J'ai un aveu à vous faire : depuis ma lecture de L'Eau et les rêves de Gaston Bachelard, je suis obsédé par Narcisse. Bien embarrassante confidence j'en ai conscience, et pas très originale. Mais c'est comme cela.
A dire vrai, ce n'est pas tant la figure de l'éphèbe qui me fascine - quoi que - mais ce qu'en dit Bachelard, ou plutôt ce qu'il nomme "narcissisme cosmique". La formule a elle-seule en ferait fuir plus d'un... Je la trouve irrésistible. Et quand Bachelard avance que "le monde est un immense Narcisse en train de se penser" j'avoue être subjugué.
La beauté, la contemplation, le sentiment esthétique, l'art... Depuis plusieurs semaines je passe ces idées à la moulinette de Narcisse. Suis-je en train de tomber amoureux ? Me voici en tout cas parti à la recherche du héros. Et quittant la philosophie, je m'attaque (modestement) à l'épigraphie et à l'archéologie grâce à l'étude passionnante de Denis Knoepfler, La Patrie de Narcisse, où on apprend que Narkittos, de son vrai nom, a probablement été vénéré sur les rives de l'Eretrie, bien avant qu'Ovide ne s'en empare.
A quoi cela peut-il me mener ? Pour l'instant à André Gide et à son Traité du Narcisse. Et indirectement à Arthur Schopenhauer. Bref un peu partout et nulle part à la fois. Mais je tiens quelque chose...