Virée en mer
Voguant au-dessus du cosmos urbain, sous la voûte céleste et son océan d’éther, je regardais cette étoile, qui luisait, indiquant la direction à prendre. Accrochée au fond de la lagune froide du ciel, précédant les couleurs chaudes de l’aurore, elle dégageait une exquise lueur qui semblait éclipser toute autre lumière.
Inscrite sur l’horizon, la calligraphie des nuages récitait une histoire du matin ; l’histoire d’un voyage. Ainsi commençait mon aventure sur l’océan. Je sortais dans ma rue et appréciais, de chaque côté, le ciel qui offrait des visions diamétralement opposées. Sur ma droite, il s’embrasait des feux du soleil, qui ne tardait pas à éclipser l’étoile guide. Sur ma gauche, l’encre de la nuit continuait à couler le long d’arbres endormis et de rues silencieuses.
Je descendais ensuite le long d’une cascade de bitume, qui m’amenait vers des chemins secrets, aux ambiances discrètes et aux souffles paisibles. Traversant ces coins de calme, je débarquais sur une allée interminable, où j’avais autrefois vu la Lune grossir son œil pour devenir aussi imposante qu’une planète. La remontant jusqu’à la gare, je continuais ma promenade sur les quais encore enfoncés dans la nuit.
Une fois dans le train, ce dernier largua les amarres. Nous nous lançâmes alors en direction de l’horizon rougeoyant, humant les embruns de l’escapade du matin, le parfum enivrant du rêve et, dans une dernière inspiration, nous jaillîmes dans le vide, au-dessus d’innombrables cours d’eau qui jalonnaient le cosmos urbain.
Notre direction ? Plein ciel, direction la calligraphie des nuages, et les couleurs aquarelles des allées qui sillonnaient le ciel, traçant de magnifiques courbes au-dessus de nos têtes. Au loin, traçant une ligne de feu en-dessous de l’horizon, la ville réfléchissait les couleurs de l’aurore. Quel sublime tableau !
Notre navire continua de transpercer l’espace, toutes voiles dehors. Le vent en poupe, nous explorâmes d’incroyables mondes aux dimensions gigantesques, puis nous enfonçâmes dans l’infinitésimal pour en ressortir grandis !
Des galaxies aux coulées d’herbes où flottaient d’innombrables feux-follets. Des façades faites de colosses de bois, qui gardaient les vestiges d’antiques civilisations, où seul le parfum du temps parvenait à nos sens. Au travers des bâtiments qui nous entouraient, l’horizon explosait dans un souffle bleuté. Nous croisâmes également d’autres navires, voyageant eux aussi au travers des dimensions, transperçant l’espace-temps.
Des ponts se mirent à apparaître dans le ciel. Structures oniriques où seuls les esprits marchaient ; au-delà des océans du Monde, jusqu’au bout de l’Univers, nous laissâmes nos esprits s’y envoler, tandis que d’autres ponts se tracèrent, comme une peinture sans fin.
Et, alors que nous nous engageâmes de nouveau sur les rails du temps, la mer tumultueuse s’éleva, ses contours déchirés, aux splendides nuances de gris.











