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au pays du Far West : "Si Les Cons Volaient"
Au pays de la "Silicon Valley", le chef des (ex?)-pigeons a fait un hug au président la semaine dernière, à l'occasion de l'inauguration du "French Tech Hub", un incubateur d'entreprises. Bigre.
C'est qu'il pouvait lui en faire, un hug : l'incubateur de start-ups est financé par les régions françaises. On ne rêve pas : les régions françaises financent des entrepreneurs qui partent aux USA pour développer et faire prospérer leur entreprise.
En France, on a les jeunes qui ne rêvent qu'à une chose, c'est se casser à l’étranger, les riches qui partent pour ne pas payer d'impôt, et maintenant les entrepreneurs qu'on aide pour créer de la richesse dans la Silicon Valley....Disons plutôt, Si Les Cons Volaient...
Qui va-t-il nous rester ? Il n'y a plus que Leonarda qui veut venir en France !
Dans la tête d'un entrepreneur
Pourquoi les patrons "ne jouent pas le jeu" ?
C'est quelque chose qu'on entend souvent... On modifie un truc, on "fait un cadeau" aux patrons, et ils "ne jouent pas le jeu"...
Mettez-vous dans la tête d'un patron étouffé par les charges, qui lutte chaque jour pour la survie de son activité, et qui reçoit enfin un peu d'air frais...
Il respire cet air, au lieu de gonfler des ballons avec. Logique non ?
On ne donne rien aux entrepreneurs, on les rackette juste un peu moins. Et la plupart réinvestit tout dans son entreprise...
Pour finir, contrairement aux fantasmes gauchistes, non, on ne reçoit pas de subventions, pour 95% (ou 99%) d'entre nous. Seuls les amis du pouvoir ont des subventions, pas les entrepreneurs, juste les amis.
Entrepreneurs...
Je ne comprends pas la haine contre les entrepreneurs et autres non-salariés. Pire, je n'arrive pas à comprendre pourquoi l'Etat s'entête à nous couper les ailes.
Les charges sociales des petits entrepreneurs
Pour une fois, ne parlons pas des charges sociales sur les salaires. La majorité des entreprises n'emploie pas de salariés, par faute de moyens.
Il suffit de se mettre à son compte pour réaliser à quel point les charges sociales des travailleurs non-salariés sont aberrantes. Beaucoup d'entrepreneurs se mettent à leur compte pour ne plus dépendre d'un employeur, ce fut mon cas. Sans argent, sans grandes ambitions, on décide juste de se lancer.
Notre angoisse porte un nom : RSI, le régime social des indépendants. Ou peut être est-ce Racket Social Inhibiteur ? Qu'un citoyen soit aidé si ses revenus sont modestes, tout le monde trouve cela normal de nos jours. Mais un entrepreneur qui se lance, même si ses revenus sont très limités ou nuls, paye 46% de charges sociales. Pas de seuils, pas de progressivité, juste une taxation aveugle du moindre centime.
Se mettre à son compte sans avoir une belle somme d'argent de côté, c'est presque impossible. On vivote, tout au plus. Nos proches sont surpris de la précarité qu'on accepte, du risque qu'on prend. On nous félicite pour notre courage, mais on nous traite aussi de fou.
L'embauche, le truc impossible
Quand on est dans cette position, tout ce qu'on veut, c'est se développer pour arriver à vivre décemment. Il vient forcément un moment où l'on se dit qu'on y arriverait mieux à deux, on aimerait embaucher... Si on nous permettait d'embaucher au lieu de payer 46% pour la RSI, on pourrait croître nettement plus vite. Pourquoi ne pas nous donner des ailes plutôt que de nous les couper ?
C'est pas logique, surtout quand on sait que ce sont les petites entreprises, pas les grosses, qui embauchent. Ce sont les petites entreprises qui peuvent voir leur taille doubler chaque année, pas les grosses. La croissance peut être à deux chiffres (ou trois) dans une petite entreprise, rarement dans une grosse.
Mais au lieu d'avoir une politique en faveur de la création de richesse et d'emploi, on nous taxe, on nous hait, on nous met au ban.
Le coût social d'un indépendant
Admettons qu'on doive couvrir le coût social des indépendants, quel est-il ?
pas droit au chômage
indemnités journalières tellement faibles qu'on ne cherche même pas à en profiter en cas de maladie
absentéisme 0 car on ne compte que sur nous-même
la retraite ? encore faut-il valider 4 trimestres, et on ne compte pas là dessus non plus... On sait qu'on travaillera vieux. En plus on a souvent fait des études supérieures, voire travaillé à l'étranger où l'on cotisait pour un régime de retraite dont on ne bénéficiera pas. Et comme on n'est pas collectiviste, on arrive à se dire "si je veux une retraite, je dois me la faire moi même".
Alors est-ce que notre coût social est comparable au coût social d'un chômeur ? Est-ce que dans un pays où on compte 4.5M de personnes sans emploi, on peut encore s'opposer à cette proposition simple : embauchez ou payez des charges.
Cette mesure serait bien sûr interventionniste. Mais au lieu de jeter l'argent dans ce gouffre anti-productif qu'est l'assurance chômage, on aiderait à créer de la richesse.
Vous voulez de la productivité ?
On en parle sans cesse, car productivité = croissance. Comme l'Etat français décide du devenir de 56% de la richesse nationale, je pense qu'on doit s'interroger sur la productivité de ces 56% !
Est-ce que ça serait un cadeau fait aux patrons ?
Non, plutôt un cadeau fait aux français qui ont besoin d'un emploi ! et au pays qui a besoin qu'on crée de la richesse et que ses entreprises se développent, embauchent !
Mais après des décennies de militantisme keynésien, ce genre de pratique n'a aucune chance d'être tentée par un gouvernement de gauche comme de droite.
Mesurette Moscovici & Pellerin. L'erreur au carré.
Les annonces faites depuis 18h ce jeudi 4 annoncent la mesurette suivante:
"éxonération des plus values de cession pour les entrepreneurs qui réinvestissent".
Très bien pour moi, donc, entrepreneur, mais surprise, JE M'EN FOUS. Le problème n'est pas ce que je gagne ou pas, dans l'hypothèse statistiquement peu probable où ça marche, mais que je trouve DU FRIC POUR DEVELOPPER MON PRODUIT ET ENGAGER UNE EQUIPE. Eh oui, une boite ça ne se construit pas tout seul, et beaucoup d'entrepreneurs n'ont pas d'argent à investir, et leur famille pas nécessairement non plus. Et donc cet argent, il faut le lever auprès d'investisseurs.
Ces investisseurs ne semblent aucunement concernés par la mesurette. Donc pour les start-ups, notre écosystème économique va dans le mur, car les investisseurs, dont on manque déjà cruellement, vont encore se raréfier.
Je suis doublement frustré. Je me disais qu'au moins quand les socialistes faisaient une connerie, ils avaient au moins le courage de le reconnaitre et de la corriger, pas comme l'UMP et leur aberrations du type réforme du statut JEI ou vote d'Hadopi. Eh non. Poudre aux yeux. Une erreur annoncée, qu'on enveloppe d'une mesure tout ce qu'il y a de plus inutile en faisant croire que l'erreur initiale est corrigée. Du grand n'importe quoi.
Pour une vue d'entrepreneur très bien expliquée, claire et posée, du problème, visitez le blog de JD Guyot, CEO de @captaintrain