Graisses anti-inflammatoires
Résumé
Je vous propose de parler des graisses anti-inflammatoires naturelles et de leur impact au niveau inflammatoire sur notre corps. Un même aliment ne va pas influencer notre corps de la même manière en fonction de notre glycémie, de notre microbiome, de notre degré de stress que quand on le mange, etc. Il y a beaucoup plus de variabilité et d’individualisation à faire que ce qui est décrit en général dans les recommandations.
De manière générale, certaines graisses sont plutôt pro-inflammatoires (graisses trans industrielles, viandes transformées, ratio omégas 6/3 déséquilibré, etc.), d’autres sont plutôt neutres (graisses trans animales, graisses saturées, acide alpha linolénique, etc.), d’autres sont plutôt anti-inflammatoires (omégas 3 dont EPA et DHA, graisses monoinsaturées, etc.). Mais c’est au final notre physiologie individuelle qui va déterminer l’effet que ces graisses ont sur notre corps.
Transcription
Dans cet épisode, nous allons parler des graisses anti-inflammatoires naturelles.
Parce que la vie est bien trop magique pour être petite et que nous avons tous besoin d‘une prescription pour grandir en conscience et faire que nos rêves dévorent notre vie. Bonjour, je suis le Docteur Yannick Pauli, bienvenue à un nouvel épisode d’Une Grande Vie où je vous propose chaque semaine des stratégies pratiques, pragmatiques, pour grandir en conscience, qu’elle soit d’ordre physique, émotionnel, psychologique ou spirituel, parce que c'est cette conscience qui est au cœur d’une vie pleinement vécue et de notre évolution en tant qu’être humain.
Dans cet épisode, nous allons parler des graisses et de leur impact au niveau inflammatoire sur notre corps. Si vous avez cherché des informations sur l’alimentation anti-inflammatoire, sur les aliments qui sont naturellement plus anti-inflammatoires ou pro-inflammatoires, si vous voulez un contexte, je vous propose d’aller voir mon autre vidéo « Les aliments anti-inflammatoires naturels » dans laquelle je vous explique quelque chose de très important : sur internet, on va vous donner partout des listes d’aliments clairement anti-inflammatoires ou pro-inflammatoires, mais en fait on ne se rend pas compte que c’est beaucoup plus complexe que ça. J’ai fait des recherches avec mon équipe pendant 2 ans sur ce sujet et les choses sont beaucoup plus complexes qu’on les présente. Si vous voulez juste une notion de noir et blanc et que vous n’êtes pas intéressé par le gris au centre, cet épisode n’est peut-être pas pour vous. Si vous aimez aller un peu plus dans la granularité, comprendre les choses plus en profondeur, cette vidéo est pour vous.
Première chose, il faut comprendre qu’on a tendance à nous présenter les aliments comme influençant notre physiologie de telle manière. Or dans la recherche, ce n’est pas comme ça que ça se passe : seule 30% de la composition d’un aliment joue un rôle sur les effets qu’il va avoir sur notre corps. 70% de l’équation a à voir avec notre physiologie, avec le contexte, avec la stabilité de notre glycémie, avec la composition de votre microbiome, avec le timing avec lequel vous mangez un aliment, avec le contexte dans lequel vous mangez un aliment, etc. Donc un même aliment ne va pas influencer votre corps de la même manière en fonction de votre glycémie, de votre microbiome, du degré de stress que vous avez quand vous le mangez, etc. C’est très important à prendre en compte. Il y a beaucoup plus de variabilité, d’individualisation à faire que ce qui est décrit en général dans les recommandations.
Aujourd’hui, au lieu d’avoir simplement 2 catégories, une pro-inflammatoire et une anti-inflammatoire, on va en avoir trois : une pro, une neutre et une anti. Et certains aliments vont être retrouvés dans 2 catégories.
