GREYSTOKE (1984) ...ou GREYSTOKE - THE LEGEND OF TARZAN, LORD OF THE APES de son titre complet, ce film de Hugh Hudsen adapte le célèbre livre d’Edgar Rice Burroughs: loin d’un spectacle -un peu trop- épique comme son homologue de 2016, on a là affaire à un long-métrage qui tient à sa narration. Comprenez que GREYSTOKE -en passant, superbement interprété par Christophe Lambert, révélation de l’époque- explore, explique, et met en scène pour fortifier son propos: une fois ramené à la civilisation, John Clayton -le vrai nom de Tarzan- est sauvage, et certains effets de style font les frais de l’âge. Les samples de panthère rugissante vous en convaincront... Mais malgré le petit coup de vieux, GREYSTOKE dispose d’un scénario valable, où vrais singes côtoient des costumes réalisés par le grand sorcier Rick Baker -un haut nom des SFX/make-up de films de genre, comme le sublime DES GORILLES DANS LA BRUME (1988) par exemple- encore convaincants. Il en va de même avec les très bonnes prestations de Ian Holm -Bilbo dans THE LORD OF THE RINGS (2001-2003- et de l’égérie des 80′s Andie McDowell dabs le rôle de Jane: parlant plus de la condition de John/Tarzan en tant qu’être humain ayant évolué en-dehors de la société, GREYSTOKE en montre même les origines. Généreux, le long-métrage est fait d’un montage fluide, racontant avec ferveur et émotion le destin de cet enfant sauvage devenu seigneur de la jungle, plongé dans les codes d’une humanité qui lui sont inconnus: et quitte à se répéter, Lambert est foutrement bon, et ce à chacune de ses scènes. Devenant Tarzan, l’acteur impressionne, en interaction avec des singes, ou en héritier gentleman: pourtant, GREYSTOKE nous donne une belle leçon, avec ce “retour aux sources” indissociable du personnage de Tarzan, qui porte un message évident. La maison est un endroit où l’on s’y sent bien: approchant la civilisation de trop près, John n’en tirera pas totalement satisfaction, malgré son amourette avec Jane. La découverte de la dissection sur animaux par John a en effet un impact crucial sur le devenir de l’antihéros, qui choisira de retourner parmi “les siens”. Véritable analyse sociale et psychologique, GREYSTOKE dispose de moyens à la hauteur de son récit, film idéal -et surtout une des meilleures versions- pour qui veut découvrir Tarzan dans sa forme la plus fidèle au matériau d’origine. Un travail de fond qui paye, dont la dynamique laisse filer les 2h17 du film à toute allure. Très classe, GREYSTOKE fait partie de l’immense liste des films à voir au moins une fois dans sa vie. JUNGLE BALLS /20











