Illustration pour La Nonne d'Eric Losfeld attribuée à Foujita
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Illustration pour La Nonne d'Eric Losfeld attribuée à Foujita
Nicolas Devil, Jean Rollin - Saga de Xam (Bande dessinée) - Eric Losfeld - 1967
Nouvelles acquisitions (Juin 2018) Rattrapage
Samedi 02.06.18 Gibert Joseph Collectif - Le livre d'or de la SF - Science-fiction soviétique Céline - Guignol's band Céline - Le pont de Londres
Boulinier Charles Juliet - Carnets de Saorge Gombrowicz - Moi et mon double - Quarto Gallimard Contient : Moi et ma Pologne (extraits de Souvenirs de Pologne) - Bakakaï - Ferdydurke - Les Envoutés - Trans-Atlantique - La Pornographie - Cosmos
Jeudi 07.06.18 Via internet Maurice Nadeau - Grâces leur soient rendues - Mémoires littéraires
Boulinier Edmont Buchet - Les auteurs de ma vie Agata Tuszynska - Singer, paysages de la mémoire Cahier de l'Herne - Borgès (Poche)
Samedi 09.06.18 Boulinier Alice James - Journal et choix de lettres Baudelaire - Curiosités esthétiques - L'Art romantique René Depestre - Bonsoir tendresse - Autobiographie Jerzy Ficowski - Bruno Schulz, Les régions de la grande hérésie
Gibert Jeune - Nouvelle Braderie, place St Michel Ann Radcliffe - Les Mystères D'Udolphe - Edition de Maurice Lévy Marcel Béalu - Passage de la bête Agata Tuszynska - La fiancée de Bruno Schulz Maurice Nadeau - Serviteur ! Un itinéraire critique à travers livres et auteurs depuis 1945 Gombrowicz - Vingt ans après, suivi de Correspondance et Une jeunesse
Gibert Joseph Eric Losfeld - Endetté comme une mule
Voilà un livre de souvenirs un peu foutraque – normal, me direz-vous, pour des souvenirs, qui reviennent souvent pêle-mêle, sans ordre et sans fin, comme disait Dylan Thomas, mais tout même... La construction du livre est un peu lâche. On passe d'une anecdote sans intérêt à des considérations politiques aussi peu captivantes, puis à des colères à relents anars (ce qui n’est pas pour me déplaire) mais j’ai trouvé la plupart de ses saillies très caricaturales. Sa haine des flics et des curés, par exemple, bien dans la lignée de son ami Benjamin Péret, et j’ai dit ici tout le mal que je pensais du personnage. Ça devient prenant quand il est question de livres, puis hélas ça retombe, avec une page sur un auteur dont on aurait pu nous épargner la biographie. Et ça oscille comme ça du début à la fin.
La grande qualité d'Endetté comme une mule, c'est que Losfeld nous donne des pistes de lectures passionnantes et j'ose à peine imaginer l'énergie qu'il va falloir déployer pour dénicher certains des livres en question ! (Au pif : de Lise Deharme : Le Téléphone est mort ; de Raymond Borde : L’Extricable ; d’André Frédérique : Les histoires blanches ; de Mario Mercier : Le Journal de Jeanne ; de Jehan van Langhenhoven : Romans d'amour fou et de mauvaise volonté littéraire ; de Fred Deux : La Gana, mais celui-là je l’ai trouvé ! Il m’a même donné envie de lire Cavanna. Et je regrette de ne jamais pouvoir visionner Ferdydurke de Georges Sebbag, dans lequel joue Losfeld, film hélas inachevé. Car la passion de Losfeld est communicative. Il la résume lui-même page 242 :
« (...) le feu sacré m'habitait alors même que le besoin d'argent se faisait sentir.»
Quel éditeur de nos jours prendrait le risque de se ruiner pour sortir un ouvrage qui lui semble indispensable ? La liste des livres que Losfeld regrette de ne pas avoir publiés, voire même sa jalousie envers les éditeurs qui les ont chopés avant lui, tout ça est très touchant.
« Pendant tout une période de ma vie, j'ai beaucoup lu, je lisais un livre par jour. Par la suite, j'ai beaucoup moins lu, parce que lorsque je lisais un livre paru ailleurs, cela me faisait rager, J'en étais jaloux.»
Losfeld a fini quasi ruiné, une part de ses gains ayant fondu en procès divers pour atteinte aux bonnes mœurs. Son catalogue, publié en fin d'ouvrage, reste impressionnant.
