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France, 1er tour des élections présidentielles. 12 candidats, 48,7 millions d'électeurs, dont 1, 4 million hors de France. Bonne chance à toutes les candidates et à tous les candidats. Bon vote à tous. #Elysee2022 #Presidentielle2022 #1erTour #vote2022 https://www.instagram.com/p/CcKmvtrsiyM/?igshid=NGJjMDIxMWI=
#8- L’armée de lumière
C’était un long tunnel, et glacial et opaque Étroit et calme, comme un égout sous sa plaque.
On vit des lucioles percer du soupirail
Sorties de nulle part, éloignées du sérail Sous le ciel de novembre à la belle hébergée Une étoile est tombée, c’est celle du berger Ne sont pas nés sous la bonne, elle lâche du lest
Elle a greffé la nuit à tout leur corps céleste
Sur la carte du ciel, brillent aux quatre coins, On ne voit que leur dos fluo qui ne rompt point.
La clameur des bottines, le calme des chaumières
L’armée des ombres a des habits de lumières
Ils, ont le souffle au corps, elles, le diable au cœur.
Malgré le sifflement de cet oiseau moqueur,
Les dames divorcent donc de leurs deux patrons.
(L’un est à l’usine ; l’autre dans leur maison)
Que tous les porcs brûlent au bûcher sans aveu
À l’ombre grise des jeunes filles en feu
Pénélope n’attend ni mari ni Ulysse
Puis crée son pays sans les merveilles d’Alice.
Dans chaque Cosette sommeillait un Gavroche
La France profonde non gravée dans la roche
*
Il n’y a pas qu’à Paris que l’époque est pourrie
La chair se paye au prix, main invisible prie
Que les peaux périssent puis se paupérisent
Les paumes non lisses où les poils se hérissent
Que les poilus ont nos sales gueules d’emplois
Ancêtre entêté et réfractaire gaulois
La survie quotidienne est une lutte intime
Qu’un jour est une vie, qu’un sou est un centime
Vue d’en haut, la France est cet îlot provincial Ce village où un ch’ti égale un provençal
D’une pointe d’accent, l’élite se délecte
De cette langue d’or qu’elle appelle dialecte
Voit le territoire comme un meuble à tiroirs
Du Midi jusqu’au Nord ouvrant grand ses terroirs
Aux brèves d’un comptoir quelque peu trop disert
Chuchotant le secret d’un médical désert
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces cités, ces communes
Aux cent mille causes, soudain ne font plus qu’une
Où la joie, la peine se lient dans l’amitié Sous le maillot, soudain, font ce même métier
D’ouvriers, paysans, d’employés, d’artisans
« Ahou ! » « Ahou ! » « Ahou ! » Un chant de partisans
Ils sont donc revenus, pied de guerre, de grue
Fondent sur la ville et ont traversé la rue
Viennent des montagnes, des vallées abattues De contrées lointaines, qu’on a trop longtemps tues
De ces temps oubliés où vivre c’est attendre,
Que le bus ou la mort viennent enfin vous prendre
Où au soleil couchant, tous les nuages saignent
Sur le seuil des grilles des anciennes enseignes
De vallées lointaines où aucun train ne siffle
Ils gèlent et jeûnent, lorsque le givre gifle, Tels leurs paysages : désolés. Morgue pleine,
L’homme qui rit... jaune, le Joker ou Gwynplaine !
#6 - A la fin de l’envoi...
Que ce juvénile s’attire un Juvénal
Sans duper ni tricher à ce grand jeu vénal
Qu’on lui trouve un bouffon, rimeur, écrivaillon
Pour se mettre dans les pieds d’un François… Villon
Non un de ces cire-noms, de plumitifs sans plaies,
Dithyrambe à tyrans, courtisans appelés
Encenseur de censeurs, laudateur idolâtre
Coiffeur de crinière de chevelure en quatre,
Ni batteur de croupe, lécheurs de queues-de-pie,
Jupe-à-terre, robe courte et pisse-copie.
