Quand un écrivain parle avec un confrère, leur dialogue produit forcément de la littérature : c’est une création orale. Ecrire, c’est parler en silence, et réciproquement : parler, c’est écrire à haute voix. Quand deux écrivains conversent, c’est comme le frottement de deux silex : le feu n’est pas garanti mais il y aura forcément quelques étincelles. Même quand elles se donnent l’apparence d’un badinage, il me semble que toutes ces entrevues, au moment propice, laissent échapper un semblant de quelque chose, une idée saugrenue, une anecdote méconnue, une citation bizarre.