Les dangers de l’iPosture
Résumé
Je vous propose de parler des dangers de l’iPosture. Une étude a permis de montrer l’impact de notre posture, en fonction des technologies que nous utilisons, sur notre bien-être et notre confiance en nous.
Quatre groupes devaient répondre à des questions sur différents formats d’écran, puis devaient rejoindre l’investigateur si celui-ci ne revenait pas. Le temps mis par les différents groupes pour revenir vers l’investigateur était mesuré. Les chercheurs ont constaté que plus l’écran utilisé était petit, moins les gens revenaient chercher leur récompense, ils préféraient partir directement.
Cette étude montre que plus la technologie que nous utilisons a un écran de petite taille, ordinateur à large écran, ordinateur portable, tablette ou enfin smartphone, plus notre posture se referme. Et plus notre posture se referme, plus les épaules se recroquevillent, plus cela impacte négativement le bien-être et la confiance en soi et peut développer de l’angoisse, des symptômes dépressifs, etc.
Cela n’a l’air de rien, mais l’utilisation, même courte, des smartphones a un impact très significatif sur notre comportement et notre bien-être. Donc imaginez sur les impacts sur le long terme et prenez l’habitude de garder une posture ouverte quand vous êtes sur les technologies, et bien sûr, limitez leur usage au minimum.
Transcription
Dans cet épisode, nous allons parler des dangers de l’iPosture, et plus spécifiquement de l’effet de votre portable sur votre bien-être psychologique et votre confiance en vous.
Parce que la vie est bien trop magique pour être petite et que nous avons tous besoin d‘une prescription pour grandir en conscience et faire que nos rêves dévorent notre vie. Bonjour, je suis le Docteur Yannick Pauli, bienvenue à un nouvel épisode d’Une Grande Vie. Vous le savez, chaque semaine, je vous propose des stratégies pratiques, pragmatiques, pour grandir en conscience, qu’elle soit d’ordre physique, émotionnel, psychologique ou spirituel, parce que c'est cette conscience qui nous permet d’évoluer en tant qu’être humain et de vivre une vie pleinement vécue.
Cette semaine, j’ai décidé de réexplorer avec vous un sujet qui m’intéresse particulièrement puisque j’ai publié un livre à ce sujet, « Dynamique », ce sont les effets de  notre posture sur notre psychologie, sur notre bien-être émotionnel et notre bien-être psychologique. Pour vous montrer à quel point de subtils changements posturaux peuvent nous affecter au niveau de notre bien-être psychologique et de notre estime de nous-mêmes, et de notre confiance en nous, j’ai décidé de partager avec vous une étude qui a été réalisée par la professeur Amy Cuddy de la Harvard Business School. Cette étude a été intitulée « iPosture, les dangers des téléphones portables ». Donc iPosture, avec cette notion un peu comme iPhone, iPad, donc cette posture qui est liée à l’utilisation  de ces nouvelles technologies.
Contexte de l’étude
Dans cette étude, elle a pris un groupe de personnes à qui elle a fait passer un sondage. Ce qui était particulier dans cette étude, c'est qu’elle a divisé les participants en 4 groupes. Les groupes ont passé le sondage sur une technologie différente :
Le premier groupe a passé ce sondage sur un ordinateur normal, un iMac par exemple, qui a une certaine ampleur.Â
Le 2e groupe a passé le test sur un MacBook pro, qui est déjà plus petit, et quand on est devant ce MacBook pro, on a tendance à refermer un peu plus notre posture.
Le 3e groupe a passé ce test sur un iPad, donc on est sur une technologie encore plus petite, et ça va induire une fermeture de notre posture encore un peu plus marquée.
Le 4e groupe, lui, a passé le sondage sur un iPhone ou sur un iPod touch, donc une toute petite structure qui tient dans la main, qui ferme encore plus notre posture. Je suis persuadé que si vous vous baladez dans la rue, vous avez sûrement déjà vu des gens assis sur des bancs en train de consulter leur téléphone, recroquevillés, les épaules pliées en avant, fermées sur elles-mêmes.
