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Fayard
The Nicholas Brothers photographed in 1940.
34 Minutes
Moffman by @littlewildgirl17
« 62. Disneyland du désastre
Donc, c'était la crise. Le mot n'était pas nouveau, mais jusqu'ici avait davantage été employé pour qualifier nos caprices d'adolescents. Sauf que là, non, ce n'était pas un caprice, pas un délire puéril, pas une lubie, mais une crise tous qu'il y a de plus sérieux, une crise d'adulte — de celles face auxquelles on fronce les sourcils et l'on se tait, l'air contrit.
Au début, nous peinions à prendre cet air ; même en nous appliquant, nous ne comprenions rien à ce mot qui nous faisait rire. La crise paraissait très abstraite : d'intimidantes majuscules sur des journaux, des courbes descendantes et des graphiques rouges, des menaces de grande souffrance, et pourtant tout qui, à nos yeux, continuait à peu près comme avant — à ceci près que les discussions de nos aînés étaient désormais investies par un étonnant champ lexical aquatique. Ils parlaient de bulles financières et puis de fonds spéculatifs, évoquant chez nous un univers bleuté et rempli d'animaux amphibies tenant les comptes de la planète ; ils évoquaient de « grands kracks » aussi, et tout cela se changeait dans nos têtes en des chutes d'avions comparable à celle du 11, sauf que, au lieu de finir leurs courses dans les Jumelles, les machines aériennes s'écrasaient sur des banques ou des bourses, et tous ces termes alarmants répétés par des voix inquiète dessinaient dans notre inconscient un paysage fantastique et ténébreux, une vallée tout aussi abstruse qu'inquiétante : un Disneyland du désastre.
« C'est la fin de la croissance », entendait-on à intervalles réguliers vers nos 12 ou 13 ans, âge où nous y étions pour notre part plongés à plein. Après l'Histoire, l'Amour, Dieu et tout le reste, c'était donc à ce qui croît de mourir. Qu'à cela ne tienne, d'autres avant nous s'en étaient passés, et à leur image nous ferions sans. On n'espère pas grand chose de ce que toute son enfance on a vu à l'agonie. Du moins, c'est ce que nous concluions pour nous-même, dans le silence de notre vie intérieure encore mal articulée. En surface, c'était autre chose : il nous avait fallu apprendre à nous recueillir face à l'air sérieusement pénétré des figures d'autorité qui, à la télévision, s'évertuaient à nous faire comprendre que la politique désormais se confondait avec l'économie et que, si à l'économie nous ne comprenions rien, alors, pour nos vies, ne pouvions plus rien. Un temps, nous n'avons plus essayé de pouvoir ; nous étions sans colère alors que nous étions jeunes, et ce, non par déficit d'énergie, mais parce que nous nous figurions – à tort ou à raison – que ce qu'on éprouvait en dedans n'avait rien à voir avec les figures qui paradaient au-dehors. Le monde que nous habitions intimement avait divorcé du monde officiel des adultes, celui où des experts disséquaient la crise sans nous toucher, avec des regards fuyant et des termes lointains. La fin du monde était, pour nous, la fin de leur monde, un monde auquel en effet nous ne pouvions rien, mais dont nous portions tout de même les drôles de stigmates — Nul n'est une île, écrivait John Donne, et personne ne vit tout à fait hors de son temps, pas même un adolescent. «
(Catastrophe, La nuit est encore jeune, éditions Fayard, septembre 2017)
Argentina! We had a wonderful...I said a wonderful time!! You know I couldn't leave without doing a little shuffle "Down Argentine Way." Until next time...We out!! 🙏🏾🇦🇷❤️ #BuenosAires #Argentina #DownArgentineWay #Harold #Fayard #TheNicholasBrothers #Tap #Dance #TapDanceEverywhere #PeaceAndLove (at Palermo Soho)
Julia KRISTEVA, Thérèse mon amour, récit, « Sainte Thérèse d’Avila », Fayard, 2012.
Une chronique de Daniel ILEA Sainte Thérèse et Sylvia l’athée Le récit-fleuve Thérèse mon amour 1 de Julia Kristeva nous révèle un corps-âme fait pour baigner, pour se couler dans les eaux vives de l’amour – on a envie de dire : grand dommage qu’une telle capacité d’aimer se soit déversée dans la mystique ! La paranoïa de l’amour christique, une « heureuse folie » ?! L’extase : « Une étincelle…
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