Bigoudi Bouclebrunes et les Deux Cours, Partie 4 (La Route Vers Isentorche)
Résumé des épisodes précédents : Grandoulf avait trouvé l’Anneau de pouvoir du Seigneur GrosCon et l’avait remis au gentil hobbit Bigoudi Bouclebrunes pour qu’il le détruise dans la Montagne du Destin. Avec l’aide de Laurentgorn Duvernay-Tardif, Broromir, Legrandslack, Kimchi, ainsi que le jardinier hobbit Samsauge et de leurs confrères Pépin et Méridien, ils étaient devenus la Communauté de l’Auto, aidant Bigoudi et Grandoulf dans leurs aventures. Après avoir perdu Grandoulf aux mains d’un France-Hélaine Duranceaurog et avoir perdu Broromir tombé devant les hordes d’orcs et goblins des zinternet en protégeant les hobbits Pépin et Méridien, ces derniers furent hobbitnappés et la Communauté de l’Auto fut bel et bien dissoute. Bigoudi et Samsauge prirent la route vers le Nord, prenant en pouce Conspiragollum, tandis que Laurentgorn, Legrandslack et Kimchi prirent la route du Brohan, croisant ainsi Éomec et ses Brohirrims. Poursuivant leur route sous l’œil bienveillant des Brohirrims, Laurentgorn, Legrandslack et Kimchi entrèrent dans la forêt de Fandom où retrouvèrent Grandoulf sous sa dernière forme, Grandoulf Juste-Leblanc. Ils purent aussi bannir Sognia Languedeserpent du Brohan et le Roi Théodentiste retrouva alors toute son assurance dentaire. Pépin et Méridien, eux, avaient pu fuir leurs assaillants et trouver un allié en la personne de Barbàboisbois, un immense homme-arbre qui leur promit son aide pour défendre les intérêts de la Terre du Milieu.
Bigoudi Bouclebrunes et les Deux Cours, Partie 4 (La Route Vers Isentorche)
« Je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi il est offensant que la réalisatrice et l’actrice principale d’un film qui a été un blockbuster plus intéressant qu’Avatar, la voie de l’eau et qui parle justement de l’invisibilisation de la réalité des femmes ne soient pas nominées dans une des plus célèbres cérémonies de remise de prix du monde du cinéma américain! Franchement, j’avoue qu’on s’en fout pas mal, du sexe, de l’orientation sexuelle et de la couleur de peau des personnes en nomination! On a bien assez de réalisateurs blancs cis et hétérosexuels pour pallier au manque de nomination de réalisatrices et réalisateurs femmes, trans, queers, de couleurs ou même… d’hélicoptères apache (huhuhu)! Je veux dire… c’est pas en chiâlant que ça va changer les choses. C’est en les gardant telles quelles qu’on va enfin rendre visible les minorités en tout genre. C’est en ne faisant rien, comme toutes les années précédentes, que nous arriverons à ne pas transformer une cérémonie douteuse dont les nominations sont aussi impressionnantes qu’une porte en plywood. C’est en ne faisant rien qu’on ne change rien! D’ailleurs, pourquoi changer? Cette cérémonie récompense les grands hommes et quelques grandes femmes, en grande majorité blanche et américaine. Ça a toujours été et ça ne changera jamais. Le changement, c’est toujours mal, arke, caca.»
