Samouraï spleen
Rônin en haillons et geta Sous l’obi l’katana est prêt pour le combat Comme Obiwan Kenoby Le rônin est un dandy qui traite les bandits Tel un Robin des Bois du levant Un maître itinérant exercé à la technique des cinq points Pas d’effusion d’sang non Voici la mort à une main Depuis trois ans retranché sur les monts Daisetsu Il se peaufine la tronche et remet ses dessous Nettoie sa fine lame sceptique pour âme de guerrier Et dans un port d’Hokkaido sabre Les amarres du voilier Cap sur Kyoto Objectif la boucherie Traversée en solo du détroit de Tsugaru Autre hobby du rônin Jouer du piccolo Picoler au goulot et pisser loin dans l’eau En équilibre sur la proue il tangue et se la met sévère Il rêve de duels délicats entre mousquetaires Pas de chance au réveil c’est l’embuscade de voyous Le rônin rode ses genoux et leur dessein échoue La débandade laisse place à la valse des brancards En bad les malfrats s’taillent vers un nouveau rancart Et propagent la rumeur du samouraï agacé Du combattant de nulle part qui vient d’accoster Unique descendant d’une épique dynastie On s’pique d’être au courant de ses petites manies Acrobate du combat Il manie l’épée Avec la dextérité d’une vieille qui manie le cabas Kamikaze en phase avec le récit Des kabukis barrés dans l’déguisement Visages poudrés chants et parodies Pour celui qui même ivre sous le coup du saké en cubi reste précis Reste précis J’veux d’la boucherie Impitoyable comme au temps des bushis Fusion fructueuse mais improbable des maîtres Sun-Zi et Musashi Chui la goutte d’eau sur le roseau J’fous le bug dans tout le réseau Appelle-moi tout simplement Shimmen Takezō Prêt à défendre l’honneur jusqu’au bout Tragique jusqu’au seppuku Sème les ennemis au vent le temps du souffle syllabique d’un haïku Tsuba bien équilibré Jonction parfaite entre la lame et la poignée Alchimie du corps de l’esprit et de ses actes Pour ceux qui perdent leur énergie bêtement et ceux qui jactent Technique fatale réputée d’Kyushu jusqu’à Hokkaido Secret ancestral transmis par un grand maître du bushido Lors d’un face-à-face pas un souffle ni même un bruit Une faiblesse un doute tout s’efface et c’est fini Attitude non-science donc sans émoi face à l’adversaire Au moment M rentre dans la danse et régale-toi Aujourd’hui C’est ton anniversaire Encore un corps à corps bien éphémère Tandis que sa face gît le nez poudré par la poussière À présent l’heure est à la méditation Posté en zazen loin d’la zizanie Seul face à l’horizon Mes pensées s’échappent fugitives comme du mercure en ébullition Je n’suis qu’un avec l’univers Assis le regard flou la tête relevée et dressant le dos Mène une vie précaire ai l’éthique austère Mais possède l’agenda light d’un rônin de la période Edo San-té & Fang Shih Yu















