16 janvier 2023
emballage de fruits, rubans
Nos débuts sont aussi glorieux qu’héroïques. Il y a des ondes de joie, des cloches de toutes parts qui se déchaînent. Ces bonnes nouvelles sont un baume anesthésiant qui me ferait oublier les actualités alarmantes. Il y a les carillons des églises et des flûtes légères, des guitares, des friselis de xylophone, c’est une musique radieuse qui m’ouvre avec enthousiasme la porte de ce lundi. Je suis enchanté face à ce qu’il va falloir faire. Me voilà happé et consentant, soumis à mon clavier, je rédige, j’échange et on reprend, je change, je corrige et je peaufine, on recommence, jamais ça ne finira et la joie s’étiole, j’en ai même oublié d’aller musarder et je me suis noyé dans le fond de mon écran, englué à ma chaise. Ces préoccupations besogneuses ont fait une chausse-trape, et la journée a disparu en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Déjà le jour baisse, le ciel soudain semble s’éteindre, ce sont maintenant des trombes d’eau qui s’abattent sur la ville. La mélodie du bonheur n’est qu’un lointain souvenir et j’ai la sensation fâcheuse de m’être fait gruger dans le cours de cette histoire. J’entends les tambours et les cymbales, les bourdons assourdissants, le violoncelle et l’irritation des castagnettes. Ça joue très fort. La tromba all finale, la tromba allude sempre all apocalipse. Je regarde la pluie qui cingle la vitre et l’eau qui ruisselle, j’ai un peu envie d’en finir un peu envie de dormir. Dans chaque larme de pluie il y a, à l’envers, le reflet de l’horizon, deux petites tours se répètent et puis s’en vont.












