Shanks combat des créatures de pierre. Béatrice agit à ses côtés. Pour la première fois, ils ne sont plus seulement alliés : ils sont une équipe. Entre destruction et création, la vie triomphe du chaos. Et au milieu des ruines, un mystère ancien refait surface.
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Accouchement
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« Après chaque tempête, le soleil sourit ; pour chaque problème, il y a une solution, et l'âme inaliénable de l'humanité se réjouit de se frayer un chemin hors de l'obscurité, vers la lumière. » William R. Alger
Shanks et son second patientaient dans le couloir, l'atmosphère alourdie par la fumée grise de la cigarette de Beckman.
— Eh bien, quels imprévus, souffla Beckman en expirant une bouffée de nicotine.
Le capitaine, adossé à la porte, explorait le château sans effort grâce à son Haki de l'Observation. Il traquait sans relâche l'ombre de celui qui avait osé se moquer d'eux. Ses iris rouge sang, vibrant d'une rage contenue, n'attendaient qu'une chose : croiser le regard du commanditaire pour l'abattre sans pitié, en représailles de ce qu'il avait fait subir à Ambre. Même si elle était venue de son plein gré, l'idée qu'un être sans honneur s'en prenne à une femme enceinte au point de déclencher un accouchement prématuré le révulsait.
Shanks connaissait bien ce sentiment : l'envie de protéger ces femmes, non seulement parce qu'elles étaient ses alliées, mais parce qu'elles en avaient besoin et le méritaient. Elles l'avaient exprimé sans hésiter, conscientes que c'était la meilleure option.
Cependant, il se gardait bien d'admettre que, derrière ses principes, subsistait un désir plus personnel : donner à Béatrice une raison de croire en lui. Mais avant tout, ses valeurs et son code d'honneur l'imposaient : on n'abandonne jamais une femme sur le point de donner la vie.
Il songea brièvement à Hongo, leur médecin. Bien que compétent, celui-ci n'avait jamais assisté à un accouchement. Le pauvre avait affiché une panique discrète, visible seulement à ceux qui le connaissaient bien, mais il restait déterminé à aider Ambre du mieux qu'il pouvait.
La voix grave de Beckman le tira de ses pensées :
— Alors, c'est d'eux que parlaient les filles ?
Le regard de Shanks suivit celui de son second. Au fond du couloir, éclairée par la lumière blafarde de la lune qui filtrait à travers des rideaux poussiéreux, se dressait une statue de femme ailée. Sa tête était levée vers le ciel, ses mains dissimulant ses yeux. Derrière elle, cinq autres statues similaires se profilaient dans l'ombre, toutes bien plus délabrées que leur « meneuse ».
Mais ce qui les alerta davantage fut la multitude de paires d'yeux brillants dans l'obscurité, scintillant comme des étoiles mauvaises.
Shanks esquissa un sourire carnassier en croisant le regard de son ami et dégaina Griffon d'un mouvement fluide.
— Essayons de régler ça sans faire trop de bruit, lança-t-il, ses yeux virant au rouge flamboyant, brillant d'une intensité féroce, deux fois plus vive que celle de leurs ennemis.
— À vos ordres, patron, répondit Beckman en tirant son pistolet d'un geste calme mais précis, son sourire en coin trahissant son excitation.
Non loin, Ambre serrait les dents, mordant un tissu tout en agrippant fermement la main de Béatrice. Cette dernière, postée derrière elle, entourait le corps de son amie d'un geste protecteur, l'enlaçant dans une étreinte douce et berçante, ses mains dessinant de lents cercles sur son ventre tendu.
— Allez, Ambre, encore un peu de patience. Tu es à huit centimètres, la tête n'est plus très loin, l'encouragea doucement Chaïma, concentrée.
Hongo, installé à la gauche d'Ambre, finalisait la pose d'une perfusion pour maintenir la future maman hydratée et nourrie.