Des mémoires à lire, donc, malgré les défauts évoqués ci-dessus. Et si le plaisir de lecture ne vient pas de ce livre-là, il viendra de ceux qui constellent ses pages. Des phares dans la nuit.
Samedi 16.06.18 Boulinier Francis Lacassin - Les rivages de la nuit F.X. Toole - Coup pour coup
Mercredi 20.06.18 Via internet Agata Tuszynska - Une histoire familiale de la peur
Vendredi 22.06.18 Boulinier 2 - Librairie des Loisirs (16 bd St Michel) Edmond T. Gréville - Supprimé par l'ascenseur
Gréville, réalisateur méconnu, auteur des Mains d’Orlac, dont je cherche désespérement les mémoires, Trente cinq ans dans la jungle du cinéma, a un passé de poète surréaliste, ce court roman en témoigne.
Samedi 23.06.18 Boulinier Moritz Thomsen - La ferme sur le rio Esmeraldas Pierre Bayard - L'affaire du chien des Baskerville Georges Le Roy - Traité pratique de la diction française Enrique Vila-Matas - Bartleby et compagnie
Gibert Jeune - Nouvelle Braderie, place St Michel Henry Miller - L'oeil qui voyage - Récits Auguste Strindberg - Journal occulte
Mardi 26.06.18 Via internet Nina Berberova - Où il n'est pas question d'amour Jacques Sternberg - Si loin de nulle part
Mercredi 27.06.18 Via internet Léo Malet - Les enquêtes de Nestor Burma et Les nouveaux mystères de Paris Vol.1 (Coll. Bouquins Robert Laffont) Contient : 120 rue de La Gare ; Nestor Burma contre C.Q.F.D. ; Solution au cimetière ; Le cinquième procédé ; Faux-frère ; Poste restante ; Le soleil naît derrière le Louvre ; Des kilomètres de linceuls ; Fièvre au Marais ; La nuit de Saint-Germain-des-Prés ; Les rats de Montsouris ; M'as-tu vu en cadavre ?
Samedi 30.06.18 Boulinier Witkiewicz - Théâtre complet - IV Contient : L'indépendance des triangles - Grâces et épouvantails - Mr Price - La métaphysique du veau bicéphale Armand Gatti - Les cinq noms de Résistance de Georges Guingouin
Gibert Jeune - Nouvelle Braderie, place St Michel Gustav Meyrink - Le visage vert L'avant-scène Opéra n°171 - Haendel - Sémélé Marcel Béalu - Le chapeau magique - Enfances et apprentissage Jens Christian Grondahl - Quelle n'est pas ma joie
Nouvelles acquisitions (Février 2018) Rattrapage
Vendredi 02.02.18 Via Internet Boileau-Narcejac - Quarante ans de suspense - Vol.3 Bouquins Robert Laffont Contient : Delirium, L'île, Les Veufs, Récital Pour Une Blonde, Sans Atout Et Le Cheval Fantôme, Sans Atout Contre L'homme A La Dague, Trois Indispensables Alibis, Manigances, La Vie En Miettes, Trois Nouvelles Pour Le Journal Du Dimanche, Les Pistolets De Sans Atout, Operation Primevère, Nouvelles 1973-1974, Frère Judas, Scénarios non réalisés.
Boulinier Jacques Sternberg - Lettre ouverte aux Terriens Petr Kral - Les Burlesques ou Parade des somnambules
Gibert Joseph Jean Pénard - Rencontres avec René Char
(en marge de ma lecture) Déshonneur de Benjamin Péret
Moi qui, plus jeune, aimais beaucoup les poèmes de Benjamin Péret, que je trouvais souvent hilarants, je suis tombé des nues en lisant un passage terrible dans ce livre. Je savais déjà que Péret ne pouvait s'empêcher d'injurier et de gifler un prêtre dès qu'il en croisait un, ce qui rendait André Breton furieux, s'il assistait à la scène (voir les mémoires de Marcel Duhamel, p.164) et j'avais lu son texte consternant sur la vierge Marie, un flot d'insultes ordurières, la manière la plus vulgaire et stupide de combattre la religion. (A noter : Son oeuvre est truffée de références bibliques. Anecdote amusante et peut-être éclairante : Philippe Soupault raconte que Péret venait aux premières réunions des surréalistes accompagné par sa maman.)
