La séance est à rôder dans les dossiers les plus reculés du disque rude. Si bien qu'il m'est arrivé de trébucher, retrouvant ce genre de peinture de plus de dix ans d'âge. Janvier 2015, semble narrer la légende du fichier. À me demander si je suis encore en possession des originaux de ces travaux...
La musique qui m'accompagne dans cette errance numérique n'est autre que celle d'Archive ; un de leurs premiers albums : Take my Head, de 1999. Avec bon goût, celui des mots tant attendus, je dirais que cela ne nous rajeunit pas.
L'année 2014-2015, aussi mitigée a-t-elle été, pour son quotidien et les souvenirs qu'il en reste, décrivait ma première année aux Arts Décoratifs de Paris. Les cours de peinture, menés avec brio par ce cher Luc Gauthier, m'ont cependant laissé une forte et intarissable impression. Parmi les meilleurs moments de cette période étudiante. Il y a une certaine joie, finalement, qui émane de ces (re)trouvailles. Si bien que le morceau s'achève sur des applaudissements.
Me faufiler dans ces dossiers, ces doublons intempestifs et absurdes au passage, tant ils décrivent combien je peux manquer de bon sens... provoque en moi une satisfaction ambivalente. Comme un effroi. De tout ce temps compacté dans un petit boîtier enveloppé d'une carcasse de plastique. Capable de faire surgir les couches de mémoire les plus infimes, avouant du même coup une présence fantomatique. Presque fragile. Du matériel immatériel. Prêt à disparaître – à commencer par un regard qui ne s'y pose plus jamais, sur cette myriade de documents, de dossiers, images, et fichiers mélodiques... Et sans doute cela en fait-il un lieu de sauvegarde encore plus précieux ; particulièrement s'il n'existe aucune copie, aucune trace par ailleurs... Radieuse considération pour ces agencements de pixels probablement uniques. Prêts à être portés disparus...
Peintures à l'huile sur papier Canson et papier Kraft ;
Année 2014-2015.









