Oui, je sais, beaucoup de journées sont trop riches ici et il faudrait des jours pour emmagasiner les informations, avis et qualités esthétiques contenus ici en un jour. Mais on peut toujours scroller, ou faire des screenshots.
On finit la journée avec ce magnifique texte, remarquable rappel à une des bases de la vie libre, non manipulée, et qui prend son temps. Buenas noches !!
Basile Pesso, Freeland, 10 août 2 018, 1e diffusion ce jour-là (Fb)
Addendum aujourd’hui 13 août : on ne finit pas la journée du tout ici : c’est la rediffusion du texte originel.
"Pour vendre un produit ou vanter ses mérites, plus la peine de se casser la cervelle à trouver le besoin auquel il répond. Il n'est pas davantage nécessaire que le produit possède des qualités qui légitimeraient son utilisation, sa mise en marché, sa vente et son achat. La nouveauté: slogan de vente et mentalité d'achat.
Ce culte de la nouveauté est ancré au plus profond de la culture occidentale, en particulier depuis le XVIIIe siècle."
"Loin d'appartenir au passé, cette vision de l'histoire nous colle à la peau quotidiennement. Nous l'avons si bien intériorisée que la majorité des individus la perçoivent non plus comme une idéologie, une façon de percevoir le changement, mais plutôt comme une «évidence», comme allant de soi. Changer, c'est évidemment toujours pour le mieux.
Les produits de consommation n'ont même plus à répondre à des besoins précis ou à posséder de véritables qualités. La nouveauté nous est présentée comme une qualité en soi. Si c'est nouveau, c'est évidemment bon et, surtout, meilleur que ce qui est plus ancien. Vous le savez bien, une société de production et de consommation de masse a besoin de toujours créer des choses à vendre."
(...)
"Ce n'est pas l'apologie d'une stagnation, encore moins d'un traditionalisme ou d'un conservatisme. C'est plutôt un rappel, aujourd'hui nécessaire, que le culte du nouveau et du progrès colle à l'Occident depuis près de trois siècles. Il est devenu de plus en plus sournois. Il ne s'agit en effet plus, en tant que tel, du progrès que l'homme peut accomplir en recourant à son intelligence et à sa capacité à cogiter. Et ce mythe du progrès de l'humanité, autrefois l'apanage des intellectuels, touche désormais les sphères de notre vie quotidienne: consommation, modes de vie, opinions, etc.
On dit parfois que toute société repose sur des croyances et sur des mythes. Le mythe sur lequel repose le culte du nouveau est à l'évidence celui du progrès et de l'esprit scientifique."
Article de Dominic Leblanc dans Le Devoir, 10 juillet 2 017 : “Le culte de la nouveauté”