Graisses pro-inflammatoires
- Les graisses trans. Ce sont ces graisses transformées industriellement par des processus d’hydrogénation. Beaucoup de personnes ne savent pas que ces graisses trans existent aussi naturellement dans la viande animale. La première chose à faire avant de dire que « les graisses trans sont pro-inflammatoires », il faut distinguer les graisses trans industrielles qui sont clairement pro-inflammatoires et les graisses trans animales qui peuvent être neutres, à nouveau en fonction de votre physiologie.
- Les graisses saturées. Elles peuvent être pro-inflammatoires ou neutres. Si vous êtes en surpoids ou obèse, les graisses saturées vont avoir tendance, selon les études, à provoquer un profil pro-inflammatoire. Par contre, si vous avez un poids sain et que vous avez une bonne régulation de votre glycémie, les graisses saturées ont un effet neutre, c’est-à-dire qu’elles ne provoquent pas d’inflammation dans votre corps.
- Les viandes transformées (saucisson, hot-dog, etc.) qui proviennent de viandes d’élevage ont tendance à être pro-inflammatoires. Des viandes par exemple d’animaux de nature peuvent avoir un effet neutre sur votre organisme.
- Le rapport oméga 6 / oméga 3. Si vous avez beaucoup plus d’omégas 6 que d’omégas 3 dans votre alimentation, ça va créer un profil pro-inflammatoire. On trouve typiquement les omégas 3 dans les poissons et les omégas 6 dans toutes les huiles à base de plantes notamment. Ce rapport déséquilibré va être pro-inflammatoire.
Graisses neutres
- On a parlé des graisses trans animales
- Des graisses saturées
- Acide alpha linolénique. On le trouve en tête de cette cascade d’éléments dans les omégas 3 qui sont plutôt anti-inflammatoires. On les trouve notamment dans les graines de lin. La science montre que si vous avez une mauvaise alimentation qui est plutôt globalement pro-inflammatoire, le fait d’ajouter des aliments riches en cet acide alpha-linolénique comme les graines de lin, ça va avoir des vertus anti-inflammatoires. Par contre, si vous avez une alimentation globalement équilibrée, le fait de rajouter cet acide ou des graines de lin ne va pas apporter de bénéfice anti-inflammatoire supplémentaire. Donc on voit de nouveau cette subtilité en fonction d’où vous en êtes.
Graisses anti-inflammatoires
- Les omégas 3, notamment l’EPA et le DHA.
- Un rapport omégas 6 / omégas 3 en faveur des omégas 3 va avoir tendance à pousser notre profil plutôt vers de l’anti-inflammatoire.
- Les graisses monoinsaturées comme l’huile d’olive. Elle va être plutôt anti-inflammatoire, non pas parce qu’elle contient ces omégas 3 mais parce qu’elle est riche en polyphénols.
EPA, DHA et SPM
Je voudrais revenir sur le concept très important d’EPA DHA. Si on prend la cascade biochimique des acides gras omégas 3, l’acide alpha-linolénique est en tête. Puis différentes cascades nous emmènent vers l’EPA et le DHA qu’on trouve dans les poissons et l’huile de poisson. Il y a des recommandations d’augmenter notre consommation d’acide alpha-linolénique pour justement arriver à ces éléments EPA et DHA qui ont des vertus anti-inflammatoires. En fait, cette conversion n’est pas optimale : il faut 10 doses d’acide alpha-linolénique pour 1 dose d’EPA DHA. Donc vous avez meilleur temps de les obtenir directement au travers des poissons ou de l’huile de poisson. La raison pour laquelle je voulais vous parler de ces éléments est qu’ils sont très importants, car ce sont des précurseurs des SPM, Specialized Pro-resolving Mediators. Ce sont des molécules spécialisées de pro-résolution. Je vous explique : pendant très longtemps, on a cru que l’inflammation augmentait de manière naturelle par des mécanismes actifs, ce qu’on appelle l’initiation, puis qu’ensuite passivement, elle redescendait, un peu comme si vous aviez un feu, que vous le laissiez trainer et qu’il s’éteigne par lui-même. Dans les années 90-2000, il a été découvert qu’en réalité, l’inflammation une fois lancée ne s’arrête pas, elle doit activement mettre en place des mécanismes