🛏️ « Mission radar à haut risque »
Il est encore tôt… beaucoup trop tôt. L’horloge clignote vaguement dans l’obscurité, mais Jeffrey ne la regarde même pas. Son cerveau dort encore, lui, mais sa vessie, elle, a décidé de faire des heures sup’.
Les yeux mi-clos, le corps en pilote automatique, Jeffrey se redresse dans son lit avec la grâce d’un mollusque en fin de contrat. Il vacille un instant, puis engage le pied droit, celui qui sert de détecteur d’angles de meubles. Pas besoin de GPS, l’orteil connaît le chemin… à ses risques et périls.
Dans son pyjacourt à nounours (parce que les pandas étaient au sale), il avance à tâtons dans le noir, tel un ninja bourré. Chaque pas est un défi, chaque meuble un piège, chaque contraction abdominale un test de résistance.
Mais c’est là que tout bascule.
À peine a-t-il aperçu la lumière salvatrice des toilettes, que le signal est envoyé à son cerveau : “ON EST ARRIVÉS !”
…Erreur fatale.
Le corps, mal informé, déclenche la détente trop tôt. Les digues lâchent à quelques mètres de l’objectif. Catastrophe. L’effet “clé dans la porte” dans toute sa splendeur.
Jeffrey, encore à moitié endormi, soupire avec philosophie. Il termine le trajet en serrant les dents… et autre chose. Puis, debout dans la salle de bain, il constate les dégâts avec le détachement d’un soldat fatigué sur le champ de bataille.
Un petit nettoyage, une lessive de plus, un regard vers le miroir.
Il lâche un léger :
– Bon ben… y aura toujours demain pour une victoire.








