L.R.C. BREUNIG, LA CHANSON DU MAL-AIMÉ, “Les critiques de notre temps et APOLLINAIRE”, p58: ..Le soleil, devenu une lyre flamboyante qui brûle ses doigts douloureux, symbolise chez le poète le besoin, la volonté de transformer (comme chez LES SYMBOLISTES et PROUST) cette expérience déchirante qu'il a vécue et dont nous avons été témoins d'un bout à l'autre, en une oeuvre d'art, celle précisément qu'il vient d'écrire et que nous venons de lire. Les derniers vers reprennent avec force le contenu d'une strophe précédente qui exprime la connaissance qu'a notre héros des secrets de la chanson: “Moi qui sais..des chansons pour les sirènes.”… p59: ..Il suffit d'évoquer le décor unique et fixe du poème d'amour français le plus célèbre du XIXème siècle, LE LAC de LAMARTINE, pour se rendre compte de l'extraordinaire diversité des matériaux dans LA CHANSON DU MAL-AIMÉ… Le problème pour APOLLINAIRE fut de créer une impression de désordre qui reflète l'agitation éperdue de l'âme de l'amant-poète, tout en introduisant suffisamment d'ordre… ...LA CHANSON DU MAL-AIMÉ doit sa puissance en grande partie à cet équilibre difficile qu'elle réalise entre l’ “Ordre” et l’ “Aventure”, l'Apollonien et le Dionysiaque.