— Putain, celui-là est sacrément enquiquinant ! râla Ambre en jetant un œil au moniteur qui affichait les battements du cœur de son enfant. Ses sœurs, je les ai sorties en moins de trente minutes !
— C'est peut-être sa manière de se venger de tout le stress que sa mère lui a fait subir, taquina Béatrice avant de pousser un cri étouffé : sa main venait de se faire écraser lors d'une violente contraction.
— C'est le der' des der', Ambre ! pesta Béatrice, ployant sous la douleur tout en tentant de la soutenir.
Ambre, haletante, se redressa légèrement lorsque la vague de douleur passa.
— Putain de merde, ouais, c'est le dernier !
Chaïma fit signe à Hongo : la péridurale pouvait désormais être administrée.
— Alors dépêchez-vous, j'en ai rien à foutre de vos aiguilles de merde ! grogna Ambre, l'adrénaline rendant sa langue plus acérée que d'habitude.
Béatrice aida patiemment son amie à se mettre en position, dos rond, pour permettre l'injection en toute sécurité.
Alors qu'Hongo s'apprêtait à intervenir, une vibration sourde les traversa, accompagnée d'une onde de Haki des Rois. Le sol trembla brièvement sous eux.
— Qu'est-ce que... ? murmura la Shine, intriguée, en entendant du bruit venant probablement de Yasopp et Roux quittant précipitamment la suite.
Boum, Boum, Boum.
Le cœur de Béatrice s'accéléra en résonnance avec la vague de Haki des Rois qu'elle venait de sentir, avant de rapidement l'absorber pour se concentrer sur Ambre.
Hongo, malgré la perturbation, ne perdit pas son calme. Il posa le cathéter avec précision, sous les insultes énergiques mais familières d'Ambre.
Béatrice et Chaïma aidèrent ensuite Ambre à s'allonger doucement sur le dos, faisant preuve d'une efficacité silencieuse.
Le moment tant attendu était arrivé.
Shanks essuya une goutte de sueur perlant à son menton, ses yeux d'un rouge éclatant rivés sur la meneuse des anges démoniaques. Ses iris, brûlants de vivacité, contrastaient violemment avec la froideur inhumaine de la créature. Autour d'eux, les autres statues n'étaient plus qu'un amas de pierres brisées, souillées d'un liquide noirâtre qui suintait des décombres comme si la vie même fuyait leurs corps.
Sans un mot, Beckman chargea aux côtés de son capitaine. Leurs mouvements parfaitement synchronisés frappèrent de plein fouet l'ange. La lame de Shanks sectionna net l'une de ses ailes, la projetant au loin dans un claquement sec, tandis que Beckman l'écrasait d'un coup dévastateur. À cet instant, Yasopp surgit et ajusta son tir : d'une balle précise, il pulvérisa l'une des jambes de pierre de la créature, la faisant éclater à l'impact.
Pourtant, malgré la violence de l’assaut, les yeux de l’ange se firent plus intenses, défiant sans ciller celui du rouquin. Shanks ne détourna pas les yeux. Dans ce face-à-face muet, l'air sembla se raréfier, chaque souffle suspendu. Le pouvoir démoniaque de la statue affrontait l’un des Haki des Rois les plus redoutés de ce monde.
Et il n'y eut pas de suspense. Peu à peu, des fissures serpentèrent sur le visage de l'ange d'argile, sa détermination se brisant sous la pression écrasante. Dans un ultime craquement, son corps céda, s'effondrant en une pluie de fragments épars.
Alors que le silence retombait, un cri déchira l'air, pur et vif.
La vie venait d'éclore au cœur de ce château d'horreur.
Un sourire fendit le visage de Shanks. Il échangea un regard complice avec ses hommes. Tout ceci se terminerait sur une note lumineuse.
— Voilà une magnifique petite fille, annonça Hongo en déposant délicatement la nouveau-née sur la poitrine de sa mère épuisée.
— Bonjour mon cœur... bienvenue, ma petite merveille, murmura Ambre, la voix tremblante d'émotion.
