L’espace euclidien est-il la vi(ll)e perçue par les planificateurs?
Oui, je le pense. Mais Le Fugitif en tant qu’espace non euclidien gagne lui aussi en valeur. Autrement dit, la dérive situationniste du fugitif accompagne le fonctionnalisme des planificateurs. Pourquoi?
Parce que la ville, en s’étendant, provoque des déplacements (mutabilité urbaine). D’où le jeu du taquin, la permutation de X, et l’objet = X (Deleuze et Guattari).
De ce fait, la ville devient un espace de jeu que Le Fugitif illustre parfaitement. Ainsi, jour après jour, en accumulant les mouves, le jeu constitue un patrimoine numérique qui, tôt ou tard, fera l’objet d’une étude, d’une investigation ou d’une recherche (locale, nationale ou internationale). Ce n’est qu’une question de temps…
Les poursuivants verront que l’univers du Fugitif en tant qu’égrégore illustre l’architecture de l’impossible d’ALT 236. D’où notre approche multi-scalaire et multi-dimensionnelle, que nous associons au diagramme. Par conséquent, couche après couche, le jeu fera l’objet d’une analyse archéologique ou archéologie du savoir (Michel Foucault).
C’est ainsi que je constate que le schizoanalyste que je suis, à Lausanne, est aussi un archiviste. En effet, en tant que notable, les gens me mobilise comme un bureau des plaintes, pour me transmettre leurs doléances à l’encontre de l’État-providence. On comprend, dès lors, que mon savoir est un contre-pouvoir. Cela est d’autant plus intéressant qu’à travers mon exclusion initiale, la Suisse m’a constitué en représentant officieux de la Chine. C’est pourquoi, en recourant à mes offices, les fugitifs s’installent dans un rapport client-patron vis-à-vis de la Chine par mon intermédiaire. D’où l’imperium de la Chine ou la PAX SINICA, c’est-à-dire l’identité politique inclusive de la Chine contre l’identité politique exclusive de l’Occident.
L’occasion se présentera où je parlerai de technopolitique.
Capitaine Train ou comment le design renverse même les géants
Capitaine Train est une start-up française consacrée à la vente en ligne de billets de train. Son application mobile disponible sur Android et iOS permet d'acheter les billets de plusieurs compagnies européennes aux tarifs fixés par celles-ci. Fondé en 2009 à la suite de l'ouverture de la vente en ligne de billets SNCF à d’autres sociétés, le service compte aujourd’hui plus de 800 000 utilisateurs.
Une promesse : vous allez aimer acheter vos billets de train
Capitaine Train poursuit un objectif simple : faire gagner du temps à ses clients. Ces derniers peuvent préparer leur voyage et acheter leurs billets en un temps record. Les tarifs sont identiques à ceux pratiqués par la SNCF : il n’y a pas d’abonnement ni de frais d’agence à payer.
Sensation viscérale
Au premier abord, l’application inspire simplicité et clarté. Son icône représentant un wagon noir sur fond blanc ne laisse aucun doute sur son domaine d’activité : le transport ferroviaire. Dès l’ouverture de l’application l’utilisateur entre dans un univers épuré et ludique. Au centre de l’écran, les 5 atouts et fonctionnalités principales sont expliqués par de petits dessins accompagnés de textes (scroll de droite à gauche) :
- La meilleure solution pour réserver vos billets de train. Plus fiable, plus économique
- Rechercher tous vos trajets en France et en Europe
- Enregistrez toutes vos cartes une fois pour toutes
- Retrouvez vos billets sur votre mobile
- Recevez le quai de votre train en temps réel
Seuls deux boutons, en bas de l’écran et bien différenciés par des couleurs permettent soit de s’inscrire soit de se connecter.
Home page et interactivité
Une fois passée l’étape de l’inscription (4 champs requis seulement ou via FB/Google+) ou de la connexion, la home page apparaît. Toujours aussi épurée, elle est composée de 5 champs à remplir (lieu de départ, lieu d’arrivée, date d’aller, date de retour et passagers). Le design sert parfaitement la fonction : réserver le plus rapidement et simplement un billet de train. En bas les trois onglets principaux de l’application son affichés : la recherche (qui constitue la home), le panier, et les billets. Cette home page met la fonction au cœur de l’application et me paraît très complète puisqu’elle permet d’accéder rapidement à toutes les fonctionnalités. Le parcours utilisateur est bien optimisé.
Navigation et répartition contenus/fonctionnalités
Bien qu’il y ait de nombreuses fonctionnalités (choix des lieux de destination, des dates, des passagers, des cartes de réduction, puis du billet à acheter...), l’application réussie à avoir une navigation intuitive, fluide et efficace. Surtout Capitaine Train prend le contre pied de la SNCF : pas de pub, pas d’annonce colorée, pas de flash intempestif. On est face à une expérience simple et apaisante, idéale pour choisir le bon billet. La réservation d’un billet se fait en moins d’une minute.
Composants d’interface
Les composants d’interface sont surtout des éléments simples : champs texte ou larges boutons. La time line présentant tous les billets sur le jour choisi est particulièrement intuitive et pratique (avec toujours ce scroll de droite à gauche).
Eléments linguistiques utilisés
Un langage simple est utilisé, l’application montre ici encore sa recherche d’efficacité. Elle se permet aussi quelques traits « d’humour ». Par exemple, lorsqu’aucun billet n’a été réservé : « vous n’avez pas de trajets prévus pour l’instant, prenez le large ! ».
Design graphique
Le design de cette application est ludique et fonctionnaliste. Il sert habilement la fonction de l’application et donne presque plaisir à réserver un billet. On voit ici l’influence de l’école du Bauhaus, qui nourrit aujourd’hui beaucoup d’entrepreneurs du numérique. “Le but final de toute activité pratique est la construction. Il n’existe aucune différence essentielle entre l’artiste et l’artisan.” Il en ressort un style qu’on n’a pas encore dépassé et dont Steve Jobs n’a eu de cesse de s’inspirer pour Apple : une esthétique faite de simplicité, d’élégance dépouillée et de fonctionnalisme dans des objets qui ont vocation à être universels. La beauté épouse l’utilité. Le choix de seulement deux couleurs dominantes (le vert et le blanc) et de la police Open Sans renforce encore cette simplicité fonctionnaliste. Dans cette application, forme et fonction sont indissociables ; superflu et fioritures sont bannis ; l’usage du produit ou du service est simple, fluide, et intuitif : il a vocation à être universel.
Capitaine Train tente donc de réinventer la réservation des billets de train avec un design épuré et un service simplifié. Elle vient concurrencer directement le géant Voyages SNCF qui est la 1ère agence de voyages en ligne et le 1er site marchand français. L’expérience d’achat d’un billet de train sur le site de la SNCF a d’ailleurs été qualifiée par le magasine TechCrunch de “pire expérience en ligne” (même si leur application est un peu mieux conçue). Je pense que le pari est réussi pour l’application Capitaine Train, son interface est allégée et le service est rapide. A chaque étape, l’expérience utilisateur apparaît bien conçue, Il serait difficile de la rendre plus efficace. Le design sert avant tout la fonction et permet la réservation d’un billet en moins d’une minute.
Points positifs :
- Une réservation de billets rapide et efficace grâce à une navigation intuitive
- Options automatiques : quand un billet est mis dans son panier, une option est posée automatiquement. Fini les sessions qui expirent
- Évènements calendrier : pour chaque trajet, réception par email de l’évènement .ics pour l’ajouter à son calendrier
- Justificatifs d’achat en PDF : envoyés directement par email
Point négatif :
- Impossible de choisir sa place ou de voyager dans le sens de la marche