Ne cherchant tape au dos, ni bravo, ni bourse
Je taris mon éloge aussitôt à la source
Tire vers du nez au Pinocchio du pinacle,
Ce salaud de salon, cynique de Cénacle
Menteur sans talent d’un acteur aquilin
(Le rôle de sa vie qu’a joué Coquelin)
Me voici… Cyrano ? ... D’occasion, bas étage
Même art, autre rime, même passion, autre âge
Murmure au pied du mur, presqu’en rez-de-jardin
Je versifie comme prose Monsieur Jourdain
Dans l’ombre à tâtons, je recherche sa nuque
J’ôte son masque, son air niais, sa perruque
Et j’ôte mes gants puis le mouche du coude
A la fin du convoi solennel, je le boude…
(Ses joues ? Des monts roses, tant de fois dardées)
A Edmond Rostand, révérences gardées
Si je suis Cyrano, il est mon Montfleury
Lui vomis juste en vrac mes mots fleuris
Et si ces vers valent bien mieux que les miens,
Ces simples mirlitons sont unis par mes liens
Mes rimes riches sont appauvries mais bien libres
Et ne sont pas prêtes à plier sous leurs chibres
Ma plume est tirée de chouette de Minerve.
D’homme de Bergerac, j’ai le nez, pas la verve
Ni feutre, ni cape, - qu’y puis-je ? - peine seul
À noircir ma feuille blanche comme un linceul
À lueur d’un néon, mon néant insomniaque
Que je noie dans mon encrier d’ammoniaque
D’où je sors mon fusain sous ma côte de maille
Le jour je ferraille quand la nuit je rimaille
Alexandrin Le Grand ? Mes vers sont des épées
Mes épitres percent, dans le cœur des poupées
Romain de la rime, César de la césure
Je l’aurai d’un seul tir, je l’aurai à l’usure
Ma plume raye d’un seul trait pour trait
Décoche et décroche, balance son portrait
Il faut la remuer car elle s’engourdit
(Tout ce qu’on entend n’est pas encore dit)
L’ai laissée dans le cœur de son prédécesseur,
Délinquant détenu, un autre dépeceur…,
Mes initiales sont gravées sur sa peau cible
J’étends cette rime au domaine du passible
Non qu’il m’intéresse ou même me fascine.
Je dois tuer l’ennui, ma vengeance assassine
Ma plume et moi rimons à son tout premier jet
Tous se moquent de vous, car c’est notre rejet !
À pointe d’encre, à pointe de fleuret,
Brise votre glace pour mirer mon reflet
*
A l’assaut d’un édifice, fils de rien ou presque
J’écris avec mes pieds, esprit chevaleresque,
Mille mesures, cent quatrains ou dix sonnets
Gardien de montagne n’atteint pas les sommets
C’est une péninsule, un cap, son fort de Brégançon
Habité d’un enfant, que dis-je, un grand garçon
Pille son pavillon puis vide la corbeille
Vole le papillon, pique et pique l’abeille,
Abeille royale ? Non, sa majesté de mouche
À merde, s’enfuit à la première escarmouche
Drôle de d’Artagnan tout en délicatesse
Je lèse-majesté et darde son altesse
Tirer révérence ? Plutôt mon espadon
Le fait rendre gorge, qu’il implore pardon,
Se repente et rampe, mais surtout qu’il se taise
Lui qui fait d’un exemple, une loi, une thèse.
Avec ma rapière, je tiens ce jeune éphèbe
Le traine devant l’histoire, le rejette à la plèbe
Je le tance par cette salve de stance
Et ne le dispense d’aucune autre sentence
Le tag, le spam, le troll, le skip, le scroll, le stalk,
Qu’il mange sa purée, qu’il en sniffe son talc
J’étrille, disperse puis je porte estocade
A ce vaniteux, fier, gâté, plein de tocade
Ce gosse se gausse, se rehausse du col
Rabaisse sa fonction, déjà éclatée au sol,
Ne touche plus terre, plus le monde ; il l’évite.
Sa tête enfle et monte. Qu’il se dégonfle, et vite !