Les yeux d'Ambre s'embuèrent tandis qu'elle découvrait sa fille, minuscule et encore toute frémissante d'être arrivée dans ce monde de fous. À peine née, la petite ouvrait déjà les yeux, cherchant instinctivement le visage de sa mère, ses petites mains s'agitant maladroitement en quête de contact. Ses joues rosies par l'effort brillaient encore de larmes.
Ambre déposa un baiser tendre sur le front de son bébé. À cette caresse, un petit gémissement s'échappa de la fillette, et, par un réflexe inné, Ambre la rapprocha doucement de son sein. La petite se mit à téter, comme si ce geste lui avait toujours été familier, profitant de la chaleur et de l'odeur réconfortante de sa mère.
Dans cette bulle fragile, tout ce qui se passait à l'extérieur semblait si lointain. Les beaux yeux verts de la petite, reflets de ceux de sa mère, papillonnaient doucement, ses minuscules mains s'accrochant à la peau qui l'avait portée pendant neuf mois, refusant déjà toute séparation.
Une larme roula sur la joue d'Ambre, vite essuyée par le doigt léger de Béatrice, elle-même émue aux larmes.
— Elle est adorable, Ambre... souffla Béatrice, la voix tremblante. T'es vraiment la meilleure.
Ambre lui rendit un sourire éclatant, incapable de retenir les torrents d'émotion qui déferlaient en elle.
— Merci, Béa... pour tout.
— Oh non, ta mère, tu n'as pas le droit de me faire pleurer, grogna tendrement Béatrice en reniflant. Merci à toi, pour tous ces moments... Vous êtes ma famille.
Reportant son regard sur sa fille qui avait fini de se nourrir, elle lui caressa tendrement la joue, essayant de repousser les larmes qui l'empêchaient d'observer sa petite dernière.
Après un moment suspendu entre mère et enfant, elle leva les yeux vers Béatrice.
— Prends-la. Je veux que le deuxième peau à peau soit avec toi... Et puis, je crois que je dois encore être auscultée, pas vrai ? lança-t-elle en adressant un regard entendu à Hongo, toujours attentif à ses côtés.
Béatrice resta figée un instant, clignant rapidement des yeux avant que son cerveau ne percute. Dégrafant le haut de son manteau, elle dévoila sa poitrine et, avec une douceur inattendue, prit la nouveau-née contre elle. Elle cala la petite peau contre peau, puis, de son bras libre, attrapa une couverture propre pour préserver un peu de pudeur. Une larme silencieuse coula sur sa joue tandis qu'elle découvrait à son tour cette petite vie blottie contre elle. Comme avec Ambre, la fillette se colla instinctivement à cette nouvelle chaleur, enregistrant cette odeur, cette présence rassurante.
Chaïma quitta la chambre pour prévenir l'équipage. Quelque temps plus tard, Béatrice sortit à son tour, Cassiopée blottie contre elle.
Dans le salon, tous s'étaient rassemblés. La tante de Béatrice se leva aussitôt du canapé, les mains jointes devant ses lèvres, les yeux humides. La femme de Simon se pencha, émerveillée, pour observer la petite qui papillonnait des yeux, curieuse de ce nouveau monde.
Les pirates s'étaient levés. Leur capitaine s'avança, intrigué, un sourire attendri aux lèvres.
— Je vous présente Cassiopée, annonça fièrement Béatrice.
Ambre avait choisi ce nom une nuit où les étoiles semblaient s'être figées, dessinant la constellation la plus pure et lumineuse qu'elle ait jamais vue.
Shanks fit les derniers pas pour mieux observer la petite tête qui s'agitait, tentant déjà de lever les yeux vers lui. À l'apparition du rouquin, les yeux du bébé semblèrent capter un éclat rouge, sans doute la flamboyance des cheveux du capitaine.