Bigoudi replia le Journal du Mordor Sud. Sophisme Durocher frappait encore à grands coups de non pertinence en sortant encore une fois un article conservateur sur une discussion nécessaire qui se transforme en polémique ridicule. Bigoudi savait qu’il lisait un journal idiot qui lui servirait mieux en tant qu’aide pour partir un feu ou en tant que papier absorbant dans le fond de son sac pour protéger ses effets personnels. Mais il était tellement en manque de bonnes nouvelles qu’il lisait tout et n’importe quoi. La chronique lui servirait, cependant… il n’avait qu’à brandir la feuille de chou sous le nez de Conspiragollum pour faire avancer celui-ci lorsqu’il s’entêtait à rester sur place pour chigner, ce qui arrivait vraiment souvent sur la route de la Montagne du Destin. D’ailleurs, ce dernier avait encore décidé de s’arrêter pour sortir les vieilles rengaines. Il avait décidé de mettre un halte à leur marche en criant des inepties de « Mersi Kémions! » et « Libârté! » encore une fois. Samsauge et Bigoudi en avaient profité pour faire un peu de cuisine sur le pouce… Samsauge avait réussi à faire des tartines fraîches avec du fromage fouetté et petits fruits frais, des petits pots de yogourts vanillé avec un peu de morceaux de biscuits, de flocons d’avoines et de morceaux de pommes, des petites croquettes de pommes de terre au fromage avec des petits pots de crème sûre avec ciboulette, des petites bouchées de pain de viande à la sauce chili et au cheddar fort, un plat de macaroni au fromage fort, chanterelles, pleurottes et pancetta, un minuscule plat de vol-au-vent aux poulet ainsi qu’un autre à la bisque de homard accompagnés de brocolis, carottes et panais dans un coulis de vinaigre balsamique, une salade de panais en crème, une autre de carottes et raisins de corinthe et une autre aux pommes, raisins verts et copeaux de gruyère, une gamelle de crème de courge aux épices et quelques pavés de saumon en croûte d’épice avec un peu de yogourt à l’aneth et herbes fines. Le tout était suivi de crêpes aux pommes et coulis de caramel à l’érable, ainsi que des crêpes avec des poires et coulis au chocolat noir semi-amer. Enfin, il y avait un petit quelque chose que Samsauge avait réussi à cuire en chemin : une galette des rois. Il avait servi tout le monde avant de s’en prendre une part. Bigoudi avait été très surpris du goût très réussi pour un gâteau fait sur le pouce. Il avait cependant été déçu de ne point y trouver de fève. Conspiragollum, lui, avait crié à l’injustice et à l’omniprésence de la 5G pour expliquer sa déception. C’était Samsauge qui avait réussi à trouver la fève. Enfin… « fève » était un grand mot. C’était une petite fève de céramique d’un brun louche qui se voulait être à l’effigie d’un bœuf… mais qui, à première vue, ressembait plus à une crotte qu’autre chose. Dans tous les cas, Samsauge était ravi. Il faisait collection de ces choses et avait même jubilé en voyant la crotte… il avait dit que cela irait avec la thématique « Mon Sauveur Justin Trudeau ». Il avait déjà eu le bébé Justin, le père Pierre-Éliott et la mère, la vierge Margaret. Il avait aussi l’âne et les trois rois mages. Il ne lui manquait que la crotte.
Pendant que nos trois comparses mangeaient leur part du gâteau royal, des sons et des grognements se firent entendre. « Qu’est-ce que cela? » chuchota alors Samsauge, effrayé.
« Sûrement Big Pharma, ça… TADROSS! TADROSS!» dit alors Conspiragollum.
« Quelqu’un a dit TADROS? » répondit une voix étrangement paternaliste.
« Cachez-vous, vite! » dit alors rapidement Bigoudi, en ramassant ses cliques et ses claques et allant se cacher dans des buissons épineux derrière lui, éraflant au passage ses pauvres pantalons.
Conspiragollum, surpris et paniqué, se cacha héroïquement derrière Bigoudi. Samsauge, le dernier à se cacher, eu à peine le temps de prendre ses derniers effets, d’éteindre le feu et de prendre les assiettes et couverts de tout le monde (ainsi que sa crotte brune) avant d’aller se cacher derrière une roche avant que les créatures arrivent vers le campement de fortune.
C’était deux immenses trolls.
Le premier se retourna vers l’autre et lui dit : « J’pense qu’ils sont partis, héhéhé. En tout cas, je les aurais inviter à se joindre à nous. Ils auraient sûrement voter pour moi à la tête du Parti Libéral du Canada! Euh, de la Mairie de Montréal! Euh… le Parti Libéral du Québec! Entéka, un parti libéral, là! »
« Denis Trollderre, répondit l’autre, combien de fois je t’ai dit que la mairie de Montréal, c’était moi qui devait l’avoir! Ou pas. C’est pas parce que tu es le « Nouveau Denis » que tu dois avoir la nouvelle Mairie.» « Ah, Frantroll Lambert, tu m’épuises! Va don’ vendre ton popcorn à l’érable ailleurs.»
Bigoudi regarda les deux trolls d’un regard apeuré. Ils étaient grands et massifs… l’un avait l’air légèrement plus neuf que l’autre, mais c’était un leurre… Bigoudi savait bien qu’en réalité, c’était un arrangement de vieux restants.