Dans le livre de Jean Pénard, on apprend qu'à une époque où René Char fréquentait encore Péret, il se sont retrouvés ensemble, la nuit, dans une rue de Montmartre. Soudain, Péret aperçoit un chat errant, il l'attrape par la queue, le fait tournoyer et le fracasse contre un mur. « Dans une exultation sexuelle d'assassin », précise Char (p.179).
Plus tard, Péret répand des rumeurs concernant une soit-disant relation entre Char et la fameuse Gala (compagne de Paul Eluard, elle finit avec Dali (il faut le vouloir !) Aussi sec, Eluard, qui écrivit pour elle un long poème d'amour, raya le nom de Gala pour y mettre « Liberté » à la place. Amusant, non ?). Un jour, Char n'en peut plus, il prend avec lui Roger Caillois comme témoin, et se rend chez Péret. Là, il lui administre une correction, (correction que Char aurait déjà dû lui infliger lors de la Nuit du Chat.) L'autre se met à pleurnicher comme un petit garçon et promet : les ragots, c'est fini. Quelques jours plus tard, Péret fait courir le bruit que Char s'est fait assister par la police pour venir le molester.
L'éditeur Eric Losfeld, qui était pourtant l'ami de Péret, en parle comme d'un personnage compliqué. Au détour d'une anecdote (Endetté comme une mule p.43), Péret apparaît à nouveau humainement peu digne d'intérêt. Fan de jazz, Losfeld invite Sidney Béchet dans un bar et veut absolument lui présenter Péret. Celui-ci arrive avec un retard considérable. Il murmure à l'oreille de Losfeld : « encore un de ces individus qui font du bruit » et ignore royalement le musicien.
Je me demande si les jours où Péret allait chercher la fille de Losfeld à l'école, il leur est arrivé de croiser un chat errant ou un prêtre, et si le poète a réussi à réfréner ses sales pulsions devant la fillette.
J'aurais sans doute d'autres choses à dire sur ce livre d'entretiens qui, heureusement, ne consacre que trois pages à Péret.
Samedi 17.02.18 Boulinier Jochen Von Lang - Eichmann - L'interrogatoire Anaïs Nin - Cahiers secrets - Henry and June Serge Valletti - Six solos
Gibert Joseph Georges Perros - Oeuvres
On l'attendait depuis longtemps, et la parution de ce Quarto Gallimard a été longtemps reportée. Je sais, de source sûre, qu'au dernier moment, un inédit a ressurgi et qu'il a fallu attendre un peu pour pouvoir l'intégrer au recueil. Je sais aussi que le fils de Georges Perros retrouve encore des inédits de temps en temps, dans le fatras des archives de son père. C'est pourquoi le Quarto devait s'appeler Oeuvres complètes et qu'on a tranché dans le titre. Toutefois, il a fallu à un moment donné arrêter d'y coller de nouveaux papiers, sinon il ne serait jamais sorti. En l'état, on a quand même pas mal de choses (1600 pages !), dont les « Papiers collés », justement, en intégralité, avec des inédits. Un livre qu'on feuillette de temps en temps et qu'on a plaisir à avoir près de la main. J'aime beaucoup ses critiques de livres, mais plus encore ses avis sur des pièces de théâtre. De 1951 à 1963, Perros est lecteur pour le TNP de Vilar. « Souffre-lecteur », dit-il. Il lit des pièces et les juge en 2, 3 lignes, à la manière de Félix Fénéon, afin qu’elles soient jouées ou non, et Vilar semble-t-il respecte ses jugements, C'est expéditif, cruel, mais souvent très drôle, du nom des auteurs on a souvent que les initiales, ça peut se comprendre :
« L.F., Enterrons ça Oui... » « C. des P., Rien de rien Bon titre. J'y souscris. » « C.C. Fabienne (...) Je me demande de plus en plus s'il est bien raisonnable d'apprendre la langue française à tout le monde. C'est rendre bêtes de braves gens, peut-être. » « C.S., Hara-Kiri La pièce se le fait. » « M.J., Adolf Hitler et ses acolytes Vous connaissez la rue Lepeu Projetée ? Moi, pas. L'auteur y habite. Il a tort d'y écrire. » « M.C., Procès de Charlotte Corday L'auteur ne s'est pas fatigué. Tout y est, sauf lui. C'est parfois gênant. » « R.P., le faiseur de diables Mais pas de pièces. » « B.J., Ennemi où es-tu ? A Douarnenez, mais sans rancune. » « E.F., Ava, l'amour ? Non, ava pas du tout. » Etc.