À la surprise générale, ce fut Yasopp qui s'avança ensuite, l'air étrangement ému. Béatrice, se souvenant qu'il était père, lui tendit silencieusement le bébé. Touché, Yasopp la remercia d'un murmure avant de prendre Cassiopée dans ses bras, la calant avec un naturel déconcertant. Instinctivement, il se mit à la bercer, déclenchant une vague de rires et de taquineries chez ses compagnons.
Réajustant son manteau, Béatrice se tourna vers Shanks, prête à poser la question qui brûlait ses lèvres. Mais elle savait qu'ils auraient tout le temps pour ça une fois sortis d'ici. Pour l'instant, ce moment était dédié à la vie, à la famille... et à Cassiopée.
— Vous vous êtes battus contre les anges pleureurs ?
— Ouais. La femme ange dont tu nous avais parlé, c'était la plus coriace, confirma le capitaine.
Chaïma prit à son tour Cassiopée et la ramena à sa mère ; les deux avaient besoin de repos et surtout, de rentrer. Pendant ce temps, Béatrice déplia la carte sur une table et l'examina avec concentration. Elle cherchait un endroit qu'elles n'avaient pas encore envisagé... Et soudain, une idée jaillit.
Elle attrapa le plan du grenier et le pointa du doigt :
— Si j'étais un enfoiré qui nous observait en cachette, ce serait ici que je me planquerais.
Beckman, Shanks et Limejuice s'étaient rapprochés, les yeux rivés sur l'endroit qu'elle désignait.
— Je vais y aller, annonça-t-elle.
Elle se tourna vers Lime Juice :
— Tu as réussi à joindre les tiens ? demanda-t-elle à Limejuice.
Celui-ci secoua la tête, d'un air abattu.
— Normalement, Simon ne devrait plus tarder. Voilà ce que je propose : un groupe reste ici, un autre couvre l'entrée principale, et j'irai inspecter le grenier.
L'Empereur fronça légèrement les sourcils, mais ne dit rien tout de suite. L'idée était bonne, ils ne pouvaient se permettre de rater un éventuel renfort. Cependant...
— Je t'accompagne, finit-il par dire. Gab, Beck, Juice : en bas. Les autres restent ici. Toi et moi, on monte.
Derrière elle, Beckman lança à son capitaine un regard lourd de sens, comme pour dire : « Je ne sais pas ce que tu mijotes, mais ne fais pas de connerie. »
Béatrice avertit ses proches et Hongo, puis rejoignit le rouquin.
— Shanks ? appela-t-elle en se tournant vers le groupe chargé de surveiller l'entrée.
— Allons-y, acquiesça-t-il simplement.
Les cinq descendirent jusqu'à l'entrée sans difficulté.Arrivés devant les grandes portes, les trois pirates les examinèrent à nouveau. Toujours rien.Même les coups les plus violents ne laissaient aucune trace.
Un frisson glacé parcourut l'échine de Béatrice lorsqu'un levier s'activa brusquement à sa droite. Elle tourna immédiatement le regard vers le faux mur qu'elles avaient emprunté plus tôt. Avec horreur, elle vit le levier s'abaisser... tout seul.
Elle hésita à avertir les autres, mais n'en eut pas le temps. Des iris luminescents la fixaient déjà depuis l'ombre.
— Là-bas, il y en a quelques-uns, lança-t-elle en attirant l'attention sur les nouveaux monstres.
Comment la femme ange avait-elle réussi à passer seule, laissant les autres derrière ? Béatrice sentit du mouvement autour d'elle, mais garda son regard rivé sur les créatures, clignant alternativement des yeux pour ne jamais les quitter du regard. Peu à peu, elle réalisa l'intensité de la pression psychique exercée sur elle : une volonté étrangère tentait de s'immiscer dans son esprit.
Dans d'autres circonstances, n'importe qui se serait évanoui. C'était ce que pensa l'Empereur en observant la détermination de la Shine, tandis que Limejuice s'empressait de remonter le levier pour refermer le passage. Elle ne possédait peut-être pas le Haki de l'Observation, mais sa volonté était inflexible. Shanks supposa que même son Haki des Rois ne l'affecterait pas autant que les autres.
