StarGazette GR1 : Finale Part.3
L’entrée du temple secret de la jungle secrète, manifestement d’influence gréco-romaine, avec un soupçon d’architecture gothique
Quand ils sortirent de la forêt, une vision incroyable les attendait : une pagode qu’on aurait dite façonnée de mains de géants, aux allures vaguement antiques, encastrée dans la roche. Nos héros s’approchèrent : sur le fronton du temple, on pouvait lire : “Domus matris tuae”.
“Du latin ?” s’exclama Fiorina Carter.
Toinou Jackson en profita pour étaler sa science en expliquant qu’il y avait fort à parier que la langue gréco-rwomaine avait pu avoir une origine plus ancienne que l’on aurait pu le croire, tout comme c’était le cas pour la civilisation égyptienne, et qu’il était probable que les deux cultures se soient cotoyées bien avant l’Antiquité sur Terre.
Pendant qu’ils discutaient, Dannon' avait ouvert la porte avec l’aide de Jack Ô’Nil (et d’un peu de C4). Stel’f entra le premier, habitué qu’il était des conditions extrêmes et des lieux inhospitaliers. La personne qui les attendait à l’intérieur, apparemment en train de triturer des pailles dans un bocal, se leva et vint les accueillir timidement.
Ils avaient devant eux le spécialiste du travers de porc sel-poivre : Grégory MANVOY en personne. Ou plutôt, son sosie parfait, car Jack savait bien que le vrai Grégory MANVOY se trouvait encore sur Terre, dans son petit appartement, à attendre que GR1 trouve enfin la trace de sa planète d’origine. Il semblait bien qu’ils l’aient trouvée...
Pas besoin de légende, il EST la légende. L’image seule m’envoie déjà du rêve.
Ce fut Jack Ô’Nil qui le premier arriva à décrocher un mot :
Mais qui es-tu ? ou plutôt qu’est-ce que tu es ? l’apostropha Jack.
Je suis Regmory VANGOY. Je n’ai pas de genre. En cela je suis le double mixte de Grégory MANVOY, répondit leur hôte.
Donc tu es une sorte de clone ?
Je ne sais pas. J’ai été assemblé à sa naissance, et j’attends sa venue depuis maintenant bien longtemps.
Assemblé ? tu veux dire que tu es un ROBOT ? Major, venez par là voulez-vous : ça va vous plaire.
Je ne sais pas ce qu’est un ROBOT. Je sais seulement que je suis l’oeuvre du Grand Réplicateur, et que je dois retrouver le Grand Grégory MANVOY pour accomplir la Grande prophétie.
Qu’est-ce que c’est encore que ces fariboles ? s’exclama Fiorina Carter. J’ai connu des robots, mais jamais des comme vous !
Si vous savez où se trouve Grégory MANVOY, vous devez m’y emmener, ma mission est de le protéger, et pour cela je dois d’abord le retrouver.
Le commando d’aventuriers se retira dans un coin de la pièce pour prendre une décision. Le robot n’avait pas l’air dangereux, et il n’y avait de toute façon pas trace de l’artéfact tant désiré. Seul Walou avait mis la main sur boîte d’amulettes, mais elle n’avait pas l’air de servir à grand’chose.
Peut-être que c’est lui l’artéfact ? après tout, je le trouve assez convivial. Je ne le vois pas nous infliger de mauvais traitements. Le pire qu’il pourrait faire serait de vouloir nous insérer une sonde anale, mais on l’entendrait arriver à des kilomètres tellement il fait des pas de pachyderme !
La remarque pleine d’insouciance de Golenn acheva de convaincre tout le monde, et ils décidèrent de rentrer sur Terre en emportant avec eux l’étrange androïde.
Pendant ce temps, sur la Terre, l’effet Bernardo s’était dissipé et les Nasgardes étaient en train de se faire déborder par l’armée prétorienne.