Qu’il choit de sa chaise qu’il prend pour parapet
Par bien des aspects, lui impose le respect
Je lui inculque la politesse. Qu’il calque
Son piédestal sous la forme d’un catafalque
Bref, mon cœur balance entre la craie et le glaive
Je suis ce cancre qui gifle le bon élève
*
Si j’avais du courage - c’est à peine si j’ose -
J’eu pu dire une chose… Oui dire, bien de chose…
Étonné : comment donc, d’un roi Mérovingien
La France passe à un écolier, collégien ?
Admiratif : qu’il en eut fallu du talent
Réussir à n’être rien en ayant autant
Lyrique : mignonne allons voir si la merde
A l’isoloir s’y dépose. Qu’elle s’y étale et s’y perde
Lucide : on n’a pas le cul sorti des ronces
Des trous de semences, des coups de semonces
Méritoire : quel franc-parler, quel franc-fief !
Il traite les français de sot... En devient chef.
Agressif : tous les cons sont braves ou méchant
Certains sont présidents, les deux, cas échéant
Béat : ose tout, à ça on le reconnaît
Gros comme au milieu de la figure… un nez ?
Enthousiaste : tant de vide remplit d’espoir
L’âne n’a jamais soif mais redemande à boir’
Optimiste : perdu pour perdu on y gagne
Fataliste : on a donc voté pour un beau bagne
C’est raté cette fois, espérons en se leurrant
La défaite en chantant, la victoire en pleurant
Pédant, Naïf, Gracieux, Curieux. Ou Indulgent :
Tant de bêtise rend peut-être intelligent
Suspicieux : de guerre lasse, pourquoi, de grâce,
Avoir élu, hélas ce délégué de classe ?
Du début à la fin : bâton, carotte, fane
Comme en son mandat, il passe du coq à l’âne
#1 - Le fabuleux destin du petit amiénois
De quel faiseur de rois, quel vendeur d’âme morte
De quel pauvre diable, quel suiveur de cohorte
De quel royaume créé, quelle contrée bannie De quel pays connu, quelle époque bénie
De quel réel renié, de quelle île perdue De quel néant nié, de quelle heure indue De quel conte ou fable, quelle farce tragique, De quel grand vent mauvais, quelle pensée magique
De quel rond-point fleuri, de quel lointain giratoire
De quelle officine, de quel laboratoire
De quel enfer, de quelle damnation De quelle émanation, maculé conception,
De quel chou pollué, cette poupée gigogne De quel bec malade, ce nourrisson cigogne, De quelle basse-cour, de quel miteux chapeau
Ce lapin blanc crétin, étiré par la peau
Ce chien-loup de berger, rabatteur de troupeau
Énième Hamelin, ce joueur de pipeau,
Nous est-il envoyé ?
« Brav’gens, oyez oyez !! »
(La haine est obstacle qu’on n’ose tutoyer)
*
Il est né le divin enfant, a le trait fin Il est niais ce devin, on le devine enfin, Le nez en trompette, bien joufflu et imberbe, Les yeux écarquillés, brasse l’air, hume herbe, Et huile essentielle, poudre à perlimpinpin Tout propret dans son lange, au langage poupin Les dents rayées, le dos rond, les mots toujours creux
Intrigue et fascine les idiots, les curieux,
Se laissant envouter par un si joli minois Ô fabuleux destin du petit amiénois Prêts à applaudir quand il fait son beau rot,
À tirer ce nouveau - serait-ce un vrai robot ? -,
Pavant l’enfer, la rue, d’intention qu’on vous prête
Dedans une fabrique, un bébé éprouvette
Font d’un simple accident un prodigieux miracle
Font d’un boursicoteur un inédit oracle,
Et d’un drame font un heureux événement ? Ou est-ce incitation à un avortement ?
Et le Saint apparaît : vierge et pur, un puceau. L’âne vient d’une crèche, un veau d’or, un pourceau
Les bonnes fées se sont penchées sur son berceau
Joue ses auréoles comme avec un cerceau
Jouissant, vautré dans son enfance au nord, normée,
Nargue notre espoir morne et mort-né, vie bornée.
Et l’autre vérité ne sort pas de sa bouche À cuillère d’argent. Dans sa culotte couche
C’est le petit prince ! Il gazouille et il babille.
Mis aux nues au printemps, l’hiver vient puis rhabille...