Lorsque le mur se referma, Béatrice reprit son souffle. Elle bouillonnait de colère. Quelqu'un, quelque part, avait osé les sous-estimer. Une faible lueur attira son attention : une caméra.
Elle fixa l'objectif en entrouvrant sa barrière mentale pour laisser filtrer sa rage. Ses yeux brillèrent d'un éclat meurtrier. Ses lèvres bougèrent, muettes.
« Je vais te chercher. Je vais te trouver. Et je te tuerai. »
Elle se tourna brusquement vers Shanks, la fureur dans le regard.
— Allons-y, lâcha-t-elle, le regard fixé sur le mur.
Sans attendre de réponse, ses pas la menèrent vers la cuisine, son visage trahissant sa colère maîtrisée.
— Rendons à ce connard la monnaie de sa pièce.
— Avec grand plaisir, répondit-il avec un sourire amusé.
Le rouquin envoya balader le couvercle du monte-charge afin de pouvoir monter par l'échelle de secours se trouvant à l'intérieur et monter directement au dernier étage, inaccessible par les escaliers. L'idée de savoir comment le manchot allait monter avec un seul bras la traversa, mais elle décida cette fois de lui faire confiance et passa devant lui. L'endroit était étroit pour Shanks, qui grommela en sortant une fois arrivé.
Béatrice laissa un sourire en coin apparaître en voyant l'homme de presque deux mètres galérer à sortir.
— Au lieu de rigoler, ça te traverserait l'esprit de m'aider ? dit-il avec un ricanement jaune.
— Je suis trop occupée à te regarder, répondit-elle, moqueuse.
Il lui lança un regard qui voulait dire « Tu vas voir quand ce sera ton tour », ce qui faillit la faire éclater de rire. Mais elle se contenta d'esquisser un sourire amusé en ravalant son fou rire par pure compassion pour sa dignité de pirate légendaire.
Une fois debout, tous deux observèrent le dernier étage. Les fenêtres étaient scellées, la poussière recouvrait les meubles et un silence pesant régnait. Tout semblait figé dans le temps.
— C'est terriblement silencieux, murmura Béatrice, comme si elle craignait de briser l'immobilité des lieux.
Effleurant les briques du mur, ses doigts pressèrent involontairement un renfoncement.Un déclic résonna à travers la pièce. Elle tourna les yeux vers Shanks.
— Je crois que j'ai trouvé quelque chose.
Mais elle n'eut pas le temps d'en dire davantage. Un grondement se fit entendre, suivi d'un souffle glacial. Les portes du couloir à leur droite s'ouvrirent avec lenteur, libérant une nouvelle salve d'Anges Pleureurs.
— Encore ?! s'écria-t-elle, agacée.
Un panneau coulissa juste devant elle, dévoilant un clavier intégré au mur. Un message clignotait : « Code de libération : reconstituez le symbole. »
— Occupe-toi du clavier. Je m'occupe d'eux, ordonna-t-il, tandis qu'il dégainait son sabre.
Pendant un bref moment, Béatrice fut incapable de détourner son regard de son partenaire tant son aura avait pris une tournure froide et dangereuse. Néanmoins, elle se concentra aussitôt sur la nouvelle énigme, assez simple en apparence : elle devait ajouter les composants pour reproduire un symbole entier à l'aide des différentes parties disposées sur le clavier, dans un ordre précis.
Derrière elle, Béatrice sentit une décharge d'énergie la traverser : le Haki royal. Il emplissait la pièce comme une tempête silencieuse. Son âme réagissait, fébrilement. Shanks, quant à lui, faisait barrage aux Anges Pleureurs, les retenant de toutes ses forces pour lui laisser le temps nécessaire de résoudre l'énigme. Il parait les attaques avec facilité sans laisser aucun adversaire approcher à moins de quelques mètres d'elle.
