iNadAptéE
Je suis quelqu’un qui a longtemps cherché sa place, sans comprendre pourquoi le monde me semblait si bruyant, si rapide, si plein de codes que je ne maîtrisais pas.
J’ai passé des années à m’adapter, à observer, à deviner ce qu’on attendait de moi. J’étais perçue comme faible, fragile, incapable de me débrouiller et trop renfermée. Et puis un jour, j’ai compris que je n’étais pas “trop sensible” ou “pas assez sociable”, pas assez ceci, pas assez cela — simplement différente, faite pour sentir, vivre et expérimenter les choses autrement. J’ai besoin de silence, de douceur et de simplicité. Les drames, ce n’est pas pour moi, ni les jeux de manipulation, de pouvoir ou les relations compliquées. Je n’aime pas jouer à faire semblant pour m’adapter à la société : mon énergie se nourrit de sincérité, je fuis désormais les rapports toxiques et la duplicité. Je n’aime pas les foules, ni les bruits trop forts, ni les masques qu’on porte pour “faire comme tout le monde”. Je préfère la solitude tranquille à la compagnie forcée.
Le sarcasme, les doubles-sens et les sous-entendus m’échappent parfois, alors je tente de les éviter. Si ça peut faire rire les autres, moi parfois ça me laisse de glace, car je ne comprends pas toujours le besoin d’être caustique pour être apprécié. J'ai besoin de relations sociales, comme tout le monde, mais à des doses plus réduites. La foule, les villes, les boîtes de nuit, les magasins où il y a trop de bruit m'épuisent, me tuent plus qu'ils ne me stimulent. Je suis de celles et ceux qui cherchent la paix avant la performance, de celles et ceux qui doutent, qui ressentent, qui pensent autrement. Mon cœur, lui, perçoit le monde avec une acuité que je n’ai pas choisie ; les émotions trop fortes me clouent le bec. Mon mutisme est le symptôme d’une submersion intérieure, celle qui étouffe toute expression. Ne craignez pas mon silence, même si de prime abord il vous offense. Je ressens juste l’instant trop fort pour arriver à y mettre des mots.
J’ai peur d’aimer, de me lier d’amitié, pour perdre un jour ce qui aura été tissé... Alors parfois, je ne m’engage pas : ainsi je ne souffre pas. Mais pas d’amitié vraie sans engagement… et parfois, je me sens seule, quand je ne trouve personne pour partager mes goûts “bizarres”, mes croyances différentes, mes lubies et autres centres d’intérêt que certains qualifient d’“étrangetés”. J’ai aussi été blessée, abusée par des garçons devenus hommes, que ma naïveté a attiré, et ces abus ont gravé en moi des blessures difficiles à effacer. Je ne suis pas inadaptée ; je suis simplement tissée autrement, d’une trame qui me rend parfois plus vulnérable. Et cette fragilité, je préfère la cacher que la montrer. On m’a assez dit, étant petite : “T’es trop sensible.” Alors je me suis forgée une carapace, masque d'indifférence qui cache une sensibilité exacerbée.
Je me sens fragile, souvent fatiguée, parfois perdue. J’avance comme je peux, entre les élans et les replis, avec ce sentiment persistant d’être un peu à côté du monde. Il reste en moi une part de douceur, une envie ténue d’espérer encore, même sans savoir vers quoi. Meredith