On n’y pense pas, ça n’a l’air de rien, mais on sait aujourd'hui, grâce à une nouvelle neuroscience, la neuroscience de la cognition incarnée, que le fait de fermer notre posture va avoir un impact sur notre psychologie. Vous avez déjà très certainement vu une personne déprimée : elle a tendance à avoir les épaules en avant, la tête vers le bas, repliée sur elle-même. Ce que la plupart des gens ne savent pas ou n’en sont pas conscients, c'est que l’inverse est aussi vrai : si vous prenez une personne qui se sent bien, que vous la forcez dans une posture fermée, ça va avoir un impact sur sa psychologie et elle va commencer à se sentir moins bien, à développer de l’angoisse, potentiellement de la dépression, etc.
Dans cette étude, la Pr Cuddy voulait voir, au travers de ces différents groupes, en utilisant ces différents formats de technologie qui nous ferment de plus en plus, jusqu’à quel point cela affectait notre confiance en nous. Ils ont donc demandé aux gens de passer un sondage, ça n’a pas pris beaucoup de temps dans la posture, l’ensemble de l’étude a pris 5 à 10 minutes. Ensuite, ils leur ont fait une proposition : « On va vous donner maintenant 1 dollar, et vous pouvez soit garder ce dollar soit vous pouvez décider de le remettre en jeu, avec la possibilité de doubler la mise, mais aussi la possibilité de le perdre. » Dans les études en psychologie, c'est un proxy pour la prise de risque chez les gens.
Les personnes ont donc passé ce sondage et reçu cette proposition. À la fin de ce test, ils leur ont posé encore quelques questions, et puis l’investigateur dit à la personne qui a pris sa décision soit de recevoir le dollar soit de l’avoir rejoué : « Pour terminer le protocole de l’étude et vous payer si vous avez gagné, je dois partir dans mon bureau et remplir un formulaire que vous devez signer. Si je ne suis pas de retour dans 5 minutes, venez le chercher. » L’investigateur sort de la pièce, va dans son bureau, et ne revient jamais. La raison pour laquelle il fait ça est pour voir le nombre de personnes dans chaque groupe qui prend la décision d’aller dans le bureau de l’investigateur, et combien de temps après les 5 minutes cela a pris.
Cette manière de faire est aussi un proxy, c'est-à -dire une manière de mesurer la confiance que les gens ont en eux. Une personne qui a une bonne confiance en elle, passées les 5 minutes, que la personne n’est pas revenue et qu’elle a des instructions d’aller la chercher, elle va le faire très rapidement. Une personne qui a une mauvaise estime de soi, une mauvaise confiance en elle va avoir peur d’interrompre la personne, elle va avoir tendance à ne pas y aller, à rester sur place ou à prendre beaucoup de temps pour y aller.
Résultats de l’étude
Je vais vous montrer les résultats qui sont assez étonnants. Si on prend les personnes qui étaient dans le 1er groupe, c'est-à -dire le groupe qui a passé le sondage sur un iMac, c'est-à -dire un ordinateur assez grand, posé sur un bureau qui maintient tout de même une posture ouverte même si on est quand même un peu avachi dessus, c'est mieux qu’un iPhone par exemple, dans ce groupe, 94% des participants se sont levés pour aller chercher l’investigateur. Donc la grande majorité des gens se sont levés et sont allés chercher l’investigateur, en moyenne, au bout de 341 secondes. On leur avait donné cette limite de 5 minutes avant d’aller le chercher. Donc en moyenne ils y sont allés au bout de 40 secondes. Donc on voit que pour la majorité des gens, cela n’a pas vraiment impacté leur confiance en eux, car la grande majorité y a été, et très rapidement.
Dans le 2e groupe qui est ceux qui ont passé le sondage sur le MacBook, toujours posé sur un bureau, mais qui est plus petit qu’un iMac, 88% des participants se sont levés et sont allés chercher l’investigateur, mais cela leur a pris un peu plus de temps : en moyenne 419 secondes, c'est-à -dire 2 minutes de plus. Donc le simple fait que les personnes de ce groupe aient été sur un ordinateur un peu plus petit les a fermés un petit peu plus et on voit que ça affecte déjà la confiance en soi d’un plus grand nombre de personnes, et que ça leur prend  aussi beaucoup plus de temps pour y aller.
