GHOST HOUSE (2017)
Le DTV, c’est tout un monde, dans lequel un grand nombre de productions trouvent la lumière de la distribution: que ce soit de l’import pas assez vendeur pour être sorti en salles, ou simplement le seul échappatoire d’une série B pas assez conséquente en termes de budget. Ayant eu ses heures de gloire en vidéo-clubs, le format est parvenu à survivre jusqu’à aujourd’hui, grâce au dieu Internet et à ces petits distributeurs plus ou moins scrupuleux. GHOST HOUSE fait partie de cette horde aux qualités et intérêts variables: nous n’irons pas pour autant jusqu’à le cantonner simplement à cette étiquette, le temps passant ayant apporté une nette amélioration globale aux DTV en général. Film américano-thaïlandais, GHOST HOUSE se situe au carrefour de HOSTEL (2005 -2007, et non, le 3ème n’a jamais existé, soyons d’accord) et du sous-estimé THE OTHER SIDE OF THE DOOR (2016): on retrouve ici les protagonistes (un jeune couple) en partance à l’étranger -la Thaïlande- qui feront l’erreur de faire confiance à des inconnus, les menant à subir une malédiction locale. Regroupant les codes filmiques et narratifs évidents des deux références précitées, GHOST HOUSE demeure au final très convenu, malgré un effort de réalisation plus qu’honnête: les points négatifs du long-métrage sont sans conteste ces gimmicks vus mille fois ailleurs -ces accélérations de l’image censés donner un aspect effrayant aux déplacements du spectre-, et une fin abrupte -on a réglé le problème, alors on lance le générique-. A contrario, on notera la performance carrément valable de l’acteur James Landry Hébert -au physique très similaire à celui de Leon Kennedy des jeux BIOHAZARD-, portant avec un charisme certain l’honnêteté touchante de son personnage. Stoppons un instant la critique pour préciser un aspect trompeur dû au titre du film: GHOST HOUSE ne se déroule pas dans une maison hantée, la dénomination désignant de petits autels thaïlandais destinés à satisfaire les esprits n’ayant pas trouvé le repos, un aspect culturel intéressant sur lequel le film appuiera son scénario. Trip touristique qui tourne mal, barrière de la langue tournée en inquiétude/méfiance, et possession son-souhaitée, voilà qui donne envie: le pitch de GHOST HOUSE séduit, mais ne suffit pas. Un peu comme après avoir englouti un menu fast-food chez soi et se rendu compte qu’il aurait fallu commander un burger en plus pour être totalement rassasié. Pas mauvais, mais oubliable à cause d’une timide distribution et d’une limitation stricte au niveau budgétaire, GHOST HOUSE est un film “standard”, faisant patienter entre deux œuvres majeures mais ne parvenant jamais à se hisser au rang de classique, voire de bonne surprise. On utilisera le fruit de son visionnage pour dire à son entourage que oui, on l’a vu, mais qu’il y a mieux, son image de film d’horreur cachant une timidité que l’on finit par regretter. Et ce n’est pas en rameutant un Mark Boone Junior (SONS OF ANARCHY, 2008-2014) de convenance au casting que ça change la donne... Toujours meilleur qu’un blockbuster raté, GHOST HOUSE est l’auto-stoppeur anecdotique dont on oublie le prénom après l’avoir déposé, sa bonne volonté ne lui permettant pas, hélas, de s’en faire un véritable ami. Un DTV de plus dans la liste. Dommage...
UN ÉLÈVE MOYEN /20