qu’on appelle de résolution. C’est comme si le feu ne s’arrêtait pas de lui-même, que pour l’éteindre, il faut jeter de l’eau dessus. Ces mécanismes de résolution sont dépendants de ces molécules qu’on appelle SPM. Si votre corps n’a pas suffisamment de ces SPM, il ne va pas pouvoir résoudre cette inflammation. L’important n’est donc pas tant d’essayer d’influencer la phase d’initiation car l’inflammation est essentielle, elle fait partie de notre corps, c’est la première étape de guérison en cas de blessure ou en cas d’infection, donc il ne faut pas empêcher le corps de créer de l’inflammation. Ce qu’il faut, c’est que le corps puisse ensuite la résoudre, et pour maintenir une bonne résolution, nous avons besoin de ces SPM. A ce jour, plusieurs stratégies peuvent aider à booster la production de ces SPM, notamment avec l’utilisation de certains types de polyphénols. Il y a aussi par exemple l’acide acétyl salicylique à très basse dose, l’aspirine à très base dose qui peut le stimuler. Mais principalement, ils vont venir de notre alimentation et de ce EPA et DHA. Ils vont être influencés par d’autres mécanismes physiologiques qui vont en fait nous permettre de transformer ces EPA et DHA dans ces produits de résolution.
Toute la discussion sur Internet sur ces listes pro ou anti-inflammatoires est donc beaucoup plus complexe que ça. Après 2 ans de recherches avec mon équipe, si vous voulez maximiser cet aspect anti-inflammatoire, il ne faut pas venir intervenir sur l’initiation car elle est essentielle. Si vous coupez ou si vous diminuez la capacité du corps à lancer cette phase inflammatoire, vous prenez le risque de diminuer votre capacité à faire face notamment à des infections, qui peuvent créer ensuite des infections froides, c’est-à-dire des infections chroniques dans le système, où votre système immunitaire n’arrive pas à se débarrasser des agents pathogènes. Si vous utilisez des médicaments anti-inflammatoires, ils vont diminuer l’initiation mais ils vont bloquer la résolution, ils sont toxiques pour la résolution. Donc il y a énormément de conseils donnés sur internet et en médecine qui en fait se focalisent sur la réduction, la diminution pour s’assurer qu’il n’y ait pas trop d’initiation, alors que la clé en fait est de laisser faire le corps comme il a besoin dans cette initiation, mais de s’assurer qu’il ait de très, très bonnes capacités de résolution, c’est vraiment la clé. C’est pour ça que nous avons développé un programme appelé Résoléo, vraiment focalisé sur cette zone de résolution, en partant du principe que le corps sait ce qu’il fait, laissons-le déclencher sa résolution, mais assurons-nous qu’il soit capable de la résoudre.
Voilà donc des explications très certainement plus granulaires que ce que vous avez l’habitude d’entendre sur Internet où on est juste dans cette dichotomie avec la liste des pro-inflammatoires et la liste des anti-inflammatoires, c’est beaucoup plus complexe que ça. Il y a à voir avec l’interaction entre votre physiologie, le contexte dans lequel vous mangez, le timing à avoir. Dans notre recherche, nous avons découvert qu’il y a 12 facteurs environnementaux qui vont agir avec 10 déterminants alimentaires. Ça va être multiplié par des notions de contexte, de diversité, de timing, etc. C’est très complexe et ces 2 ans de recherche nous ont permis de développer cette approche qui nous permet de nous focaliser sur ce plan-là et de prendre tous ces facteurs très disparates mais qui s’imbriquent les uns les autres, pour finalement offrir une solution simple dans l’assiette. Aujourd’hui, je voulais vous donner un peu plus d’infos sur ces graisses, mais aussi que vous preniez conscience que c’est beaucoup plus complexe qu’une liste de ci et une liste de ça.
Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions, laissez-les dans les commentaires. Nous, on se retrouve la semaine prochaine pour une nouvelle vidéo. D’ici là, souvenez-vous : émerveillez-vous, aimez la vie et contribuez chaque jour un petit peu plus.