Une fois le dernier symbole entré, une porte s'ouvrit silencieusement. Béatrice se retourna pour l'annoncer à son coéquipier temporaire.
Cependant, en se tournant vers lui, elle fut frappée de stupeur.
Devant elle, Shanks le Roux, un homme réputé pour sa puissance, combattait avec une grâce et une précision époustouflantes. Bien qu'elle ait souvent entendu parler de sa force légendaire, c'était la première fois qu'elle le voyait vraiment en action. Son sabre scintillait sous la lumière de la lune en traçant des arcs argentés dans l'air tandis qu'il fendait les Anges Pleureurs avec une agilité presque surnaturelle. Chaque mouvement était exécuté avec une telle maîtrise qu'il ne laissait aucun doute sur toutes les batailles qu'il avait vécues.
Béatrice, fascinée par la scène, ressentait une admiration grandissante pour le pirate. La détermination et la finesse dont il faisait preuve ne faisaient que renforcer son respect pour lui. Elle resta immobile, incapable de détourner les yeux, absorbée par la puissance et la brutalité de son combat.
Très vite rattrapée par la réalité, elle devait l'appeler pour qu'ils puissent décamper et régler son compte à celui qui s'était amusé à leurs dépens.
— Shanks ! cria-t-elle par-dessus le fracas des lames. La porte est ouverte !
Sans un regard vers elle, le pirate aux cheveux rouges recula avec adresse jusqu'à la rejoindre. Béatrice surveillait les monstres depuis l'orée de la porte en attendant patiemment qu'il entre en premier. Après le son bien connu du métal, une main attrapa doucement son coude en la guidant précautionneusement en arrière. Enfin, en une fraction de seconde, la femme claqua la porte avec force et la barricada fermement.
En se retournant, elle découvrit son partenaire déjà en haut des escaliers, sa main posée sur la garde de Griffon.
— La voie est libre, annonça-t-il.
Ils débouchèrent sur un ultime couloir. Au fond, une porte sans fenêtre. La lumière peinait à filtrer autour de son cadran.
— Tu vois quelqu'un ? chuchota Béatrice en le rejoignant.
— Non. Soit il est parti, soit il se cache extrêmement bien.
Et la dernière option lui était impossible : il possédait le Haki de l'Observation avancé et aucune présence ne pouvait lui échapper, mis à part certaines particularités...
— Voyons comment ouvrir cette porte... murmura Béatrice, pensive.
— Tu permets ?
— Hum ? fit-elle en lui laissant la place.
D’un puissant coup de pied, la porte vola en éclats. Béatrice resta hébétée une seconde avant de le suivre dans la pièce.
— Peu conventionnel, mais plutôt badass, commenta-t-elle, amusée, en le suivant dans la pièce.
La pièce avait tout l'air d'une salle de sécurité de taille convenable, abritant une dizaine d'écrans changeant régulièrement d'affichage et représentant les différentes pièces du château. Ils avaient été bel et bien espionnés depuis le début.
— Tout porte à croire que notre rencontre ici n'était pas le fruit du hasard, déclara la femme en soulevant un petit cahier.
À l'intérieur : des phrases décousues. « Lune obscurcie, vrai ciel volé » ; « Cette hérésie entrave notre conquête. ». Une en particulier capta son attention :
— « Que les pourvoyeurs des Dieux en leur qualité d’esclaves des Rois meurent tous. »
— Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? demanda Shanks, lisant par-dessus son épaule.
Brusquement, l’attention de Béatrice fut attirée, non : aimantée, par un objet en particulier. Déléguant le carnet au pirate, elle s'approcha d'une broche bien spécifique.
— La voilà.
Shanks releva son regard rougeoyant du calepin vers sa partenaire. Celle-ci prit un étrange bijou au creux de sa main. En apparence, la broche ne possédait rien d'exceptionnel. Toute personne ne disposant pas d'expérience ou de sensibilité psychique serait passée à côté de l'énergie étrange qui émanait de la broche.
— C'est l'objet volé à ta famille ?
