Macadam Cowboy, James Leo Herlihy
Roman curieux qui rappelle tour à tour la fiction queer genre Cité de la nuit, les nouveaux westerns au cœur tendre façon Spanbauer — parus, cela dit, bien après — et les odyssées de marginaux de la Beat Generation ; c’est le même climat doux-amer ponctué de scènes comiques qui se raréfient au fur et à mesure que les protagonistes, ici un cowboy gigolo sans clientes et un escroc rital mal foutu, arrivent au terme logique de leur itinéraire, la misère ou la mort. Attrapé par surprise avec cette fuite en bus qui tient lieu à la fois de coda et de motif tragique pour le personnage principal, idiot narcissique sans défense qui ne demandait pas plus que d’être tiré de sa solitude. Très chouette « petit » bouquin, je veux dire à taille humaine et sans prétention, dont l'épaisseur dramatique repose à la fois sur son imagerie pittoresque et l’effroi limite pascalien du personnage principal devant l’agitation des mégapoles étasuniennes et le sentiment de sa propre anomie.