Soit les aliens ont déjà détruit Incity et la tour Oxygène sans toucher au crayon, soit visiblement le scénario se fout un peu de notre gueule.
Au-dessus de Lyon s’étendait maintenant sur plusieurs kilomètres un immense vaisseau-père. Celui-ci, après avoir scanné la Part-Dieu au cas où une source réellement divine s’y trouverait, allait maintenant s’attaquer à l’Hôtel-Dieu en pensant dénicher une divinité inférieure venue séjourner par ici.
Tous les radars étant braqués sur le centre-ville, les méchants prêtres, y compris leur grand chef Lionel le méchant surhwomme, ne virent pas qu’un commando d’élite, mené par le révolutionnaire Gaston Berger, était en train de récupérer Grégory MANVOY dans les tréfonds de Villeurbanne, et de le ramener discrètement sous la colline de Fourvière, dans l’une des nombreuses bases secrètes lyonnaises.
Quand nos amis arrivèrent par le Grand Cercle, de retour d’Atlantis, ce dernier les attendait dans la salle de briefing, en pleine conversation timide avec le Général HammOm’.
Le Robot Regmory entra dans la pièce et, repérant immédiatement son alter-ego, s’approcha de lui avec solennité, et déclama :
Enfin, je te retrouve, Grégory MANVOY. Mon Maître, libère-moi enfin des effets cyniques de notre gémellité ! Nous sommes les deux facettes d’une même pièce, nous ne faisons qu’un, rapprochons-nous et devenons un seul être !
La dernière métamorphose vers la forme de papillon de lumière.
Et tandis qu’il tendait la main vers Grégory MANVOY, ce dernier, fasciné, avant même que quiconque puisse réagir, effleura à son tour les doigts synthétiques de son jumeau. D’un seul coup, ils fusionnèrent dans un flash de lumière, produisant une intense gerbe que Pierre S. n’aurait pas reniée.
Lorsque la lumière revint à la normale, la silhouette unique de Grégory MANVOY n’était plus physique, mais lévitait dans un halo de lumière devant le Grand Vortex ouvert, et une autre forme vaguement humaine l’accompagnait. Elle semblait en plein monologue silencieux que seul Grégory pouvait entendre. La forme éthérée de celui-ci s’éleva dans la pièce :
Me voilà devenu un être supérieur ; je vous présente Otis, mon tuteur, qui va m’aider à m’élever encore, à pratiquer ce qu’on appelle l’Ascension. Je me détache ainsi de mon corps physique, et acquiert de nouveaux pouvoirs... je dois encore m’habituer car partout, mon nom est écrit ici, et j’ai encore du mal à le supporter... mais pour vous remercier de m’avoir libéré, je vais vous débarrasser de vos ennemis une bonne fois pour toutes. Ensuite, je partirai et vous ne me reverrez plus jamais.
Époustouflés par ce discours, nos amis ne savaient plus quoi dire: c’était la première fois qu’ils voyaient leur ami déclamer plus de dix mots d’affilée sur une tonalité intelligible. Voyant l’effet de ses paroles, Grégory MANVOY leur sourit, la mine satisfaite, et ajouta :
Je n’ai donc plus qu’à vous dire adieu. Ooooh monde de merde !
Une explosion de ki dépassant largement 9000.
Et levant la tête, il s’éleva à une vitesse vertigineuse, accompagné d’Otis, et passant à travers le plafond de pierre pour foncer vers l’espace. Sur son passage, les vaisseaux ennemis s’illuminèrent un à un, puis finirent par exploser dans un festival de flashs lumineux, qui vinrent zébrer le ciel d’aurores boréales artificielles. En 42 secondes, la flotte adverse fut complètement anéantie, laissant place à des milliards de débris et de poussières stellaires, et un sentiment de liberté retrouvée pour les humains de la Terre, tandis que Gregory MANVOY, le sauveur de la galaxie, rejoignait les étoiles.















