The Voices, John Schmitz, 1953
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The Voices, John Schmitz, 1953
CDC86
Couverture : Le Mécano de la General de Buster Keaton
Buster Keaton par John Schmitz et par André Martin Rencontre avec Buster Keaton par John Schmitz L’Homme qui n’a jamais ri de Sidney Sheldon par André Martin John Ford par Louis Marcorelles En travaillant avec John Ford par Michael Killanin Lettre de New York par Herman G. Weinberg
Critiques : Un Américain bien tranquille (Mankiewicz), Les Espions s’amusent (Sternberg), Thé et sympathie (Minnelli)
Reprise : Frankenstein (Whale)
Notes sur d’autres films (L’Homme qui tua la peur, Rose)
“L'état naturel de Keaton est une sorte d'incrédulité permanente. Il évolue dans le monde mécanisé d'aujourd'hui comme l'habitant d'une autre planète, et contemple avec une perplexité glaciale, une réalité de cauchemar. Les inventions et les dispositifs tels que chaises-longues et locomotives lui semblent insurmontablement animés. Ce sont en fait ses véritables partenaires. Il l'emporte toujours à la fin, non pas, comme Chaplin, par une fuite romanesque du monde des machines dans un univers de liberté humaine mais, au contraire, en se lançant en fataliste dans le tourbillon des forces mécaniques. C'est un héros par la grâce d'une absence de raison et de sentiment, et en ce sens, c'est assurément un héros très moderne. Keaton pouvait analyser et critiquer la structure de la vie contemporaine à un niveau de profondeur qui ne fut jamais permis aux films "sérieux" d'Hollywood.” Buster sur le qui-vive par John Schmitz
“Employer de grands mots, se laisser aller à l'extase lyrique et au délire verbal face aux films de Ford, serait trahir le caractère naïf, élémentaire, la sincérité profonde, de l'œuvre du plus grand homme de cinéma vivant, avec Jean Renoir. On admirera Bergman, Welles, pour leurs très hautes ambitions, leur volonté farouche de lucidité. Mais seul Ford nous laisse ce sentiment d'euphorie totale né d'une parfaite adéquation entre la chose à exprimer et son expression. Ici le cinéma est roi, ennemi de toutes les littératures, des têtes tourmentées, des sophismes complaisants. Le cinéma, technique neuve, inédite, devient morale, appréhension originale du monde. Les êtres se définissent désormais par leurs seuls actes, leur situation dans l'espace et le temps. Et soudain un équilibre idéal semble s'établir entre les hommes tels qu'ils sont et tels qu'ils devraient être. La vision du poète transmute la réalité au-delà de tout réalisme, en gardant pourtant assez de l'essence secrète des civilisations pour nous faire croire à la beauté première, fondamentale, de l'existence. Génie du cinéma, génie de la terre, génie de l'Irlande : Ford résume en lui un des plus nobles humanismes de notre temps.” Ford of the movies par Louis Marcorelles
“"Et la mise en scène ?" Cette question m'embarrassait, j'avoue, convenant que la mise en scène je ne l'ai guère, pour ma part, remarquée, comme on peut le faire d'emblée chez un Kazan, Visconti, Ophuls, Hitchcock, etc., etc. Si je ne songeais aussitôt que cette adhésion totale que je n'ai cessé de porter à l'histoire dès les premiers instants, ce sentiment unique de confort que seule, jusqu'ici, la lecture d'un roman était capable de me procurer, se trouvaient être des plus sûrs garants de son existence. Le travail d'adaptation, aussi, auquel s'est livré Mankiewicz n'est-il pas déjà mise en scène, qui signifie mise en film, et le parfait de son rendu ne s'intitule pas en jargon des studios "réalisation" ? La pire erreur de notre part serait de définir une notion qui nous est chère, à juste titre, d'une façon par trop simpliste : simplification qui, par exemple, a rendu plus ardues qu'elles le méritaient nos premières approches de Bergman. Certes, on ne trouve guère chez Mankiewicz, surtout dans cette œuvre photographiée à l'anglaise par Robert Krasker, ces atouts décoratifs dont se prévalent les deux derniers films de Minnelli - inutile, bien sûr, de citer Welles ! Mais est-il si certain que L'Américain tranquille puise son pouvoir de fascination des seuls grâces de son dialogue ? Celles-ci passeraient-elles si aisément l'écran dans la bouche de comédiens moins fermement dirigés, ne trouvent-elles point à tout moment les silences, les regards propres à leur servir de contreforts ? Et à supposer que le texte nous touchât encore - ce qui n'est pas le cas - débité à la va-vite, ne serait-ce pas plus grand miracle ? Car en vertu de quoi les moyens importeraient, dans cet art comme dans les autres, plus que le résultat ? Que les puristes se rassurent. Mankiewicz - cela est certain - n'est peut-être pas des plus prolixes en ce qui concerne les pures trouvailles cinématographiques. Mais, de celles-ci, n'en figurât-il qu'une par film, que je ne la donnerai pas pour cent de tel autre mises bout à bout.” Politique contre destin sur Un Américain bien tranquille de Joseph L. Mankiewicz par Eric Rohmer
