Jbara vit les montagnes du Maghreb, entre ses parents, ses cinq frères et soeurs, et ses brebis. Elle rêve d’ailleurs, d’une modernité qui lui paraît inaccessible. Ignorant et violent, son père la ramène constamment à sa condition de femme, et donc de soumission. Pour tromper son ennui, Jbara couche avec les bergers de passage en échange de quelques friandises. Mais un jour, elle se retrouve enceinte. Elle est alors bannie du village et contrainte d’aller s’installer en ville. Pragmatique et désabusée, elle tente de s’en sortir et raconte sa vie : la misère, la prostitution, la prison, le mépris dans le regard des autres, ces hommes qui ne voient en elle qu’un objet sexuel… Dans ce monde qui ne veut pas d’elle, elle parle à Allah, son seul confident.
Scénario : Eddy Simon - Dessin : Marie Avril
Comment devenir libre quand tout vous prédestine à la soumission ? Itinéraire d’une jeune fille musulmane d’aujourd’hui, Confidences à Allah est un témoignage direct, cru, et cependant plein de poésie et d’humour, sur l’oppression des femmes. Eddy Simon et Marie Avril adaptent le monologue fiévreux de Saphia Azzeddine, portrait sans concession d’une jeune femme qui rêve d’émancipation et refuse de se soumettre.
Pas grand chose de plus à dire que ce que dit l’éditeur Futuropolis. Je n’ai pas lu le livre de Saphia Azzedine mais je pense sincèrement que la BD en est un très beau reflet. Les dessins de Marie sont magnifiques, Eddy Simon n’en est pas à sa première adaptation. Après Chaque soir à onze heure, il récidive et c’est encore une fois une réussite.
Il y a un équilibre extraordinaire entre le malheur et le bonheur, entre le bien et le mal, entre l’acceptable et ce qui ne l’est pas. Ma première réaction après avoir lu cette BD a été “Une femme est bien plus forte qu’un homme...”
Comment ne pas être sensible et révolté face à autant d’injustice et admirateur face à autant de détermination et de courage. Jbara est une femme moderne dans un monde encore bien trop archaïque. Que dire de la place que prend la religion? Allah est le seul confident de la jeune femme et en athée que je suis, je ne peux que m’incliner et respecter sa force, la force que la jeune femme puise dans cet échange spirituel. On est à l’opposé du fanatisme et bien dans un réel questionnement personnel.
On ne tombe jamais dans l’excès et la jeune femme possède une extraordinaire force de vivre et une réelle envie de justice. C’est triste mais l’humour est toujours présent.
On est tous des êtres humains, femmes, hommes, noirs, blancs ou autres et de ce fait, nous devrions tous partir sur le même pied d’égalité, voilà ce qu’il ressort de cette histoire. Trop d’inégalités, trop peu de réflexions, trop de détournements.
C’est l’histoire de l’humanité que l’on voit au travers de cette jeune femme. Le changement a bien lieu mais mon dieu que c’est long...
A lire absolument!!!
Une BD qui fait réfléchir, sur soi, sur la religion, sur ce qu’elle est à l’origine et sur notre place à tous.