Obnubilée par sa trouvaille, elle avait oublié la présence du pirate. Elle rangea vivement l'objet et se retourna vers lui.
— Tout à fait, nous ne serons pas venus pour rien pour ma part.
L'Empereur pirate ne releva pas l'attitude suspicieuse de son alliée et décida de passer outre : ils devaient absolument partir d'ici.
— Je suppose que c'est ça... marmonna Béatrice.
Béatrice analysait çà et là les différents boutons du poste de surveillance. Elle retrouva le secteur de la cuisine avec le piège où ils avaient failli finir, ou encore les mécanismes de différentes portes secrètes, dont celle qui s'était ouverte sur les anges pleureurs.
— Quel malade a imaginé tout ça ? se demanda la fille de William en se relevant.
— Quelqu'un qui voulait nous tester ou obtenir quelque chose de nous, supposa Shanks en désignant un interrupteur. Tiens, la porte d'entrée.
Il l'actionna. Le voyant vert s'éteignit.
— Parfait. Rentrons en un seul morceau, déclara Béatrice en se dirigeant vers la sortie.
Avant de quitter la pièce, elle attrapa le cahier et fit signe au pirate. Celui-ci remarqua alors un bouton rouge.
— « Autodestruction », lut-il à voix haute.
— Charmant... « Éradication trente minutes après activation. » Attends...
Brusquement, un détail glaça le sang de la femme : ce voyant était allumé et, plus important encore, un minuteur était en cours, affichant quinze minutes en haut du dernier écran.
— Bordel, Shanks, il faut évacuer tout le monde !
Instantanément, le Roux comprit la situation et se mit à courir derrière la blanche qui s'était précipitée vers la sortie.
Bien plus vite qu'à l'aller, Béatrice dévala l'échelle en silence. Shanks, lui, fit trembler le sol en atterrissant. Elle se retourna pour lui adresser une expression lasse, un sourcil à peine relevé. Il lui répondit d'un clin d'œil avant de la dépasser.
Arrivés devant le hall d'entrée, ils purent souffler en voyant son équipage et les deux femmes dehors qui les attendaient. Ambre dans les bras de Gab, Cassiopée, enveloppée dans les bras de sa mère.
— Partons vite, appela Béatrice, retenant l'attention des personnes présentes, le château est sur le point d'être détruit !
Cette fois, sans demander confirmation à leur capitaine, les hommes se mirent immédiatement en route vers leur navire. Shanks rattrapa rapidement la tête de marche tandis que la blanche se mettait au niveau de sa tante.
Par chance, non seulement le chemin jusqu'au port abandonné était simple à emprunter : ce que Béatrice ne releva qu'à cet instant comme étant étrange. Mais le plus énigmatique survint lorsque la détonation retentit. Le capitaine pirate s'était instinctivement rapproché des deux femmes pour les protéger, mais l'explosion n'engloba que le château, comme si elle avait été soigneusement contenue. De là où ils étaient, arrivés au port, ils pouvaient constater que la bâtisse avait disparu, laissant derrière elle un voile noir.
— Montez. On vous dépose sur l'île de Simon, proposa Shanks en se tournant vers les trois femmes.
Assise sur un banc, Ambre berçait sa fille, son regard ancré sur les cendres du château. Chaïma et sa nièce sentaient les regards interloqués des autres membres de l'équipage depuis la balustrade. Mais Béatrice hésitait. Elle ne voulait pas partir maintenant. Simon devait bientôt arriver...
— Je te remercie pour ta proposition et l'aide que vous nous as apportée, mais j'ai bien peur de devoir décliner. Simon ne va pas tarder, refusa poliment Béatrice en s'attirant des regards déçus de la part de certains lieutenants.
— Très bien. On se reverra bientôt, non ? demanda-t-il, sincèrement.
— Oui... au mariage de Liam.
L'événement approchait à grands pas. Et avec lui, la révélation inévitable de son lien avec les Kamuku. Une vérité restée trop longtemps dans l'ombre.
