Pour en finir avec une légende naissante
Hier soir sur France 2, les journalistes nous ont resservis, comme par hasard, un des couplets favoris du Directeur Général.
Pauvres conseillers qui ne voient pas le résultat de leur activité !
Or, le Suivi Mensuel Personnalisé (SMP) obligeait les conseillers, jusqu'à ces derniers mois, à convoquer régulièrement - théoriquement mensuellement - les privés d'emplois qui lui étaient affectés.
Si une personne convoquée avait trouvé un emploi temporaire ou définitif, elle le signalait à son conseiller, ce qui justifiait son absence au rendez-vous.
Par ailleurs, les conseillers disposent d'un outil informatique qui leur signale les passage du "portefeuille actif" au "portefeuille inactif" et la raison du transfert. Le "portefeuille inactif" regroupe les personnes qui ne sont pas à convoquer, entre autres les personnes qui ont travaillé au moins 78 heures le mois précédent.
Reste le cas des personnes qui reprendraient un emploi et qui interrompraient leur inscription sans indiquer le motif de l'interruption, le plus souvent en s'abstenant de "pointer".
Ce cas de figure présente des inconvénients pour le nouvel embauché :
s'il est indemnisable et qu'il a repris le travail en cours de mois, il ne perçoit pas des indemnités auxquelles il a droit,
s'il remplissait les conditions pour un cumul entre salaire d'activité réduite et complément d'indemnisation, il se prive de cette possibilité,
s'il est en période d'essai et que cette période d'essai n'est pas concluante, il devra se réinscrire.
Par expérience, les "non pointages" surviennent en général au bout de plusieurs mois d'activité (réduite ou non) sans complément d'indemnisation. Donc le conseiller a accès à l'information quant à la reprise d'activité.
Il a par ailleurs accès aux "Attestations Employeurs" (AE) transmises, comme leur nom l'indique, par les employeurs en fin de contrat de travail. Or les contrats de travail sont de plus en plus souvent des contrats courts, voire très courts. La dématérialisation des AE, fait que l'information est transmise plus systématiquement qu'auparavant.
Au final et contrairement à la légende naissante, les conseillers avaient bien jusqu'ici les outils pour savoir si les privés d'emploi qui leur sont rattachés avaient retrouvé du travail, même temporaire, ou pas.
Pourquoi cette légende, alors ?
Le problème est que jusqu'à présent seuls les conseillers savaient, ou du moins avaient les moyens de savoir.
Les Directions locales, territoriales, régionales, générale, n'étaient pas en mesure d'agréger efficacement les chiffres et d'en faire des éléments de comparaison.
Ainsi les conseillers ont bon dos !
Le suivi mensuel des conseillers par le calcul du TSED (taux de sorties vers l'emploi de plus de six mois), réalisé au moyen des DPAE, peut apparaître comme une réponse à une demande des conseillers.
Alors qu'il est l'instrument qui vise à détruire le métier de conseiller et à le remplacer par celui de "caseur".












