#5
Désir : détour du défoulé. Le désir ne file pas droit. Ni doux. Sa logique est celle de l’excès, de la dépense. Et des chemins de traverse. Ceux-là même sur lesquels se perdre, c'est se retrouver.
Il incarne les détours que prend la vie lorsqu'elle se défoule et se libère des entraves qui viennent l'emprisonner dans les rets de la monotonie, de l'habitude.
Car le désir n'obéit à aucune ritournelle. Il fait sortir chacun de ses gonds. Il dévergonde. On ne désire jamais sagement. Sous peine de tristesse.
Le désir détourne. Les yeux sur un corps qui passe. Les corps sur des lieux d'audaces. Il est cette force qui dévoie.
Il prend, il boit, il tire... tous les coups sont permis
Posséder ne l’intéresse pas : il ne manque de rien. Funeste erreur que de le croire présage d'une chose à combler, d'une béance à boucher. Il ne répare rien mais aggrave, exaspère, outrepasse.
Le désir abonde et vagabonde
Entre errance et adhérence, il étreint, embrasse. Le monde comme les corps.
Son plaisir est de passer librement les seuils.
Franchissement et affranchissement.
Affirmation joyeuse d'une puissance d'exister, il est l'indice même de la valeur. Il désigne ce qui vaut. Non pas la peine d' être vécu. Mais le plaisir d'être éprouvé.
Le désir éprouve la vérité intime de chacun. Il ne ment jamais. Il meut. Premier moteur immobile d'une existence. Immanence propre d'une vie.
Le désir porte, anime.
De anima.
Le désir c'est l’Âme