— Dans ce cas, au revoir, dit Shanks en fixant l'horizon.
Le Red Force s'éloigna jusqu'à ne plus être qu'un petit point à l'horizon. Cassiopée babilla dans les bras de sa mère après avoir, elle aussi, refusé d'autres soins de la part de Hongo.
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— Putain... c'est enfin fini, souffla Béatrice en s'écroulant au sol.
Sa meilleure amie et sa tante la regardaient avec le même air soulagé : leurs péripéties étaient enfin terminées.
— Je vais me faire engueuler en rentrant, non ? soupira-t-elle.
— Oh que oui, en commençant par une mise à pied de toute activité à visée professionnelle jusqu'à nouvel ordre ! gronda la blanche à l'apparence ensorcelée.
Chaïma observa les cheveux de sa nièce. Sans l'enchantement, ils étaient identiques aux siens, tout comme ceux de Soan. Leurs traits, la couleur de leur peau... tout concordait avec l'ascendance Kamuku. Le contraste allait surprendre plus d'une personne.
— Tu pourras demander à Mel' d'annuler son sort d'apparence.
Béatrice attrapa une mèche en observant également sa couleur de peau. Seuls ses yeux n'avaient jamais pu être modifiés... pour une raison qu'elle ignorait encore.
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S'ensuivirent des retrouvailles pleines de larmes, de colère, de peur... et surtout, de joie.
Ils faisaient route vers l'archipel des Muses, sur l'île de Boapa, où le deuxième fils de William allait épouser la fille d'un membre de l'équipage de Shanks.
Béatrice allait enfin revoir ses frères, rencontrer Marco, et surtout, révéler à Shanks qu'elle était une Kamuku.
Une chose était certaine : cette branche de la famille avait autant de secrets que celle des Shine.
De quoi donner bien des migraines à Béatrice...
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Imperious, bitter and cruel, Puriel was chosen to remain on Tenebris and ensure that the Hellkin never escape. She stands 15 ft tall and wields lightning, a bladed spear, and razor-sharp wings.
I'll finish colouring the background someday, but for now I hope you like what I have so far!
Sir Nigel John Dermot "Sam" Neill (14 September 1947 – 13 July 2026) was a New Zealand actor and entrepreneur. His career, which spanned over five decades, involved leading roles in both independent films and blockbusters, including as Dr Alan Grant in the Jurassic Park series of films. Considered an "international leading man", he was regarded as one of the most versatile actors of his generation.
Born in Northern Ireland to an English mother and a New Zealand father, Neill moved to Christchurch with his family in 1954. He first achieved recognition with his appearance in the film Sleeping Dogs (1977), followed by leading roles in My Brilliant Career (1979), The Final Conflict, Possession (both 1981), Attack Force Z (1982), Evil Angels (also known as A Cry in the Dark) (1988), Dead Calm (1989), Death in Brunswick (1990), The Hunt for Red October (1990), The Piano (1993), In the Mouth of Madness (1994), and Event Horizon (1997). He came to international prominence as Dr. Alan Grant in Jurassic Park (1993), a role he reprised in Jurassic Park III (2001) and Jurassic World Dominion (2022).
Outside film, Neill appeared in numerous television series, including The Tudors (2007), Crusoe (2008–2010), Happy Town (2010) and Alcatraz (2012). He also starred as the eponymous Sidney Reilly in Reilly, Ace of Spies (1983) and Merlin in Merlin (1998) and Merlin's Apprentice (2006), and as Major Chester Campbell in the first two series of Peaky Blinders (2013–2014). Additionally, he presented and narrated several documentaries.
Neill was the recipient of the AACTA Award for Best Actor in a Leading Role, the Longford Lyell Award, the New Zealand Film Award, and the Logie Award for Most Outstanding Actor. He also received three Golden Globe and two Primetime Emmy Award nominations. He won the Silver Logie for Most Popular Actor at the 2023 Logies.