COUP DUR je n’ai plus que 5 000 € par mois, ma terrible descente aux enfers suis frontalier et au chômage. Licencié d'une banque genevoise, je découvre les joies du système social français tout en maintenant discrètement mon train de vie grâce à quelques heures de jardinage non déclarées chez son ancien patron suisse. Messery c'est un homme brisé qui nous reçoit dans sa villa avec vue sur le Léman. Il y a trois mois, Ludovic, 42 ans, a perdu son poste de cadre à Genève. Depuis, sa vie a basculé dans la précarité. Quand France Travail m'a annoncé le montant maximal de mon allocation, j'ai cru à une blague, confie-t-il. Moins de 7 000 € par mois. Comment voulez-vous payer le leasing de la Porsche et les cours de poney de la petite ? C'est de l'acharnement. Pour éviter la faillite, Ludovic repasse la douane quatre après-midis par semaine. Son ancien directeur lui confie l'entretien de sa propriété à Cologny, payé de la main à la main en coupures de 100 francs suisses. C’est une question de survie, justifie-t-il sans ciller. Je touche mes indemnités en France pour le quotidien, et le "black" en Suisse me permet de garder mes vacances aux Maldives. Finalement, je ne fais qu'appliquer les principes du libéralisme genevois au système social français.
Trop injuste











