Les années passent et l’arrivée des beaux jours me rend de plus en plus nostalgique. Quand j’étais ado, j’allais à la rivière avec mes parents où mes potes. C’était calme, propre. Aujourd’hui, les rives sont recouvertes de Bédouins bruyants, écoutant leur musique, fumant la chicha et leurs joints avant de balancer leurs déchets dans la rivière. J’allais parfois en ville pour manger une gelato. Dès 12 ans, mes parents me laissaient prendre le bus pour aller au centre-ville sans crainte. Aujourd’hui, jamais de la vie je ne laisserais mes enfants faire la même chose, tant on sait qu’il suffit que Mouloud soit dans un mauvais jour pour sortir son couteau et poignarder quelqu’un, juste pour se marrer et alimenter sa page social. Jeune adulte, on se réunissait avec quelques bières, une guitare, pour refaire le monde et surtout draguer les filles, parfois court vêtues, sans même se rendre compte de la chance qu’on avait. Maintenant, y’a des Maliens clodos qui tiennent à peine debout, qui sentent la pisse, et toujours ces satanés descendants juste là pour casser du gwer. On sortait au bar ou en boîte sans devoir surveiller notre sac, sans voir une baston se déclarer devant l’entrée, où voir nos copines se faire harceler par des enfants de tournante en Nike TN. On allait à la piscine municipale sans même pouvoir imaginer une seconde voir les flics débarquer à cause d’une bagarre des protagonistes faisant l'apologie du birkini. C’était il y a moins de 30 ans, ils nous ont tout pris, même l’été.


















