GREMLIN (2017)
On arrête de s’exciter tout de suite, car GREMLIN n’a de commun que son nom avec l’autre franchise GREMLINS (1984-1990), double combo gagnant signé Joe Dante: le film de Ryan Bellgardt est une série B fantastico-horrifique très moyenne, voire cheap par moments -ces CGI de la honte...-, qui s’auto-dévore comme l’Ouroboros. Explications: GREMLIN met en scène une boite ancienne et mystérieuse pourvue d’un étrange mécanisme couvert de symboles inconnus -un concept déjà vu dans HELLRAISER (1987)- qui s’introduit dans une famille en proie à une cassure imminente. Jusque là, tout va bien, on recontextualise la prod’ du long-métrage comme on l’avait fait pour KRAMPUS en 2015 pour accepter les concessions budgétaires du projet: décors limités, action réduite, etc... sauf que GREMLIN s’engouffre dans la voie du mélodrame surjoué, qui ne colle pas avec les apparitions de la créature -euh, moche-, à l’animation honteuse vêtue d’un flou destiné à cacher la misère des SFX “à la THE ASYLUM. Un contraste dégueulasse, qui finit par enterrer le propos du film, la famille peinant à lutter contre cette malédiction, qu’on lève en offrant la boîte maudite à quelqu’un qu’on aime: encore un gimmick connu des spectateurs de RING (1998) et de sa célèbre VHS à faire visionner pour “transmettre” la source du mal et de s’en débarasser. Une faiblesse d’inspiration qui ternit l’ensemble de GREMLIN, qui fournit tout de même l’effort d’un twist osé, avec son climax sur le monstre s’appropriant des proportions titanesques, et de sa fin qui permet de lancer sans mal une suite à l’essai: noyé dans son budget quasi-inexistant, GREMLIN est mauvais, navet mais pas nanar -mais presque...- auquel on accordera qu’un intérêt minime envers son scénario attrayant, horriblement mis en scène. Globalement narré en huis-clos, le long-métrage se plie aux règles de la séquence de révélation quant aux origines de la boîte contenant la bestiole tueuse d’arbres généalogiques: là aussi, on ressent un manque, l’appétit cinéphile régurgitant cet enième montage “Powerpoint” de flemmard fait de concept-arts et d’effets de fondu “low-cost mais un peu arty” qu’on a vu douze milliards de fois ailleurs et en mieux. On peut facilement trancher sur GREMLIN, nul car mal amené et sans grands moyens de réalisation: le technique pêche, et la dynamique molle finit par lasser. Doté d’un concept peu inspiré mais assez bon pour tenir la route, GREMLIN met un terme à nos espoirs d’horror-movie sympathique, trop vide et exagéré pour atteindre le niveau d'empathie nécessaire: il demeure toutefois un exemple de ratage, son script n’ayant pas trouvé une production à la hauteur de ce qui aurait pu être le ciment d’une franchise de série B honnête. Gagnez du temps, ne le regardez pas, sauf si vous voulez témoigner de l’arnaque en question.
DISTRACTION ZÉRO /20