"[…] ce qui est dans l’air du temps : d’une part, l’espèce de sacralisation de l’enfance propre à notre époque, l’enfance étant vue, suite à la diffusion des savoirs psys, comme cette période qui détermine le devenir de l’adulte et demande donc particulièrement d’attention ; d’autre part, une attitude de proximité de plus en plus grande des parents avec leur jeunes enfants, quasi-fusionnelle pour beaucoup y compris désormais les papas, et qui entraîne une difficulté pour les parents à interdire quoi que ce soit à leurs enfants […] Les rôles parentaux bien différenciés sont aujourd’hui largement relativités, car chaque parent peut adopter selon les circonstances des positions différentes, dont certaines étaient autrefois attribuées à l’autre sexe. Mais il est vrai que généralement, la spécificité gestatrice de la position maternelle a tendance à induire (et non pas déterminer strictement) une tendance fusionnelle avec le bébé, que le père, traditionnellement inscrit dans l’espace public et professionnel, devait contrebalancer en permettant l’autonomisation de l’enfant."
Gérard Neyrand, « La pensée positive, un discours néolibéral », in La Décroissance, n° 216, janvier-février 2025.



















