La vie ne tient qu'à un fil, les rêves aussi. Né dans une famille où le foot est passion commune (son oncle et son papa ayant été footballeurs professionnels), Erivelton Paulo Da Silva, 18 ans, peut désormais être fier de lui. Il est à présent footballeur professionnel en Belgique au Saint-Trond VV (deuxième division belge), après un combat acharné contre la maladie.
Erivelton est né à Seraing, dans la région de Liège, en Belgique. Tout petit, il court déjà après le cuir. À l'âge de 5 ans, il prend sa première licence dans le club de Bievene. Comme tous les jeunes de son âge, il participe aux entraînements la semaine et aux matchs le week-end. Lorsqu'il a dix, il change de club dans le but d'évoluer à un plus haut niveau. Après deux saisons passées dans son nouveau club, on lui diagnostique une leucémie : «J'ai beaucoup pleuré, je voyais mon rêve de devenir footballeur de haut niveau se briser. Mais je voulais prouver à tout le monde que c'était possible et que je pouvais le faire. Je voulais montrer qu'on pouvait toucher le haut niveau dans le foot en ayant été malade, je suis resté 2 ans sans jouer, c'était quasi-mission impossible » confie-t-il.
"Les autres enfants se moquaient de moi, je voulais leur prouver qu'ils avaient tort."
Après ce constat médical lourd à encaisser pour un jeune de cet âge, Erivelton commence les traitements qui en découlent, il prend du poids à cause de la chimiothérapie : « Je suis retourné à l'école juste après le diagnostic, les autres enfants se moquaient de moi, j'étais devenu gros et je n'avais plus de cheveux. Moi, je ne répondais pas, tout ce que je voulais, c'était leur montrer qu'ils avaient tort ». Grâce à son courage et à sa force de caractère, le corps médical lui annonce qu'il est guéri, trois jours après le premier diagnostic. Il doit tout de même continuer son traitement pour anéantir définitivement la leucémie. "C'était un miracle, "Pour ce type de cancer, il faut au moins un mois de traitement complet en principe" commente-t-il.
Mais le sort n'épargne pas le jeune belge, puisqu'il est victime d'un AVC (accident vasculaire cérébral) pendant sa prise de traitement : « Pendant trois jours, je ne pouvais plus bouger mes jambes, j'ai vraiment cru que tout était fini pour le foot. Je n'arrivais plus à marcher, alors je me disais que c'était impossible d'envisager à nouveau taper le ballon. J'avais une veine bouchée au niveau du cerveau. Les médecins que j'ai rencontré m'ont prévenu : ça allait être très difficile pour continuer le football à haut niveau Je me suis accroché à mon rêve, je ne l'ai jamais lâché. J'ai perdu les kilos liés à ma prise de traitement, vingt en tout, en un an, j'ai d'abord commence à travailler physiquement puis techniquement, je voulais me remettre au niveau le plus rapidement possible."
Alors après toutes ces épreuves, le jeune homme est déjà mûr. "Cette maladie m'a appris que je n'avais pas le droit d'être triste ou déçu. J'arrive à présent à m'auto-motiver par rapport à ce que j'ai vécu. Je dois ma guérison à ma foi chrétienne et à mes parents, qui ont toujours été là pour me soutenir.»
Erivelton sous la tunique des diables rouges,
Un an avoir repris l'entraînement, la roue tourne enfin. Le sélectionneur belge convoque le jeune numéro 9 pour un tournoi U16 amical où il marque face à l'équipe de France (lien) avant de s'attacher ses services pour le championnat d'Europe U17 en Slovénie. Après deux saisons en équipes de jeunes, il signe son premier contrat professionnel avec Saint-Trond et adresse une belle leçon de vie à tous ceux qui doutent ou qui souffrent.