Novembre deux mille trois, il y a dix ans déjà,
Ni vent bridant mitraille, ni l'indigent danger
D'une oppression soviet, n'avaient pu empêché
Les fronts de Tbilissi anti-Chevardnadze,
D'affronter corruption et fraudes du goujat.
Révolution des Roses, et c'est carnage absent
Que Georgie s'extirpa de sa jungle ulcérée.
Révélations, désordres, et cinq années passant,
Abkhazie, Ossétie, sous joug russe acéré
S'annexant en parties, firent couler le sang!
Novembre deux mille quatre, il y a presque dix ans,
Un navrant bruit d’arnaque élisant président
Sous la houlette russe et ses magnats puissants,
A fait manifester contre Ianoukovytch
Foule de partisans arborant couleur kitsch!
Révolution Orange, c'est sans armes ni sang
Que le peuple évita la fraude électorale!
Résolutions qu’on range, et six années passant,
Les abus de pouvoir du sauveur national,
Cèdent place et suffrages à l’ex-escroc dansant.
Aujourd’hui moins hantées par l’ex-URSS,
Ces états souhaitent vivre des heures moins graves.
Des Carpates au Caucase, là où racines slaves
Ont germé en fleurons démocrates, une entrave
Subsiste encore : l'ombre du Kremlin qui oppresse.
Russie, caduque reine en Caucase aliéné,
Rit, sûre, du cas d'Ukraine où cosaques lunés
Rêvent de chère place en Europe à gagner!
Mais s'ils ont fait vriller leur Manitou mafieux,
Messies en février, demain, méfions-nous d'eux...
D'un putsch innocent, francs-tireurs se félicitent,
Da! Poutine, au sang froid, sait tirer les ficelles
De cet éclat rebelle aux échos de crécelle!
Dans sa forme olympique, Vladimir monte en selle
Pour pister ces mutins orphelins qui s'agitent.
Mais Kiev et ses crimes n'auraient pas fait schisme?
Maquillés en Crimée, en héros pacifistes,
Les suppôts de Moscou regroupés en milices,
Hissent aux nez Tatars leur étendard machiste.
Ici s'entonnent tard les standards du fascisme!