« D’abord, seule la nudité de ce corps mince l’avait ébloui. L’impression avait été celle même qu’il aurait eue devant la beauté encore nette de toute sexualité d’une très jeune fille. Il avait été stupéfié, subjugué. Et c’était l’irrésistible pureté rayonnant de cette minute qui avait donné à ses rapports avec Basini l’apparence d’une inclination, ce sentiment nouveau, cette inquiétude merveilleuse. Tout le reste était d’un autre ordre. Tout le reste, il le connaissait depuis longtemps, depuis Bozena, depuis bien avant déjà. C’était la secrète et mélancolique sensualité sans objet de l’adolescent, qui ressemble à la terre sombre, humide, maternelle du printemps et à ces obscures eaux souterraines qui profitent du premier prétexte venu pour rompre leurs digues. »
—Robert Musil, Les désarrois de l’élève Törless, 1906













