Estimant ne pas avoir « commis de faute » en rappelant sur RTL les massacres français en Algérie au XIXe siècle, Jean-Michel Aphatie a claqu
Tiens, la vérité de la conquête coloniale sort des archives. Oui, ces généraux d'empire pensaient à déporter, décimer et raser. Ils entrevoyaient l'Algérie comme grenier à blé de la France.
Mais pas que les généraux, Tocqueville lui-même pensait dans ce sens, lorsqu'en 1840 il rédige son rapport sur l'Algérie. Rien de démocratique dans son approche, il retranscrit son apprentissage de la société américaine en préconisant d'une part la destruction culturelle et de l'autre un statut d'indigénat, calqué sur la ségrégation. C'est, de ses dires, le seul qui permettra aux européens de s'implanter durablement en Algérie.
Les rapports militaires, les écrits d'époque, les historiens sérieux, tout converge pour indiquer un projet non pas "civilisationnel" mais économique, colonial. L'Europe subissait les années froides consécutives à l'éruption volcanique du Tambora de 1815, entrainant famines et révoltes paysannes. L'affaiblissement du pouvoir ottoman rend possible le projet maghrébin.
Les européens vont pouvoir appliquer les logiques implacables, de l'ingénierie naissante à la dureté de traitement des indigènes, apprises sur le continent américain et la caraïbe dans la période esclavagiste.
L'application à la virgule de règlements iniques et injustes est dès lors assurée par des administrateurs et militaires zélés, construisant à la fois une expérience "profonde" et des lignées familiales impliquées, qui reviendront importer leur expérience coloniale en métropole, créant une sociologie négative du trauma post-colonial, vécu du côté colon.
Histoire documentée mais tenue sous roche, qui rejaillit par capillarité à divers moment de l'histoire institutionnelle, jamais convoquée mais soumettant l'ensemble à une pression sous-jacente...
Histoire qui peut encore mettre à pied ses orateurs et valoriser ses détracteurs. Sommes-nous responsables des actions de nos aïeux? Assumons-nous d'évoluer dans une nation réfutant la véracité de faits prouvés et probants?
Le déni colonial des bourgeois libéraux n'est-il pas le premier pas vers ce que les journalistes nomment "post-vérité"?








