immense troupeau soumis aux pires instincts de la bestialité. La civilisation ne peut vivre qu'avec l'idée du devoir, avec le noble sentiment qu'est l'amour de la Patrie.
Paul Doumer, in “Livre de mes fils”, chap. XXIV “Les sophistes”. p.280
La campagne nouvelle, entreprise au nom de l'humanité contre la Patrie, ne saurait avoir plus de succès. C'est l'éternel sophisme des antipatriotes qui revient sous une forme peu rajeunie. Qu'entendent-ils par humanité ? Ce n'est pas cette sympathie pour les malheurs des hommes quels qu'ils soient, qui nous porte à les secourir. L'humanité ainsi définie est un devoir individuel, enseigné par toutes les religions et toutes les morales ; il s'accorde parfaitement avec le devoir envers la Patrie. Le mot humanité signifie donc l'ensemble des hommes vivant sur la terre, c'est-à-dire le genre humain. Comment l'amour du genre humain peut-il être opposé à l'amour, au dévouement de la patrie ? Dites qu'il faut aimer tous les hommes et personne n'y contredira. Mais dire que l'attachement à son pays, le devoir qui nous incombe de le servir, de le défendre, de lui sacrifier notre vie, n'ont plus de raison d'être parce que nous sommes citoyens du monde, est tout autre chose et prend une signification bien précise. C'est couvrir d'un argument équivoque et captieux la désertion du premier des devoirs civiques
Paul Doumer, in “Livre de mes fils”, chap. XXIV “Les sophistes”. p.279
Car l'idée, le sentiment de la Patrie ne varie pas, n'évolue pas, comme on le dit à tort. Le patriotisme est aujourd'hui ce qu'il était à Athènes, ce qu'il était au temps de la grandeur de Rome, ce qu'il était dans la Gaule de Vercingétorix. Ce sont les patries qui ont changé, l'amour et le dévouement qu'on leur doit ne se sont modifiés en rien.
Paul Doumer, in “Livre de mes fils”, chap. XXIV “Les sophistes”. p.278
Les peuples modernes, la France surtout, hélas ! ont aujourd'hui leurs sophistes. Ils prêchent un cosmopolitisme dissolvant qui détruirait, si l'on n'y prenait garde, et le patriotisme et la Patrie elle-même.
Paul Doumer, in “Livre de mes fils”, chap. XXIV “Les sophistes”. p.277
Les républiques grecques finissantes, Rome aveulie et corrompue, ont vu naître les sophistes, professant qu'il n'y a plus de Patrie et qu'il fallait uniquement songer à bien vivre. Ils ont précipité la Grèce et Rome vers la mort, la mort cruelle et ignominieuse, sous la domination étrangère ou dans la furieuse destruction de l'invasion des barbares.
Paul Doumer, in “Livre de mes fils”, chap. XXIV “Les sophistes”. p.277