“Pour le reste Frankenstein se déroule selon les règles habituelles du suspense, avec une poursuite finale. Suspense un peu vieilli, puisque le cinéma depuis 1930 a eu le temps d'en renforcer les ficelles ! Et en sortant de la projection on s'interroge sur la signification et l'utilité du fantastique cinématographique, du moins de ce genre qui utilise l'accessoire grand-guignolesque. Car enfin orgueil pour orgueil, celui d'un James Mason, par exemple, dans Bigger than Life, n'est-il pas plus probant que celui de Colin Clive dans le rôle de Frankenstein ? On pense avec nostalgie à d'autres films, à l'œuvre de Murnau notamment, qui abordait le domaine proprement métaphysique et grâce à un style, issu de sa conception même du monde, arrivait à nous embarquer, corps et âme, dans un monde irréel au milieu duquel nous retrouvions la réalité (je pense à Nosferatu). Mais voilà. James Whale a-t-il une conception personnelle du monde ? A vouloir jouer le fantastique pour le fantastique il part perdant et à l'arrivée il ne récolte pas une seule once de cette poésie qu'il s'imaginait pouvoir introduire par ce biais. Sa mise en scène est certes honnête et peut-être même efficace, si l'on songe à la séquence du monstre avec la petite fille ou à celle se déroulant à l'intérieur du vieux moulin. Mais il va des films comme des autres œuvres. On n'y trouve que ce qu'on y a mis. Et le spectateur ne peut s'empêcher de ressentir un certain sentiment de vide devant ce vieux Frankenstein.” Adieu Frankenstein sur Frankenstein de James Whale par Fereydoun Hoveyda
We might as well talk about John Schmitz. He's far more interesting than anything in the pages of this 1972 precursor to Glenn Beck's late 2000s career (although Gary Allen is the father of noted Politico eccentric Mike Allen, that's kind of interesting).
As the cover indicates, Schmitz was a member of Congress, from Orange County, at the time (1960s) a conservative stronghold. Schmitz once joked that he joined the John Birch Society in order to court the moderate vote in Orange County (and indeed, he would eventually be expelled from that organization for "extremism").
Schmitz redbaited everyone, including Richard Nixon, who recruited a moderate Republican to run against the incumbent firebrand in the primary. When Schmitz lost, he vented his frustration by running for president in 1972 as the candidate of the American Independence Party; he got more than a million votes. After the election, he successfully ran for a seat in the California state senate; after a confrontation with a group of feminists, Schmitz issued a press release with the headline "Senator Schmitz and His Committee Survive Attack of the Bulldykes," and described the hearing room as full of "hard, Jewish, (arguably) female faces." This is what got him kicked out of the Birch Society.
In 1982, his political career was effectively ended when it was revealed he had fathered two children during an extramarital affair with a former student of his. Despite admitting paternity, Schmitz refused to have any contact with, or provide any support to, the children. When their mother died, they were raised, bizarrely, by Jeane Dixon, famous as Nancy Reagan's psychic advisor.
Although Schmitz made a doomed run for his old seat in 1984 (he was crushed in the primary by Bob Dornan, another famous Orange County arch-conservative), he was finished as a politician. Ten years after the primary, a journalist found him selling political knicknacks in a Wasington, D.C. souvenir shop. "I don't talk to reporters anymore," Schmitz growled.
In a final strange note, one of Schmitz's children gained national notoriety as Mary Kay Letourneau, who began a sexual affair with one of her students starting when he was in the sixth grade (they eventually married, after she got out of prison). Schmitz defended his daughter, arguing that it was not possible for women to commit rape.