Le 3e groupe, sur l’iPad, on voit que 71% des gens y sont allés, c'est-à -dire que quasiment un tiers de participants n’ont pas été voir l’investigateur. Pour ceux qui y sont allés, ça a pris en moyenne 437 secondes, donc 2 minutes 17. On voit que comparé au 1er groupe, on est déjà à quasiment 1 minute 30 de plus d’attente avant d’aller chercher l’investigateur. Donc on voit que le fait de fermer la posture encore plus sur l’iPad affecte l’estime de soi et la confiance en soi d’un plus grand nombre de personnes, quasiment un tiers des participants, et que ça leur prend beaucoup plus temps pour agir.
Maintenant, très surprenant, pour le groupe qui a fait le test sur un iPod touch ou un iPhone, une toute petite structure que vous tenez dans votre main, seulement 50% des participants sont allés voir l’investigateur, c'est-à -dire que le simple fait de passer 5 minutes dans une position fermée pour passer le sondage affecte la confiance en soi de quasiment une personne sur 2, au point où une personne sur 2 ne va même pas voir l’investigateur. Et pour ceux qui y sont allés, en moyenne, 493 secondes, c'est-à -dire 3 minutes 13. On voit donc la différence de temps que cela a pris.
Analyse des résultats
Cette étude montre que ça n’a l’air de rien, quand on est sur ces technologies portables, ça a l’air de ne pas nous impacter, mais en fait, au niveau postural et ensuite par ce lien de la cognition incarnée, on voit que même en y passant quelques minutes, ça a un impact énorme, surtout si vous êtes sur ces petites technologies comme les iPhone.
Si on ouvre les yeux, on voit que dans la vie de tous les jours, les gens sont avachis sur leur téléphone, et ils n’y passent pas juste 5 minutes par jour, ce sont des heures et des heures chaque jour. Donc, imaginez l’impact de ces technologies sur notre posture sur le long terme. Ce dont il faut se souvenir, c'est que lorsqu'on fait des choix, quand on met en place des habitudes, ça va évoluer de manière séquentielle, exponentielle. Ce n'est pas linéaire. Donc au début, on a l’impression de ne pas être trop affecté par ces choses-là , mais petit à petit, l’accumulation de ces petites postures au long de la journée va commencer à avoir d’ici quelques mois, quelques années, un impact significatif sur votre bien-être psychologique. En fait, ça paraît tellement anodin qu’on ne fait jamais le lien. D’un coup, vous ne vous sentez plus aussi bien qu’avant et vous ne savez même pas pourquoi.
Voilà un peu l’impact de ces technologies par l’iPosture. Bien évidemment, je me suis juste limité à l’aspect postural et ce lien au niveau psychologique, je ne vous ai même pas parlé des effets néfastes par les champs électromagnétiques qu'ils créent, je ne vous ai même pas parlé de l’impact par la lumière bleue qu'ils émettent et la manière dont cette lumière bleue désynchronise les centres neurologiques qui s’occupent de nos rythmes circadiens.
Vous voyez donc que simplement, juste par l’aspect physique postural, ces technologies ont un effet  marqué sur notre bien-être. Donc prenez conscience. Prenez conscience de ça. Si vous devez travailler sur ces outils, favorisez les outils qui ont une certaine taille et encore, qui vont vous permettre de maintenir cette posture. Et surtout, si vous êtes sur vos téléphones, souvenez-vous, maintenez une posture ouverte. Même si cela vous fatigue un peu plus les bras, élevez votre téléphone vers votre visage avec les bras un peu plus hauts. Une des autres choses que vous pouvez faire aussi, c'est simplement pendant 2 minutes, prendre une position de puissance : imaginez que vous êtes un superhéros, ouvrez la poitrine, baissez les épaules et respirez profondément. Une autre étude de la Pr Cuddy montre que le simple fait de prendre cette posture-là pendant 2 minutes commence à altérer les hormones, augmente notre testostérone, diminue notre sécrétion de cortisol qui est l’hormone du stress, et nous redonne un sentiment et un équilibre hormonal qui sont proches de celui des gens qui ont gagné un match ou qui sont victorieux ou qui ont une attitude de leader.
Faites très attention à ces technologies, et quand vous les utilisez, essayez de prendre celles qui ont une plus grande taille. Ou soyez conscient de l’impact sur votre posture et retravaillez votre posture après les avoir utilisées : faites régulièrement des pauses pour travailler votre posture lorsque vous utilisez ces outils-là .