Les deux trolls fouillaient le campement. Bigoudi ne savait pas du tout ce qu’ils cherchaient, peut-être de la pertinence, peut-être du temps d’antenne… chose certaine, ils n’allaient pas trouver de quoi satisfaire tout à fait leur envie.
« Ah, maudite Valérie Plante, j’prendrais une douche froide drette là pour trouver les campeurs et qu’on puisse manger à notre faim à moins de 75$ par semaine. Tu sais, Denis, j’ai un poulailler, chez moi. J’intime tout le monde à aller s’acheter des poules. Et à présenter son plan financier devant les Dragons de la finance. Tsé, là? Des dragons qui sont reconnus pour garder la richesse pour eux pis mentir au monde que le « trickle down theory », c’est de quoi qui marche, là. Juste pour calmer les masses. Ça marche assez bin, là.»
C’était logiquement trop pour Bigoudi. Sophisme Durocher, le retour de Denis Trollderre et de Frantroll Lambert… il fouilla alors dans son sac.
« Ah, Frantroll, franchement, les campeurs doivent avoir pris peur et être aller voter pour un moins bon candidat que moi, haha! Quoiqu’il en soit, je prouverai aux gens que je suis meilleur qu’avant! Que je suis beaucoup plus qu’un troll… je suis beaucoup plus qu’un politicien. Je peux, moi aussi, être un bon père de famille! Je peux aussi insuffler de l’espoir! De l’espoir en l’avenir! L’avenir des cônes jaune orange, l’avenir de la politique indécrottable, l’avenir de ceux qui sont des never-was! Je suis capable de grandeur. Je suis capable de changement. Je suis… capable. » dit alors Denis Trollderre, comme s’il répétait ce monologue à chaque matin et soir devant son miroir.
C’est alors qu’une enveloppe brune les dépassa et alla s’écraser au loin dans la forêt. « Oh, j’pense que c’est mon call, ça, mon Frantroll! » dit Denis Trollderre en partant à la recherche du précieux butin. « Nenon, c’est à moé, ça! C’pour payer la montre qu’on m’a volé chez nous! » répondit Frantroll Lambert avant de s’élancer lui aussi à la poursuite de l’enveloppe.
Bigoudi prit Conspiragollum par le bras en l’intimant de se taire et alla chercher Samsauge.
« Vite, fuyons d’ici », déclara Bigoudi.
« Vous avez eu une tellement bonne idée, mon cher. Qui aurait cru que ces trolls soient corrompus? » déclara Samsauge avant de déguerpir.
Nos trois comparses prirent la route vers le Nord.
***
Alors que Bigoudi et sa petite troupe s’échappait, Laurentgorn Duvernay-Tardif, Kimchi, Legrandslack et Grandoulf menaient une offensive auprès du roi Théodentiste. Ils savaient que les forces obscures se préparaient à frapper. Ils avaient aider à mobiliser plusieurs personnes, notamment l’ordre des infirmières ainsi que les enseignantes et enseignants et les professeurs et aides professorales en tout genre. La mobilisation était belle, puissante, rassembleuse. Le roi Théodentiste avait, lui, une crainte grandissante : et si le Gondor ne répondait pas à leurs appels? Et si la lutte était vaine? Mais il ne pouvait montrer quelconque signe de faiblesse. Pas devant ses sujets. Pas avant que le vote en assemblée soit passée. Il galvaniserait les troupes. Pour les patients, pour les enfants… pour le futur. C’était un jeu de consolidation de pouvoir et tous le savaient très bien. La lutte ne faisait que commencer.
***
Pendant ce temps, Méridien et Pépin se déplaçaient sur le dos de Barbàboibois.
Ils allaient confronter ensemble les dires du méchant sorcier Nantelroumane… peut-être arriveraient-ils à arrêter la déforestation de Northvolt et prêter main forte aux chevaliers cuivrés?
Quoiqu’il en soit, ils devraient affronter un ennemi de taille… l’apathie rampante.
Il semblait qu’il fallait être actif sur tous les fronts avec le règne sombre du Seigneur GrosCon.
« Oui, pensa Méridien… La route d’Isentorche est longue et pleine de dangers. »
Fin de la partie 4.












